‹ Œuvres de Alfred de MussetChapitre 216 sur 221 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

bleu! un poëte fait des vers et un musicien des chansons, tout comme un pommier fait des pommes. Lorsqu'on me raconte que Rossini se tait, je déclare que je n'en crois rien. Et vous non plus, Bettine, vous ne vous tairez pas. Vous retrouverez force et vaillance, vous reprendrez la harpe de Desdémone, et moi ma place dans mon petit coin, à côté de mon cher quinquet. Vous reverrez cette foule émue, attentive, qui suit vos moindres gestes, qui respire avec vous, ce parterre qui vous aime tant, ces vieux dilettantî qui frappent de leurs cannes, ces jeunes dandies qui, parés pour le bal, déchirent leurs gants en vous applaudissant, ces belles dames dans leurs loges dorées, qui, lorsque le cœur leur bat aux accents du génie, lui jettent si noblement leurs bouquets parfumés! Tout cela vous attend, vous regrette et vous appelle... Ah! je jouissais jadis de vos triomphes ! votre amitié m'en donnait une part. — Que serait-ce donc si vous étiez à moi?

BETTINB.

Ah! Stéfani... Mais c'est impossible.

Ne le dites pas trop vite, ne vous hâtez pas. C'est là tout ce que je vous demande.

Il lui baise la main,

LE NOTAIRE, sortant du pavillon.

Monsieur Calabre!

CALABRE

Ah! c'est vous?

404 BBTTINB.

LE NOTAIRE

Oui, il n'y a plus de moscatelle, et je ne vois toujours pas les futurs conjoints. Je vais retournera la ville.

C A L A B R E ) lui montrant Betline, qui a laissé sa main dans celle du marquis.

Attendez, attendez un peu«

Page 1