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point alors; mais mon camarade y etoit. Seigneur dit le paysan au vieillard, j'appartiens au cavalier de Calatrava
qui doit être votre gendre, au seigneur Pedro delà Membrilla. Nous venons tous deux d'arriver dans cette ville : d sera ici dans un instant; j'ai pris les devants pour vous en avertir. A peine eut-il achevé ces mots, que son maître parut; ce qui surprit fort le vieillard, et déconcerta un peu Morales.
Le jeune Pedro étoit un garçon des mieux faits. Il adressa la parole au père de Florentine; mais le bon homme ne lui donna pas le temps de finir son discours, et se tournant vers mon compagnon , il lui demanda ce que cela signifioit. Alors Morales, qui ne cédoit en effronterie à personne du monde, prit un air d'assurance, et dit au vieillard': Monsieur, ces deux hommes que vous voyez sont de la troupe des voleurs qui nous ont détroussés sur le grand chemin; je les reconnois , et particulièrement celui qui a l'audace de se dire fils du seigneur Juan Vêlez de la Membrilla. Le vieux bourgeois , sans hésiter , crut Morales ; et , persuadé que les nouveaux venus étoient des fripons , il leur dit : Messieurs , vous arrivez trop tard ; on vous a prévenus. Pedro de la Membrilla est chez moi depuis hier. Prenez garde à ce que vous dites , lui répondit le jeune homme de Calatrava; on vous trompe; vous avez dans votre maison un imposteur. Sachez que Juan Vêlez de la Membrilla n'a point d'autre fds que moi. A d'autres répliqua le vieillard; je n'ignore pas qui vous êtes. Ne remettez-vous pas ce garçon , et ne vous ressouvenezvous plus de son maître que vous avez volé sur le chemin de Calatrava? Comment voler! repartit Pedro • ah !
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si je n'étois pas chez vous , je couperois les oreilles à ce fourho qui a l'insolence de me traiter de voleur. Qu'il rende grâces à votre présence, qui retient ma colère. Seigneur, poursuivit-il, je vous le répète, on vous trompe. Je suis le jeune homme à qui votre frère Augustin a promis* votre fille. Voulez-vous que je vous montre toutes les lettres qu il a écrites à mon père Su sujet de ce mariage? En croirez -vous le portrait de Florentine, qu'il m'envoya quelque temps avant sa mort .-'
Non , interrompit le vieux bourgeois ; le portrait ne me persuadera pas plus que les lettres. Je sais bien de quelle manière il est tombé entre vos mains , et je vous conseille charitablement de sortir au plus tôt de Mérida, de peur d'éprouver le châtiment que méritent vos semblables. G en est trop , interrompit à son tour le jeune cavalier. Je ne soTift'riraipas qu'on me vole impunément mon nom, ni qu'on me fasse passer pour un brigand. Je connois quelques personnes dans cette ville; je vais les chercher, et je reviendrai avec eux confondre limposture qui vous prévient contre moi. A ces mots il se retira suivi de son valet , et Morales demeura triomphant. Cette aventure même fut cause que Jérôme de Moyadas résolut de me faire épouser sa fille dès ce jour-là; et sur-le-champ il alla donner les ordres nécessaires pour consommer cet ouvrage.
Quoique mon camarade fût bien aise de voir le père de Florentine dans des dispositions si favorables pour nous , il n'étoit pas sans inquiétude. Il craignoit la suite des démarches qu'il jugeoit bien que Pedro ne manqueroit pas de faire , et il m'attendoit avec impatience pour m'informer de ce qui se passoit. Je le trouvai