‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 186 sur 221 · SCÈNE v · texte numérisé non relu

SCÈNE v

LE NOTAIRE, à Bettîtie.

Hum ! vous m'aviez promis quelques rafraîchissements.

BETTINE

Mais certainement,

A Calahre, A quoi penses-tu donc?

CAtABRE.

Je Tavaîs oublié, madame.

BETTINE

Vite, des citrons, du sucre, de l'eau bien fraîche, ou du café, du chocolat, ce qu'il voudra ! Non, il a peut-être faim ; vite un flacon de moscatelle et un grand plat de macaroni !

LE NOTAIRE

Madame, je suis bien reconnaissant.

Il se retire avec de grandes salutations, BETTINE, à Calahre.

Eh bien! toi, qu'est-ce que tu fais là? Tu as l'air d'un âne qu'on étrille Je t'avais dit d'aller chercher Steinberg. Tiens, le voilà dans le jardin.

CALABRE

Pardon^ madame, ce n'est pas lui.

BETTINE

Qui est-ce donc? Ah ! jour heureux! c'est Stéfani, mon cher Stéfani. Est-ce qu'il y a longtemps qu'il est là?... Dis-lui qu'il vienne, dépêche-toi.

CALABRE

Il vous a sans doute aperçue, madame, car le

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voilà qui monte le perron ; mais je dois vous dire que monsieur le baron...

B ETTIN E.

Que je suis contente! Eh bien! le baron, le perron ! qu'est ce que tu chantes? Est-ce que tu fais des vers?

CALABRE

Non, madame, pas si bête! Je dis seulement que monsieur de Sleinberg m'a recommandé...

Parle donc.

CALABRE

Monsieur le baron m'a chargé de vous prier.,.

BETTINE

Tu me feras mourir avec tes phrases,

CALABRE

De ne pas recevoir ce seigneur.

BETTINE. f

Qui? Stéfani? Tu perds la tête.

CAXABRE»

Non, madame ; monsieur le baron m'a ordonné expressément...

BETTXNE, riant.

Ah! tu es fou... Ah! le pauvre homme! il ne sait ce qu'il dit, c'est clair, il radote... Ne pas recevoir Stéfani ! un vieil ami que j'aime de tout mon :œur! Ah! le voici... Va-t'en vite, va chercher Steinberg.

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