‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 180 sur 221 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

qu'à trois heures du matin. Aimez-vous la musique, monsieur Capsucefalo ?

LE NOTAIRE

Certainement, monsieur Calabre, autant que mes fonctions me le permettent. Il y avait donc chez vous grande soirée, beaucoup de monde ?

CALABRE

Non, ils étaient tous deux tout seuls, madame et monsieur le baron, et ils se sont donné ainsi un grand concert en tête à tête. Ce n'est pas la première fois. C'est une habitude que madame a prise depuis qu'elle a quitté le théâtre. Elle ne peut pas dormir si elle n'a pas chanté. Au point du jour, elle s'est couchée, et monsieur a pris son fusil.

LE NOTAIRE

Vous en direz ce qu'il vous plaira, cela me paraît de l'extravagance. La chasse et la musique sont deux fort bonnes choses ; mais quand on se marie, monsieur Calabre, on se marie. Et les témoins ?

CALABRE

Monsieur a dit qu'il les amènerait. Un peu de patience ! — Que me veut-on?

UN DOMESTK^UE, entrant.

Monsieur, c'est une lettre de la princesse.

CALABRE, prenant la lettre.

C'est bon. Vous savez bien que monsieur n'y est pas.

LE DOMESTiq^UE.

Il y a là un homme à cheval.

]jO BETTINE.

CALABRE

QuMl attende ! — Ah ! voici monsieur le baron. SCÈNE IL

Les Précédents, STEINBERG.

steinberg.

Pas encore levée ! C'est bien de la paresse. Bonfou r, Cefalo, vous êtes exact, et moi aussi, comme vous voyez ; mais la signora ne Test guère.

LE NOTAIRE

Voici le contrat, monsieur le baron, dan» ce portefeuille. Si vous vouliez, en attendant, jeter un coup d'oeil...

STEINBERG

Tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est que cette lettre?

CALABRE

C'est de la part de la princesse, monsieur.

STEINBERG, ouvrant ta lettre.

Voyons,

LE NOTAIRE

Je me retire, monsieur, j'attendrai vos ordres.

Page 1