‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 84 sur 116 · LA ROSE · texte numérisé non relu

LA ROSE

Tendre fruit des pleurs de l'Aurore.

Objet des baisers du Zéphir, Reine de l'empire de Flore, Hâte-toi de t'épanouir.

Que dis-je : hélas! diffère encore, Diffère un moment de t ouvrir :

L'instant qui doit te faire éclore Est celui qui doit te flétrir.

Thémire est une fleur nouvelle Qui subira la même loi.

Rose, tu dois briller comme elle; Elle doit passer comme toi.

Descends de ta tige épineuse; Viens la parer de tes couleurs :

Tu dois être la plus heureuse Gomme la plus belle des fleurs.

32o ODES.

Va, meurs sur le seiu de Thémire, Qu'il soit ton trône et ton tombeau; Jaloux de ton sort, je n'aspire Qu'au bonheur d'un trépas si beau.

Tu verras quelque jour, peut-être, L'asile où tu dois pénétrer; Un soupir t'y fera renaître, Si Thémire peut soupirer.

L'Amour aura soin de t'instruire Du côté que tu dois pencher :

Éclate à ses yeux sans leur nuire; Pare son sein sans le cacher.

Si quelque main a l'imprudence D'y venir troubler toc repos, Emporte avec toi ma vengeance, Garde une épine à mes rivaux.

Page 1