‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 187 sur 221 · SCENE VL · texte numérisé non relu

SCENE VL

BETTINE, lE MARQUIS.

BETTJNE, allant au-devant du marquas.

Et depuis quand dans ce pays? Et par quel hasard^ cher marquis?... Comment vous portezvous? Que faites- vous? Que devenez- vous?... Vous avez bon visage... Que je suis ravie de vous voir!

LE MARqUIS.

Et moi aussi, belle dame, et moi aussi je suis ravi, je suis enchanté ; mais, dès qu'on vous voit, c'est tout simple. . .

BETTINE

Des compliments ' Vous^ êtes toujours le même.

LE MARQ^Ul's.

Je ne vous en dirai pas autant, car vous voilà plus charmante que jamais ; et savez-vous qu'il y a quelque chose comme deux ou trois ans que je ne vous afvue?

BETTINE

Cher Stéfarii, si vous saviez dans quel moment vous arrivez K.. Je vais me marier!... Avez-vous déjeuné?

J44 BBTTIME.

Lf MARQ.UIS.

Oui , certes ; vous me connaissez trop pour me croire capable de m'embarquer sans avoir pris...

BETTINE

Vos précautions. D'où venez-vous donc ?

LE MAIIQ.UIS.

Là, d'à côté, de chez la princesse, votre voisine.

BETTINE

Âh ! vous êtes lié avec elle? On dit qu'elle est très-séduisante.

LE MAIIQ.UI8.

Mais oui, elle est fort bien. C'est elle qui par hasard, en causant, m'a appris que vous étiez ici. Je ne m'en doutais pas, ]e suis accouru... Et vous allez vous marier ?

BETTINE

Oui, mon ami, aujourd'hui même.

Aujourd'hui même ?

BETTINE

Le notaire est là.

Eh bien ! tant mieux, voilà une bonne nouvelle. C'est bien de votre part, cela, c'est très-bien. Je ne m'y attendais pas , je suis enchanté.

BETTINE

Vous ne vous y attendiez pas? Voilà un beau compliment cette fois ! Est-ce que vous êtes venu ici pour me dire des injures, monsieur le marquis?

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