ACTE I, SCÈNB VIII
delà les petites poupées qu'il fait mouvoir, les gros barons vêtus d'acier, les belles dames fourrées d'hermine, les courtisans en pourpoint de velours, puis la cohue des inutiles, qui sont toujours les plus empressés,... enfin les chevaliers de fortune, ou de hasard , si vous voulez , ceux dont la lance branle dans le manche et le pied vacille dans l'étrier.
SER VBSPASIANO.
Tu aimes, à ce qu'il paraît, les énumérations, mais tu oublies les baladins et les troubadours ambulants.
MINUGCIO.
Votre invincible Seigneurie sait bien que ces gens-là ne comptent pas; ils ne viennent jamais qu'au dessert. Le parasite doit passer avant eux.
DAME PAQ^UE, à ser Vespasiano.
Votre repartie l'a piqué au vif.
Elle était fuste, mais un peu verte. Je ne sais si je ne devrais pas pousser encore plus loin les choses.
DAME PAQ^UE.
Vous vous moquez ! qu'y a-t-il d'offensant ?
Il a parlé d'étriers peu solides et de lances mal emmanchées; c'est une allusion détournée...
DAME PAQ^UE.
A votre chute de l'autre jour? Ce sont les hasards des combats.
Vous avez raison. — Je meurs de soif.
Il boiu UN DOMESTiQ^UEy entrant.
On vient d'apporter cette lettre.
Il la place devant maître Bernard et sort.
A quoi songez-vous donc, mon père ?
MAITRE BERNARD
A quoi je songe? — Que me veut-on?
DAME P A Q^u E , qui a pris la lettre.
C'est un message de votre cher Antoine.
MAITRE BERNARD
Donnez - moi cela. Peste soit des femmes et de leur fureur de bavarder !
Si cette. lettre...
MAITRE BERNARD
Ce n'est rien, ma fille. C'est une lettre de Marc- Antoine, notre ami de Messine. Ta mère s'est trom« pée à cause de la ressemblance des noms.
Si cette lettre est de Perillo, lisez-la-moi, Je vous en prie.
MAITRE BERNARD
Tranquillise-toi; je te répète...
Je suis très-tranquille, donnez-la-moi. — Il n'y a personne de trop ici.