LA NUIT D'ÉGLÉ
O nuit! dure autant que ma vie, L'aube du jour me fait trembler :
Ton ombre va mètre ravie, Et les Amours vont s'envoler !
Eglé dans mes bras se repose :
J attends; j'enchaîne mes désirs.
Hélas! c'est l'amour qui le cause Ce sommeil, enfant des plaisirs.
Par cette lampe du mystère , Je vois mille charmes divers ; Et, si l'astre du jour m'éclaire, Je ne verrai que l'univers.
Amour, toi dont le trait rapide Vole aussi prompt que le regard , Donne à Titon les feux d'Alcide, L'Aurore arrivera plus tard.
Mais je vois poindre la lumière:
Ce rayon va nous découvrir.
Eglé ferme encor sa paupière, Celle des jaloux va s'ouvrir.
Hâte-toi, sommeil ! je t'implore :
Souffre que je régne à mon tour; Quitte les beaux yeux que j'adore, Pour y faire place à 1 Amour.
Des jeux plus doux que tes mensonges Préviendront encor le soleil ; Eglé, chassons l'erreur des songes Par les vérités du réveil.
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