‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravuresChapitre 46 sur 241 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Quel parti prit Gil Blas après l'aventure de l'hôtel garni.

Camarade de collège. — Cboix d'un état. — Désagréments des précepteurs. — Avantages des valets. — Bureau d'adresses.

Lorsque j eus fort inutilement bien déploré mon malheur, je fis réflexion qu'au lieu de céder à mon chagrin, je devois plutôt me roidir contre mon mauvais sort. Je rappelai mon courage ; et , pour me consoler , je disois en m'habillant : Je suis encore trop heureux que les fripons n'aient pas emporté mes habits et quelques ducats que j'ai dans mes poches. Je leur tenois compte de leur discrétion. Ils avoient même été assez généreux pour me laisser mes bottines , que je donnai à l'hôte pour un tiers de ce qu'elles m' avoient coûté. Enfin je sortis de l'hôtel garni, sans avoir, Dieu merci , besoin de personne pour porter mes bardes. La première chose que je fis fut d aller voir si mes mules ne seroient pas dans l'hôtellerie où jétois descendu le jour précédent. Je jugeois bien qu'Ambroise ne les y avoit pas laissées; et plût au ciel que j'eusse toujours jugé aussi sainement de lui! J'appris que dès le soir même il avoit eu soin de les en retirer. Ainsi , comptant de ne les plus revoir , non plus que ma chère valise , je marchois tristement dans les rues , en rêvant à ce que je devois faire. Je fus tenté de retourner à Bur gos, pour avoir encore une fois recours à dona Mencia;

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