‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 197 sur 221 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

meur ; mais ce n'est xien, rien qui en vaille la peine ; n'y pensons plus, pardonnez-moi,

BETTINE

Ce n'est pas encore bien vrai, ce que vous dites là.

STEINBERG

Je vous demande en grâce d'y croire.

BETTINE

Vous le voulez ?

STEINBERG

Je vous en supplie.

BETTINE

Eh bien ! j'y crois^ puisque cela vous plaît. Calmez-vous, voyons, trêve aux noirs soucis ! Éclaircissez-nous ce front plein d'orages. Vous souvenezvous de cette chanson?

Elu se met au piano et joue la ritournelle d'une romance. STEINBERG, se levaul. Bettine, pas cette chanson-là !

BBTTI N E.

Pourquoi ? Vous l'avez faite pour moi en passant à Sorrente, après une promenade en mer. Est-ce parce qu'elle se rattache à ces souvenirs qu'elle a déjà cessé de vous plaire ? Elle vous ôtait jadis vos ennuis.

Elle chante.

Nina, ion sourire.

Ta VOIX qui soupire.

Tes yeux qui font dire Qu'on croit au bonheur, —

Ces belles années.

Ces douces journées, Ces roses fanées, Mortes sur ton cœur.,,

8TEINBERG, à part, tandis que Bettine joue sans chanter.

Pourrais-je jamais l'abandonner? et pour qui? grand Dieu ! Par quelle infernale puissance me syis-je laissé subjuguer?

BETTINE

A quoi rÔvez-vous donc, monsieur? Est-ce que c'est poli, ce que vous faites là?... Il me semble que je me trompe,... je ne me rappelle pas bien,... venez donc...

8TEINBERG, se rapprochant du piano et chantant.

Nina, ma charmante.

Pendant la tourmente, La mer icumante GrondtUt à nos yeux; Riante et fertile, La plage tranquille Nous montrait VasHe Qu'appelaient nos vœux !

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