‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 127 sur 221 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Priez-le de monter ici, mon père; il égaiera notre souper.

MAITRE BERNARD, à la fenêtre.

Holà! Minuccio, mon ami, viens ici souper avec nous. — Le voilà qui monte, il me fait signe de la tête.

C'est un musicien remarquable, fort bon chanteur et joueur d'instruments. Le roi l'écoute volontiers, et il a su, avec ses aubades, s'attirer la protection des gens de cour. Il nous donna fort doucement l'autre soir d'une guitare qu'il avait apportée, avec certaines amoureuses et tout à fait gracieuses ariettes ; nous sommes là une douzaine qui avons des bontés pour lui.

MAITRE BERNARD

En vérité ! Eh bien ! à mes yeux, c'est là le moindre de ses mérites ; non que )e méprise une bonne chanson , il n'y a rien qui aille mieux à table avec un verre de cerigo ; mais avant d'être un savant musicien, un troubadour, comme on dit, Minuccio, pour moi, est un honnête homme, un bon, loyal et ancien ami, tout jeune et frivole qu'il paraît, ami dévoué à notre famille, le meilleur peut - être qui nous reste depuis la mort du père d'Antoine. Voilà ce que je prise en lui, et j'aime mieux son cœur que sa viole.

a^^ GARMOSINB.

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