LIVRE III, CHAP. XII
et précise, étoit aussi jeune, aussi jolie et aussi coquette que sa maîtresse, qui n'avoit point d'autre avantage sur elle que celui de divertir publiquement le public '.
Je cédai au torrent pendant trois semaines. Je me livrai à toutes sortes de voluptés. Mais je dirai en même temps qu au milieu des plaisirs je sentois souvent naître en moi des remords qui venoient de mon éducation , et qui raêloient une amertume à mes délices. La débauche ne triompha point de ces remords j au contraire, ils augmentoient à mesure que je devenois plus débauché ; et, par un eflet de mon heureux naturel, les désordres de la vie comique commencèrent à me faire horreur. Ah! misérable, me dis-je à moi-même , est-ce ainsi que\ tu remplis l'attente de ta famille.'^ N'est-ce pas assez de l'avoir trompée en prenant un autre parti que celui de précepteur ? Ta condition servile te doit-elle empêcher de vivre en honnête homme ? Te convient-il d'être avec des gens si vicieux ? J^'envie, la colère et l'avarice régnent chez les uns ; la pudeur est bannie de chez les autres^ ceux-ci s'abandonnent à l'intempérance et à la paresse ; et l'orgueil de ceux-là va jusqu'à l'insolence. C'en est faitj je ne veux pas demeurer plus long-temps avec les sept péchés mortels. ^^
' Gil Blas va prendre un parti sage , et nous allons oublier Laure pendant assez long-temps ; Gil Blas la reveri-a sur le théâtre de Grenade , livre VII , chapitre vi ; et comme elle a la manie d'être la parente de tout le monde , Gil Blas sera surpris de se trouver son frère. Elle aura pris le nom d'Estelle, et figurera de nouveau à Tolède, à Madrid, etc., livre xii, chapitres i, ii et m.
FIN ne LIVRE TROISIKME.
Gil- Blas. i. IÇ)
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GIL liLAS.
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