‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 214 sur 221 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

BETTINE

Non, je crois ce que vous me dites; mais'i] y a une réflexion que vous n'avez pas faite. Sdvez-vous bien à qui vous parlez?

LE M AR offris-.

A la plus charmante femme que je connaisse.

BETTINE

Considérez ceci, marquis : je suis tout à fait désespérée. Le coup que je viens de recevoir est si imprévu, si inconcevable, qu'il m'a d'abord anéantie. Maintenant que ma raison se réveille peu à peu, je cherche comment je pourrais continuer de vivre, et, en vérité, je ne le vois pas.

Prenez courage.

BETTINE

Non, je ne U vois pas. A examiner froidement, raisonnablement ce qui m'arrive, je ne veux pas vous tromper, je ne vois nul remède, nul espoir. Je perds l'homme que j'aimais, et ce qu'il y a de plus affreux encore, je suis forcée de le mépriser. Que voulez-vous que je devienne? Es-tu de mon avis, Calabre? Plus je réfléchis, et plus je vois qu'il n'y a plus pour moi d'existence possible. Je ne peux plus rien feire que prier et pleurer. Est-ce à ce reste de moi-même, à ce fantôme de votre amie que vous voulez donner la main ? Est-ce à un masque cou* vert de larmes?

Elle pleure.

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