‹ uvres de Bossuet (volume 2)Chapitre 67 sur 164 · POUR LE SAMEDI APRÈS LES CENDRES · texte numérisé non relu

POUR LE SAMEDI APRÈS LES CENDRES

SUR L'ÉGLISE

Fermeté immobile de l'Ëglise au milieu des furieuses tempêtes qui l'ont agitée. Principe d'opposition aux vérités divines que l'homme porte dans son cœur. Aveuglement et présomption , deux causes de celte répugnance. Combien , avec de pareilles dispositions dans les hommes , il est peu étonnant que rf:glise ait eu à éprouver de si terribles contradictions. Sa victoire sur les hérésies : comment la curiosité les a-t-elle enfantées. Étonnante dépravation des mœurs dans l'Église même : le triomphe de sa charité au milieu de tant de désordres.

Erat naTis in medio mari.

Le navire était au milieu de la mer. Marc, n, 47.

Le mystère de l'Évangile, c'est l'infirmité ei la force unies, la grandeur et la bassesse assemblées. Ce grand mystère , messieurs , a paru premièrement en notre Sauveur, où la puissance divine et la faiblesse humaine s'étant alliées, composent ensemble ce tout admirable que nous appelons Jésus-Christ : mais ce qui paraît en sa personne , il a voulu aussi le faire éclater dans l'Église , qui est son corps , « où une partie triom- '< phe par les miracles , l'autre succombe sous îes- « outrages qu'elle reçoit : » Unum horum coruscat miraculis, aliud succumhit injurlis k

C'est pourquoi nous voyons , dans son Écriture % que tantôt cette Eglise est représentée comme une maison bâtie sur une pierre immobile, et tantôt comme un navire qui flotte au milieu des ondes au gré des vents et des tempêtes : si bien qu'il paraît , chrétiens , qu'il n'est rien de plus faible que cette Église , puisqu'elle est ainsi agitée; et qu'il n'est rien aussi de plus fort , puisqu'on ne la peut jamais renverser, et qu'elle demeure toujours immuable , malgré les efforts de l'enfer. L'évangile de cette journée nous la représente « parmi les flots : « Erat navis in medio mari ; « portée deçà et delà par un vent contraire : » Erat enim ventus contrarius ^. Et ce qui est de

• s. Léo. de passion. Dom. Serm. m, cap. ii. '■' Luc. VI , 48.

^ Marc. V1 1 48.

plus surpi'enant , c'est que Jésus , qui est son appui, semble l'abandonner à la tempête; il s'approche, « et il veut passer, » comme si son péril ne le touchait pas : Et volehatprœterirc eos\ Toutefois ne croyez pas qu'il l'oublie : il permettra bien que les flots l'agitent; mais non pas qu'ils la submergent ni qu'ils l'engloutissent. Il commande aux vents, et « ils s'apaisent; il entre « dans le navire , et il arrive sûrement au port : » Ascenditin navim, et cessavit ventus, et applicuerutit^:, afin messieurs, que nous entendions qu'il n'y a rien à craindre pour l'Église , parce que le Fils de Dieu la protège. J'entreprends aujourd'hui de vous faire voir cette vérité importante ; et afin que vous en soyez convaincus plus facilement, je laisse les raisonnements recherchés, pour l'établir solidement par expérience. Considérez en effet , messieurs , les trois furieuses tempêtes qui ont troublé l'état de l'Église. Aussitôt qu'elle a paru sur la terre, l'infidélité s'est élevée, et elle a excité les persécutions ; après , la curiosité s'est émue , et elle a fait naître les hérésies : enfin la corruption des mœurs a suivi, qui a si étrangement soulevé les flots, « que la nacelle y a paru presque enveloppée : » ïtautnavicula openreturjluciibus ^. Voilà , mes frères, les trois tempêtes qui ont successivement tourmenté l'Église. Les infidèles se sont assemblés pour la détruire par les fondements : les hérétiques en sont sortis pour lui arracher ses enfants, et lui déchirer les entrailles : et si enfin les mauvais chrétiens sont demeurés dans son sein , ce n'est que pour lui porter le venin jusque dans le cœur. Il faut donc , mes frères , que cette Église soit bien appuyée et bien fortement établie, puisqu'au milieu de tant de traverses, malgré l'effort des persécutions , elle s'est soutenue par sa fermeté ; malgré les attaques de l'hérésie , el le a été la colonne de la vérité ; malgré la licence des mœurs dépravées, elle demeure le centre de la charité. Voilà le sujet de cet entretien , et les trois points de cette méditation.

PREMIEB POINT.

Comme l'Église n'a plus à souffrir la tempête des persécutions, je passerai légèrement su» cette matière ; et néanmoins je ne laisserai pas , si Dieu le permet, de toucher des vérités assez importantes. La première sera , chrétiens qu'il ne faut pas s'étonner si l'Église a eu à souffrir, quand elle a paru sur la terre, ni si le monde l'a combattue de toute sa force : il était impossible qu'il ne fût ainsi ; et vous en serez convaincus , si vous

' Marc. VI , 48.

« Ibid. 51 , 53.

' Matlh. VIII, 24.

SUR L'ÉGLISE

savez connaître ce que c'est que l'homme. Je dis donc que nous avons tous dans le fond du cœur un principe d'opposition et de répugnance à toutes ]es vérités divines; en telle sorte que l'homme laissé à lui-même, non-seulement ne peut les entendre , mais qu'ensuite il ne les peut souffrir ; et qu'en étant choqué au dernier point , il est comme forcé de les combattre. Ce principe de répugnance s'appelle dans l'Écriture, « infidélité • ; » ailleurs , « esprit de défiance ' ; » ailleurs , « esprit « d'incrédulité^ : » il est dans tous les hommes; et s'il ne produit pas en nous tous ses effets, c'est la grâce de Dieu qui l'empêche.

Si vous remontez jusqu'à l'origine , vous trouverez , messieurs , que deux choses produisent en nous cette répugnance : la première , c'est l'aveuglement; la seconde, la présomption. L'aveuglement , messieurs , nous est représenté dans les Écritures par une façon de parler admirable : elles disent que « les pécheurs ont oubUé Dieu : » Omnes gentes quœ obliviscuntur Deum : Obliti sunt verba tua inimici mei : Intelligite hœc, qui obliviscimini Deum^. Que veut dire cet oubli, mes frères? Il est bien aisé de le comprendre : c'est que Dieu , à la vérité, avait éclairé l'homme de sa connaissance ; mais l'homme a fermé les yeux à cette lumière : il s'est laissé mener par ses sens; peu à peu il n'a plus pensé à ce qu'il ne voyait pas ; il a oublié aisément ce à quoi il ne pensait pas. Voilà Dieu dans l'oubli, voilà ses vérités effacées : ne lui en parlez pas, c'est un langage qu'il ne connaît plus : Obliti sunt verba tua inimici mei : « Mes ennemis ont oublié vos paro- « les. » C'est pourquoi la même Écriture, voulant aussi nous représenter de quelle sorte les hommes retournent à Dieu , nous dit « qu'ils se sou- « viendront; » reminiscentur : et ensuite qu'arrivera-t-il? Et convertentur ad Dominum ^ : « ah ! « ils se convertiront au Seigneur. » Quoi ! ils l'avaient donc oublié, leur Dieu, leur Créateur, leur Époux, leur Père! Oui, mes frères, il est ainsi; ils en ont perdu le souvenir. Cela va bien loin , si vous l'entendez : toute la connaissance de Dieu, toutes les idées de ses vérités; l'oubli, comme une éponge , a passé dessus , et les a entièrement effacées ; ou , s'il en reste encore quelques traces, elles sont si obscures , qu'on n'y connaît rien : voyez durant le règne de l'idolâtrie , durant qu'elle régnait sur toute la terre.

Ce serait peu que ce long oubli pour nous exciter à la résistance , si l'orgueil ne s'y était joint : mais il est arrivé , pour notre malheur, que , quoi-

' Lw. IX, 41, etc.

> Ephes II, 2.

' Coloss. III , 6.

* Ps. IX, 18; cxvill, 139; XLIX, 22.

» Ps. XXI , 28.

B08SUET. — T. II

que l'homme soit aveugle à l'extrémité, il est encore plus présomptueux. En quittant la sagesse de Dieu , il s'est fait une sagesse à sa mode : il ne sait rien , et croit tout entendre ; si bien que tout ce qu'on lui dit, qu'il ne conçoit pas, il le prend pour un reproche de son ignorance; il ne le peut souffrir, il s'irrite ; si la raison lui manque , il emploie la force; il emprunte les armes de la fureur pour se maintenir en possession de sa profonde et superbe ignorance. Jugez où les vérités évangéliques , si hautes, si majestueuses, si impénétrables, si contraires au sens humain et à la raison préoccupée, ont du pousser cet aveugle présomptueux, je veux dire l'homme; et quelle résistance il fallait attendre d'une indocilité si opiniâtre. Voyez-la par expérience en la personne de notre Sauveur. Qu'aviez-vous fait , ô divin Jésus ! pour exciter contre vous ce scandale horrible? pourquoi les peuples se troublentils'? pourquoi frémissent - ils contre vous avec une rage si désespérée? Chrétiens , voici le crime du Sauveur Jésus. Il a enseigné les vérités de son Père ^ ; ce qu'il a vu dans le sein de Dieu , il est venu l'annoncer aux hommes ^ : ces aveugles ne l'ont pas compris, et ils n'ont pas pu le comprendre : Animalishomononpotestintelligere^: « L'homme animal ne peut comprendre les choses « qui sont de l'Esprit de Dieu. « Écoutez comme il leur reproche ; « Pourquoi ne connaissez-vous « pas mon langage? parce que vous ne pouvez pas « prêter l'oreille à mon discours : » Quare loquelam meam non cognoscitis ? quia non potestis audire sermonem meum ^.

Mais peut-être , ne l'entendant pas , ils se contenteront de le mépriser. Non , mes frères , ce sont des superbes : tout ce qu'ils n'entendent pas , ils le combattent ; « tout ce qu'ils ignorent , « ils le blasphèment^. » C'est pourquoi Jésus- Christ leur dit : « Vous me voulez tuer, méchants « que vous êtes, parce que mon discours ne prend « point en vous : » Quœritis me interficere, quia sermo meus non capit in vobis^. Quelle fureur, mes frères , d'entreprendre de tuer un homme , parce qu'on n'entend pas son discours! Mais il n'y a pas sujet de s'en étonner ; il parlait des vérités de son Père à des ignorants opiniâtres : comme ils n'entendaient pas ce divin langage , car il n'y a que les humbles qui l'entendent, ils ne pouvaient qu'être étourdis de la voix de Dieu, et c'est ce qui les excitait à la résistance : plus

' Ps. II, I.

' Joan. VIII , 2».

3 Ibid. I, 18.

« I. Cor. II, 14.

* Joan. VIII, 43.

« Jud. 10.

' Joan. VIII, 37

SUR L'ÉGLISE

les vérités étaient hautes , et plus leur raison superbe était étourdie , et plus leur folle résistance était enflammée. Il ne faut donc pas trouver étrange si Jésus leur préchant, comme il dit luimême, « ce qu'il avait appris au sein de son « Père % » ils se portent à la dernière fureur, et se résolvent de le mettre à mort par un infâme supplice : Quia sermo meus non capit in vobis. Après cela , pouvez- vous douter de ce principe d'opposition, qu'une ignorance altière et présomptueuse a gravé dans le cœur des hommes contre Dieu et ses vérités ? Jésus-Christ l'a éprouvé le premier : son Église , paraissant au monde pour soutenir la môme doctrine par laquelle ce divin Maître avait scandalisé les superbes, pouvait-elle manquer d'ennemis ? Non, mes frères, il n'est pas possible , puisque la foi qu'elle professe vient étonner le monde par sa nouveauté, troubler les esprits par sa hauteur, effrayer les sens par sa sévérité ; qu'elle se prépare à souffrir. Il faut qu'elle soit en haine à tout le monde ; et vous le savez , chrétiens , c'est une chose incompréhensible, ce qu'a souffert l'Église de Dieu, durant près de quatre cents ans , sous les empereurs infidèles. Il serait infini de le raconter : concevez seulement ceci , qu'elle était tellement chargée , et de la haine publique et des imprécations de toute la terre , qu'on l'accusait hautement de tous les désordres du monde. Si la pluie manquait aux biens de la terre , si les Barbares faisaient quelques courses et ravageaient, si le Tibre se débordait , les chrétiens en étaient la cause ; et tout le monde disait qu'il n'y avait point de meilleure victime , pour apaiser la colère des dieux , que de leur immoler les chrétiens « par tout ce que la « rage et le désespoir pouvaient inventer de plus « cruel : » Per atrociora ingénia pœriarum^ Qu'aviez-vous fait. Église, pour être traitée de la sorte? J'en pourrais rapporter plusieurs causes ; mais celle-ci est la principale : elle faisait profession de la vérité, et de la vérité divine ; de là ces cris de la haine , de là ces injustes persécutions : si l'Église en a été agitée , elle n'en a pas été surprise ; elle sait bien connaître la main qui l'appuie et elle se sent à l'épreuve de toutes sortes d'attaques.

Et à ce propos, chrétiens, saint Augustin se représente que les fidèles , étonnés de voir durer si longtemps la persécution , s'adressent à l'Église leur mère et lui en demandent la cause. Il y a longtemps , ô Église ! que l'on frappe sur vos pasteurs , Gt les troupeaux sont dispersés. Dieu vous a-t-il oubliée? Si ce n'eût été qu'en passant, [nous

' Joan. vin, 38.

' Tert. de Restir. carn. n" 8.

eussions pu penser que ce n'éta.aju'une épreuve , mais après] tant de siècles [de persécution, les maux vont toujours croissant, et les scandales se multiplient]; les vents grondent, les flots se soulèvent; vous flottez deçà et delà battue des ondes et de la tempête, ne craignez- vous pas d'être abîmée ? La réponse de l'Église est dans le psaume cent vingt-huit. Mes enfants, je ne m'étonne pas de tant de traverses; j'y suis accoutumée dès mon enfance : Sœpe expugnaveruntme ajuventute mea ' : « Ces mêmes ennemis qui m'attaquent «■ m'ont déjà persécutée dès ma jeunesse. » l'Église a toujours été sur la terre; dès sa plus tendre enfance elle était représentée en Abel, et il a été tué par Gain son frère; elle a été représentée en Enoch , et il a fallu le tirer du milieu des impies : Translatifs est ab iniquis ^ , sans doute parce qu'ils ne pouva^ient souffrir son innocence ; la famille de Noé , il a fallu la délivrer du déluge ; Abraham, que n'a-t-il pas souffert des impies? son fils Isaac, d'Ismaël? Jacob, d'Ésaii? celui qui était selon la chair, p'a-t-il pas persécuté celui qui était selon l'esprit^? Moïse, Élie, les prophètes, Jésus-Christ et les apôtres, [combien n'ont-ils pas eu à souffrir?] Par conséquent, mon fils , dit l'Église , ne t'étonne pas de ces violences : Sœpe expugnaverunt me a juventute mea : numquid icleo non perveni ad seneciutem^l Regarde mon antiquité, considère mes cheveux gris ; « ces cruelles persécutions dont on « a tourmenté mon enfance, m'ont-elles empêché « de parvenir à cette vénérable vieillesse? « Si c'était la première fois , j'en serais peut-être troublée ; maintenant la longue habitude fait que mon cœur ne s'en émeut pas. Je laisse faire aux pécheurs ; « ils ont travaillé sur mon dos : « Supra dorsum meumfabricaveruntpeccatores^-^je ne tourne pas ma face contre eux , pour m'opposer à leur violence ; je ne fais que tendre le dos ; ils frappent cruellement , et je souffre sans murmurer ; c'est pourquoi ils ne donnent point de bornes à leur furie : Prolong averunt iniquitatem suani. Ma patience sert de jouet à leur injustice ; mais je ne me lasse point de souffrir, et je me souviens de celui « qui a abandonné ses joues aux soufflets , « et n'a pas détourné sa face des crachats : » Faciem meam non averti ab increpantibus et conspuentibus in me^. Quoique je semble toujours flottante, ne t'étonne pas ; la main toute-puissante qui me sert d'appui, saura bien m'empêcher d'être submergée. Que si Dieu la soutient avec tant de

' Ps. CXXVIII, I.

2 Ilebr. XI, 5.

3 Gai. IV, 2».

< In Ps. CXXVIII, n"' 2, 3, t. IV, col. 1448.

' Ps. CXXVIII , * Is. L,6.

SUR L'ÉGLISE

force contre la violence, pourrez- vous croire, messieurs, qu'il la laisse accabler par les hérésies? Non, messieurs, ne le croyez pas : c'est ma seconde partie.

SECOND POINT

La seconde tempête de l'Église, c'est la curiosité qui l'excite : curiosité , chrétiens, qui est la peste des esprits , la ruine de la piété et la nière des hérésies. Pour bien entendre cette vérité, il faut remarquer, avant toutes choses , que la sagesse divine a donné des bornes à nos connaissances; car comme cette Providence infinie, voyant que les eaux de la mer se répandraient par toute la terre et en couvriraient toute la surface, lui a prescrit un terme qu'il ne lui permet pas de passer ; ainsi , sachant que l'intempérance des esprits s'étendrait jusqu'à l'infini par une curiosité démesurée, il lui a marqué des limites auxquelles il lui ordonne d'arrêter son cours. « Tu iras , dit-il , jusque-là , et tu ne passeras pas « plus outre : >■ Vsque hue gradieris, et non procèdes amplius ; et hic confringes tumentesfiuctus tms\ C'est pourquoi TertuUieu a dit sagement « que le chrétien ne veut savoir que fort peu de « choses, parce que, poursuit ce grand homme , « les choses certaines sont en petit nombre : « Christiano paucis ad scientiam veritatis opus est; nam et certa semper in paucis^. 11 ne se veut pas égarer dans les questions infinies qui sont défendues par l'apôtre : Infinitas quœstiones devita ^ ; il se resserre humblement dans les points que Dieu a révélés à son Église , et ce qu'il n'a pas révélé , il trouve de la sûreté à ne le savoir pas; il déteste la vaine science que l'esprit humain usurpe , et il aime la docte ignorance que la loi divine prescrit : « C'est tout savoir, dit-il, que n de n'en pas savoir davantage : » Nihil ultra scire omnia scire est^.

Quiconque se tient dans ces bornes et sait régler sa foi par ce qu'il apprend de Dieu par l'Église, ne doit pas appréhender la tempête; mais la curiosité des esprits superbes ne peut souffrir cette modestie : « Ses flots s'élèvent, dit l'Écri- « ture; ils montent jusqu'aux cieux , ils descen- « dent jusqu'aux abîmes : » Exaltait suntfluctus ejus; ascendunt usque ad cœlos , et descendunt usque adabyssos^. Voilà une agitation bien violente ; c'est une vive image des esprits curieux : leurspensées vagues et agitées se poussent, comme des flots , les unes les autres ; elles s'enflent , elles s'élèvent démesurément : il n'y a rien de si élevé

i joh. xxvm,

' De Anima , n" 2.

Page 1