LES GUERRIERS
Nous sommes les condors dont le monde est la proie. Nous allons dans le vent, les ongles étirés,
Emportant des lambeaux d'empires déchirés, Et la rougeur des grands assauts désespérés Seule en nos sombres yeux allume un peu de joie.
Nos chevaux écumants soufflent de la terreur. Nous avons le sauvage orgueil des capitaines; Et nous voulons, chargés de conquêtes lointaines, Voir devant nous pressés des peuples par centaines, Sur qui nous étendons un geste d'empereur.