‹ Œuvres de Bossuet (volume 3)Chapitre 13 sur 31 · LETTRES À DES RELIGIEUSES DE DIFFÉRENTS MONASTÈRES · texte numérisé non relu

LETTRES À DES RELIGIEUSES DE DIFFÉRENTS MONASTÈRES

LETTRE PREMIÈRE. — A la supérieure et communauté de la congrégation à Coulommiers.

11 leur promet la même vigilance et la même affection qu’avoit pour elles son prédécesseur.

Dieu, en qui vous mettez votre espérance, me donnera, par vos saintes prières, la même vigilance qu’avoit feu Monseigneur de Meaux, comme j'aurai pour vous le même cœur et la même affection : c’est ce que j'espère de sa bonté, et je vous assure en même temps que je suis sincèrement en son saint amour, etc. |

À Versailles, ce 6 juin 1681.

LETTRE II. —A une supérieure de religieuses.

1 l'exhorte à être fidèle aux règlements de son prédécesseur, et à persévérer à vivre sous la conduite de M. Pastel.

J'ai reçu, ma chère Fille, votre lettre du 13, et j’entre dans vos sentiments et dans. vos raisons. J'ai lu les ordonnances de visite que vous m'avez envoyées, tant de feu Monseigneur , que de M. Pastel. J'ai été très aise de les voir, et je ne me départirai jamais de ces saints règlements, par lesquels le bon ordre et la paix rèégneront dans votre maison. Conservez ce précieux dépôt, plus encore dans vos cœurs que dans vos archives. Je vous renvoie le tout ; et je vous aurois fait réponse dès le matin,

Dr

si on m'avoit dit que votre messager l'attendoit ici. Je serai, s’il plait à Dieu, mercredi à Meaux : je ne tarderai pas à vous voir, et je déclarerai à la communauté mes sentiments conformes aux vôtres. L'unité de la conduite m'a toujours paru un des plus grands biens dans les monastères.

Je parlerai aussi à ma sœur de Sainte-Agathe : je suis bien aise du témoignage que vous me rendez de sa soumission.

Pour ce qui est de M. Pastel, vous ne auriez mieux faire, ni rien qui me soit plus agréable, que de presister toutes dans sa conduite; parce que tous les jours je Je reconnois de plus en plus très propre au gouvernement des âmes, et à élever les religieuses à la perfection de leur saint état. Je suis de tout

- mon cœur, ma chère Fille, etc.

À Germiguy, ce 15 noyembre 1682,

LETTRE I.—A madame de Beringhen, abbesse de Faremoutier.

Sur Jes préventions de’ ses religieuses contre elle; la conduite qu’elle devoit tenir avec celles qui lui étoient attachées pour ramener les autres; et sur les entrées des séculiers dans le monastère.

Je vous avoue, Madame , que je suis revenu le cœur affligé, de voir que ces préventions qu’on a mises contre vous dans les esprits avant votre arrivée, n'aient pu être dissipées. J ne faut pourtant pas perdre l'espérance de ramener les esprits; c'est ce que vous devez vous proposer pour bat. Car la supériorité ecclésiastique étant un ministère de charité, il faut tâcher de rendre lobéissance volontaire, afin que le sacrifice en soit agréable ; et se faire tout à tous, avec saint Paul !, afin de gaguer tout le monde. En attendant que cette confiance soit par faitement établie, il faut avoir une autre fin subordonnée à celle-là, qui est de faire toujours les affaires tout le mieux qu'il se pourra, sans s’'émouvoir des murmures qu'on n'aura pas pu empêcher; mais en réprimant aussi tout ce qui les peut exciter.

Le jour de mon départ je recommandois à la mère prieure, à la sous-prieure, et aux religieuses qui étoiént avec elles, de: n'insulter, ni triompher, ni faire aucun reproche amer à personne sur tout ce qui s’étoit passé. Rien n'est plus indigne d'un bon parti, qui s’unit non point par cabale, mais par l’obéissance et par la règle, que de se servir de telles mabières : il les faut laisser à celles qui s’unissent par des préventions , ou

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