‹ uvres de Bernard, ornées d'une gravure d'après PrudhonChapitre 95 sur 116 · LA GAGE · texte numérisé non relu

LA GAGE

Deux bergères, pour faire usage De l'amusement des beaux jours, Alloient chasser dans le bocage Ces oiseaux qu'on appelle amours.

Doris, d'une course rapide, Osa, sans crainte, en approcher; Eglé, d'un pas lent et timide, Dans un buisson fut se cacher.

De filets l'une environnée, Vouloit enlever tout l'essaim; L'autre, dans ses vœux plus bornée, N'avoit qu'une cage à la main.

Bientôt, auprès de nos bergères, Tout le peuple ailé répandu, Vola sur les branches légères Du piège qu'on avoit tendu.

Doris en vit approcher mille, Qu'effraya l'appât suborneur.

Dans sa cage, Églé plus habile, En prit un qui fit son bonheur.

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