ACTE II, SCÈNE VII
Il Ut :
Va dire, Amour, ce qui cause ma peine, A monseigneur, que je m^en vais mourir.
Et, par pitié, venant me secourir.
Qu'il m'eût rendu la mort moins inhumaine.
A deux genoux je demande merci.
Par grâce. Amour, va-t'en vers sa demeure.
Dis-lui comnunt je prie et pleure ici.
Tant et si bien qu'il faudra que je meure Tout enflammée, et ne sachant point Vheure Où finira mon adoré souci,
La mort m'attend, et s'il ni me relève De ce tombeau prêt à me recevoir.
J'y vais dormir, emportant mon doux rêve.
Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir.
Depuis le jour où, le voyant vainqueur.
D'être amoureuse, Amour, tu m'as forcée.
Fût-ce un instant, je n'ai pas eu le coeur De lui montrer ma craintive pensée, Dont je me sens à tel point oppressée.
Mourant ainsi, que la mort me fait peur.
Qui sait pourtant, sur mon pâle visage.
Si ma douleur lui déplairait à voir ?
De l'avoiier je n'ai pas le courage. Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir.
Puis donc. Amour, que tu n'as pas voulu A ma tristesse accorder cette joie.
Que dans mon coeur mon doux seigneur ait lu.
Ni vu les pleurs où mon chagrin se noie.
Dis-lui du moins, et tâche qu'il le croie.
Que je vivrais si je ne l'avais vu.
Dis-lui qu'un jour une Sicilienne Le vit combattre et faire son devoir.
Dans son pays, dis-lui qu'il s'en souviennt.
Et que j'en meurs, faisant mon mal savoir,
LA REINE
Tu dis que cette romance eot d'une jeune fille?
MINUCCIO
Oui, madame.
LA REINE
Si cela est vrai, tu lui diras qu'elle a une amie, et tu lui donneras cette bague.
Elle Ole une bague de son doigt.
LE ROI
Mais pour qui cette'chanson a-t-elle été faite? Il semble, d'après les derniers mots, que ce doive être pour un étranger. Le connais-tu ? Quel est son nom?
Je puis le dire à Votre Majesté, mais à elle seule.
LE ROI
Bon ! quel mystère !
MINUCCIO
Sire, j'ai engagé ma parole.
LE ROI
Éloignez-vous donc, mesdemoiselles. Je suis curieux de savoir ce secret. Quant à la reine, tu sais que je suis seul quand il n'y a qu'elle près de moi. Les demoiselles se retirent au fond du théâtre.
MINUCCIO
Sire, je le sais, et je suis prêt...
LA REINE
Non, Minuccio. Je te remercie d'avoir assez