ODE XVIII
HYMNE A BAGGHUS.
Régne, ô divin Bacchus; sois le Dieu qu'on adore; Au thyrse redouté soumets tous les mortels; Et conduis, du couchant aux portes de l'aurore, Tes tigres immortels.
Pour un amant heureux ta coupe est l'ambroisie ; C'est la source des biens, c'est la félicité : Pour l'amant qu'asservit l'affreuse jalousie, Ta coupe est le Léthé.
Il faut aux immortels le sang des sacrifices : Le nectar coule aux tiens; tes prêtres sont des dieux Qui s'immolent eux-même au sommeil des délices, Qui leur ouvre les cieux.
L'espoir, maître de tout, fait par toi ses miracles : Il gouverne Plutus, il traverse les mers; Surmonte les dangers, aplanit les obstacles, Embrasse l'univers.
Ta beauté sur les cœurs te donne un autre empire Tes amantes en foule accompagnent tes pas; Je les vois à ta cour partager ton délire , Adorer tes appas.
Sûr de jouir toujours, maître de toujours plaire, Quel autre dieu sur toi peut remporter le prix, S'il faut que le destin donne à l'Amour un frère, Un amant à Cypris?