EXORDE D'UN SERMON SUR LE MÊME TEXTE
que (lirait-il, s'il revenaitmaintenant sur laterre? Voyant la licence qui règne au milieu de nous , y voyant triompher le vice, nous prendrait-il pour des chrétiens, ou plutôt ne nous rangeraitil pas au nombre des infidèles?
Eh! d'où vient, ô Dieu tout- puissant , d'où vient que vous permettez que votre Fils ait tant d'adversaires , et si peu de vrais serviteurs? J'entends votre dessein , ô grand Dieu : vous voulez que , dans cette confusion infinie de ceux qui contredisent notre Sauveur, ceux qui l'honorent sincèrement tiennent cette grâce plus chère : vous voulez que leur foi soit plus ferme , et leur charité plus ardente parmi les oppositions de tant d'ennemis ; et que Jésus retrouve dans le zèle du petit nombre , ce qu'il semble perdre dans la multitude innombrable des ingrats et des dévoyés. Par conséquent , mes frères , augmentons notre zèle pour son service. D'autant plus que nous voyons tous les jours augmenter le nombre de ceux qui blasphèment son Évangile , ou par leurs erreurs, ou par leur mauvaise vie; efforçonsnous d'autant plus à lui plaire , et à étendre la gloire de son saiùt nom : tâchons de lui rendre l'honneur que ses ennemis lui ravissent. Disonslui de toute l'affection de nos cœurs : Quoique le Juif enrage, que le Gentil raille, que l'hérétique s'écarte , que le mauvais catholique se joigne au parti de vos ennemis ; nous confessons , ô Seigneur Jésus , que vous êtes celui qui devez venir : Vous êtes ce grand Sauveur qui nous est promis depuis l'origine du monde : vous êtes le médecin des malades, vous êtes i'évangéliste des pauvres : et en cela que vous paraissez comme le scandale des orgueilleux, vous êtes l'amour des simples , et la consolation des fidèles. Vous êtes celui qui devez venir ; nous n'en connaissons point d'autre que vous, nous n'en attendons point d'autre que vous : « Il n'y a point d'autre « nom sous le ciel par lequel nous devions être «sauvés '. » Par conséquent, fidèles, puisque nous n'en attendons point d'autre que lui , mettons notre espérance en lui seul. S'il est vrai que nous n'attendions plus un autre maître que lui pour nous enseigner, observons fidèlement ses préceptes. Si nous n'attendons point un autre pontife qui vienne purger nos iniquités , gardons soigneusement l'innocence. Et d'autant que le même Jésus , qui est venu en l'infirmité de la chair, viendra encore une fois glorieux pour juger les vivants et les morts ; « vivons justement « et sobrement en ce monde , attendant la bien- « heureuse espérance, et la triomphante arrivée
■• Act. IV, 12.
« de notre grand Dieu et rédempteur Jésus- « Christ ' , » qui détruisant la mort pour jamais nous rendra compagnons de son règne et de sa bienheureuse immortalité. Ainsi soit-il.
EXORDE