SCENE VL
BETTINE, lE MARQUIS.
BETTJNE, allant au-devant du marquas.
Et depuis quand dans ce pays? Et par quel hasard^ cher marquis?... Comment vous portezvous? Que faites- vous? Que devenez- vous?... Vous avez bon visage... Que je suis ravie de vous voir!
LE MARqUIS.
Et moi aussi, belle dame, et moi aussi je suis ravi, je suis enchanté ; mais, dès qu'on vous voit, c'est tout simple. . .
BETTINE
Des compliments ' Vous^ êtes toujours le même.
LE MARQ^Ul's.
Je ne vous en dirai pas autant, car vous voilà plus charmante que jamais ; et savez-vous qu'il y a quelque chose comme deux ou trois ans que je ne vous afvue?
BETTINE
Cher Stéfarii, si vous saviez dans quel moment vous arrivez K.. Je vais me marier!... Avez-vous déjeuné?
J44 BBTTIME.
Lf MARQ.UIS.
Oui , certes ; vous me connaissez trop pour me croire capable de m'embarquer sans avoir pris...
BETTINE
Vos précautions. D'où venez-vous donc ?
LE MAIIQ.UIS.
Là, d'à côté, de chez la princesse, votre voisine.
BETTINE
Âh ! vous êtes lié avec elle? On dit qu'elle est très-séduisante.
LE MAIIQ.UI8.
Mais oui, elle est fort bien. C'est elle qui par hasard, en causant, m'a appris que vous étiez ici. Je ne m'en doutais pas, ]e suis accouru... Et vous allez vous marier ?
BETTINE
Oui, mon ami, aujourd'hui même.
Aujourd'hui même ?
BETTINE
Le notaire est là.
Eh bien ! tant mieux, voilà une bonne nouvelle. C'est bien de votre part, cela, c'est très-bien. Je ne m'y attendais pas , je suis enchanté.
BETTINE
Vous ne vous y attendiez pas? Voilà un beau compliment cette fois ! Est-ce que vous êtes venu ici pour me dire des injures, monsieur le marquis?