‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 157 sur 221 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

bonne opjfiion de moi pour me confier ton honneur; mais puisque tu l'as engagé, je ne suis plus ta reine en ce moment, je ne suis qu'une femme, qui ne veut pas être cause qu'un galant homme puisse se faire un reproche.

EUe sort.

LE ROI

Eh bien! à qui s'adressent ces vers?

Votre Majesté a-t-elle oublié qui fut vainqueur au dernier tournoi ?

LE ROI

Hé, par la croix-Dieu ! c'est moi-même.

MINUCCIO

C'est à vous - même aussi que ces vers sont adressés.

LE ROI

A moi, dis-tu?

MINUCCIO

Oui, Sire. Dans ce que j'ai raconté, je n'ai rien dit qui ne fût véritable. Cette jeune fille que je vous ai dépeinte belle, jeune, charmante, et mourant d'amour, elle existe, elle demeure là, à deux pas de votre palais ; qu'un de vos officiers m'accompagne, et qu'il vous rende compte de ce qu'il aura vu ! Cette pauvre enfant attend la mort ; c'est à sa prière que je vous parle ; sa beauté, sa souffrance, sa résignation, sont aussi vraies que son amour. — Carmosine est son nom.

290 CAaMOSINE.

LE ROI

Cela est étrange.

Et ce jeune homme à qui son père l'avait promise, qui est allé étudier à Padoue, et qui comptait l'épouser au retour, Votre Majesté l'a vu ce matin même : c'est lui qui est venu demander du service à l'armée de Naples ; celui-là mourra aussi, j'en réponds, et plus tôt qu'elle, car il se fera tuer.

LE ROI

Je m'en suis douté. Cela ne doit pas être; cela ne sera pas. Je veux voir cette jeune fille.

MINUCCIO

L'extrême faiblesse où elle est...

LE ROI

J'irîû. Cela semble te surprendre?

MINUCCIO

Sire, je crains que votre présence...*

LE ROI

Ne disais-tu pas, tout à l'heure, que tu aurais parlé devant la reine?

MINUCCIO

Oui, Sire.

LE ROI

Viens chez elle avec moi.

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