‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 179 sur 221 · CALABRE, LE NOTAIRE · texte numérisé non relu

CALABRE, LE NOTAIRE

CALABRE

Venez par ici, monsieur le notaire ; venez, monsieur Capsucefalo. Veuillez entrer là, dans le pavillon.

LE NOTAIRE

Les futurs conjoints, où sont-ils ?

CALABRE

Il faut que vous ayez la bonté d'attendre quelques instants, s'il vous plaît. Désirez-vous vous rafraîchir ? Il n'y a pas loin d'ici à la ville, mais il fait chaud.

lE NOTAIRE.

Oui, et je suis venu à pied par un soleil bien

328 BETTINE

încommode. Mms je ne vois pas les futurs conjoints.

CALABRE

Madame n'est pas encore levée.

LE NOTAIRE

Comment \ il est midi passé.

CALABRE

Alors elle ne tardera guère.

LE NOTAIRE

Et monsieur de Steinberg, est-il levé, lai ?

CALABRE

Il est à la chasse.

LE NOTAIRE

A la chasse ! Voilà, en vérité, une plaisante manière de se marier. On me lait dresser un contrat, on me fait venir à une heure expresse, et quand j'arrive, madame dort et monsieur court les champs. Vous conviendrez, mon cher monsieur Calabre...

C'est qu'il faut vous imaginer, mon cher monsieur Capsucefalo, que nous ne vivons pas comme tout le monde. Madame est une artiste, vous savez.

LE NOTAIRE

Oui, une grande artiste; elle chante fort bien. Je ne l'ai jamais entendue elle-même, mais je l'ai ouï dire, vous comprenez.

CALABRE

Justement, c'est qu'elle a chanté cette nuit jus-

Page 1