‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 204 sur 221 · BETTINE, CALABRE · texte numérisé non relu

BETTINE, CALABRE

BBTTINE.

CALABRE

Calabre !

Madame !

Je suis perdue !

BBTTINE.

CALABRE

Patience, madame! Il ne faut pas croire...

BBTTINE.

Je suis perdue, perdue à jamais.

CALABRE

^ Non , madame , je vous le répète , il ne faut pas croire que 'monsieur le baron vous ait dit là son dernier mot, ni même qu'il ait parlé sincèrement ; non, c'est impossible. Il changera de langage quand son dépit sera calmé, car ce n'est pas contre vous qu'il peut être irrité; il reviendra, madame, il va revenir.

j80 BETTINE.

BETTIREy regardant au balcon.

Le voilà qui part.

CAI.ABRE

E8t-ce possible?

BETTINB.

Tu ne le vois pas? Il part seul, à pied. Où va-t-il ? Sans doute à la ville. Cours après lui , Calabre, retiens-le... Âh! le cœur me manque.

C A LABRE

J'y vais, madame, je vous obéis.,* Mais permettez du moins...

BETTINE

Non î arrête! laisse-le partir; mais il faut que tu partes aussi. Il Caut que tu sois avant lui à la ville. Te sens-tu la force de prendre la traverse par le chemin de la montagne? '' *

Elle va à la table et écrit.

CALABRE

Pour vous, madame, je monterais au Vésuve.

BETTINE

Il n'y a que toi qui puisses faire ma commission. Filippo Valle te connaît. — Et toi, connais- tu la personne à qui Steinberg doit ce qu'il a perdu ?

CALABRE

L'homme qui a apporté la lettre m'a dit que c'était le comte Âlfani.

BETTINE

Voici un mot pour Valle. Il doit avoir à moi, chez lui, la somme nécessaire. Il faut qu'il l'envoie sur-le-champ à cet Alfani , et qu'il fasse dire que

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