‹ Œuvres de Bossuet (volume 3)Chapitre 15 sur 31 · LVI. — EXTRAITS æ différentes lettres à madame de Tanqueux · texte numérisé non relu

LVI. — EXTRAITS æ différentes lettres à madame de Tanqueux

Sur les peines du danse: la nouvelle supérieure et ses Loue commencements; la sollicitude du prélat pour la communauté, et ses sentiments î pour madame de Tanqueux.

Comme je ne doute pas que la peine de M. de Fortias nesoit venue où ne vienne jusqu'à nos Sœurs, je vous prie, Madame, de leur dire que l'humilité de ce saint prêtre a cédé à mes raisons età mes prières : aidez-moi, Madame, à l'en remercier,

À Meaux, ce 10 nuvemhre 1690,

Je me réjouis, Madame, de l'heureuse arrivée de madame de Beauvau. J'ai divers engagements qui ne me permettent pas de l’aller installer jusqu’à jeudi; mais ce sera ce jour là sans manquer, et je tâcherai d'arriver de bonne heure à la Ferté , après avoir néanmoins dîné ici.

A Germigny, ce {er juin 1691.

Je me réjouis avec vous, Madame , des heureux commencements de notre nouvelle supérieure : je ne doute point que ce ne soit Dieu qui nous l’aitadressée. Elle vous communiquera ce que je lui mande sur les communions. N

À Meaux, ce 17 juin 1691.

Je suis bien persuadé que vous serez toujours la mère de vos Filles de la Ferté-sous-Jouarre , et une bonne mère ; et je serois bien fâché que cela füt autrement. Rien ne peut altérer l'affection que j'ai pour cette communauté : j'espère y aller bientôt , et avoir l'honneur de vous y voir.

A Germigay, ce 29 septembre 1692.

M. l'abbé de Fortias me paroît assez content de la disposition de la visite: quand vous la serez, je le serai aussi. C’est toujours sur vos bontés que je compte pour ce qui touche cette commu nauté, dont j'espère toujours beaucoup , et que je favoriserai de tout mon pouvoir: je souhaite principalement d'y voir l’obéissance bien rétablie.

A Germigny, ce 8 novembre 1692.

Je suis fâché , Madame ; d’être si près de vous sans avoir Ja consolation de vous aller voir et la chère communauté; les affaires de decà m'en empêchent : pour vous, j'espère vous voir à Paris. Il faut que vous m'appreniez Fétat où vous laisserez la communauté , et le profit qu’on y fait de la supérieure que vous lui avez procurée : il faudra aussi me dire comment elle Sy prend dans le gouvernement , s’il y a à l’avertir de quelque chose, et commént. Aù fond , tout roule sur vous et sur la confiance que j'ai à votre prudence et à votre bonté maternelle pour la maison, J'écris à madame de Beauvau que s'il y a quelque chose à me dire de plus pressé, elle m'envoie quelqu'ane des Sœurs ayec ma sœur Cornuau que je mande 1ci. Je suis à VOUS , Madame, comme vous savez et avec Fe lestime possible,

A Jouarre,-mardi matin, 11 1 L

LETTRE LVII.—A madame d’Epernon, prieure des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, à Paris.

Sur la mort et les vertus de la mère de Bellefonds, ancienne prieure de ce monastère.

Nous ne la verrons done plus cette chère mère ; nous n’entendrons plus de sa bouche ces paroles que la charité, que la - douceur, que la foi, que la prudence dictoïent toutes , et rendoient si dignes d’être écoutées ! C'étoit cette personne sensée qui croyoit à la loi de Dieu ; et à qui la loi étoit fidèle : la prudence étoit sa compagne, et la sagesse étoit sa sœur; la joie du Saint-Esprit ne la quittoit pas; sa balance étoit toujours juste el ses jugements toujours droits. On ne s’égaroit point en suivant ses conseils; ils étoient précédés par ses exemples. Sa mort a été (ranquille, comme sa vie, et elle s’est réjouie au dernier jour. Je vous rends grâces du souvenir que vous avez eu de moi en cette triste occasion. J'assiste avec vous en esprit aux prières et aux sacrifices qui se feront pour cette âme bénie de Dieu et des hommes. Je me joins aux pieuses larmes que vous versez sur son tombeau , et je prends part aux consolations que Ja foi vous inspire.

Sur la fin de septembre 1691.

LETTRE LVIIT.—A madame de Beringhen.

Sur l'établissement du chant dans le service divin.

J'avoue, Madame, que j'aurai beaucoup de joie de toutes les mesures que vous pourrez prendre pour rétabhr à Faremoutier la beauté du chant, qui est la seule chose qui manque au ser vice , tout plein d’ailleurs de piété.

À Meaux, ce 9 décembre 1691.

LETTRE LIX.— A une communauté de religieuses.

Sur la communion.

Mes Filles , j'ai invité M. votre confesseur à venir'ici, par le desir que j'avois de conférer avec lui du progrès spirituel de la communauté. Le compte qu’il m’en à rendu me donne beau— coup de sujets de louer Dieu ; et il me paroît qu’à l'extérieur il n'ya plus rien à desirer, sinon que toutes se rendent à l’ordre

commup ; ce qui est même déjà accompli dans la plupart. Je vois quelques difficultés sur la communion : mais d’abord il n’y a nul doute que les prêtres étant par leur caractère les dispensateurs des sacrements , le confesseur, qui est le prêtre de la maison, ne puisse ordonner la communion ou la suspendre. Lequel des deux qu’il ait fait , une religieuse qui s'adresse à la mère le lui doit auparavant déclarer; et comme elle ne la peut accorder au préjudice de la défense du confesseur , elle ne la peut refuser au préjudice de son commandement , si ce n’est qu’il fût arrivé depuis la confession quelque chose qui y obligeât, ou que le cas qui donneroit lieu au refus de la supérieure fût si grief , qu'elle eût sujet de présumer que la religieuse ne l’auroit pas exposé au confesseur. En ce cas, elle devra lui en parler et céder à son autorité, se réservant d'avertir les supérieurs majeurs , si la chose étoit d’une assez grande importance pour cela. Il faut grièvement châtier une religieuse qui s’adresseroit à la mère , sans lui dire l’ordre qu’elle auroit reçu du confesseur ; ou'au cofesseur , sans lui dire celui qu’elle pourroit avoir reçu de la mère. Il en doit être de même pour les novices à l’égard de leur maîtresse ; et je me suis expliqué avec M. le confesseur de ce qu'il peut y avoir ici de particulier à observer : c’est qu’on doit leur accorder peu de communions extraordinaires, et que leur maîtresse étant appliquée à les observer de plus près, le confesseur doit avoir plus d’égard aux ordres qu’elle donnera, et ne les contrarier jamais ; mais toujours inspirer à la novice l'humilité et l’obéissance envers sa maîtresse, sauf à remontrer secrètement à la maîtresse elle-même ce qu’il trouvera convenable ; auquel cas la maîtresse doit céder.

Au surplus, iln’y a nul doute que le confesseur ne puisse ordonner des communions extraordinaires, non point tant à mon avis par pénitence , ce qui me paroît peu convenable à la pe fection d’un sacrement si desirable ; mais par des raisons particulières du bien spirituel des âmes , dont le confesseur est le juge. Pour la communion journalière , il est vrai que c’est l’objet des vœux de l'Eglise dans le concile de Trente, et un des” fruits de la demande que nous faisons dans l’oraison dominicale, en demandant notre pain de tous les jours : mais en même temps il est certain que ce n’est pas une grâce qu’il faille rendre commune dans l’état où sont les choses, même dans les communautés les plus réglées; etil n’en faut venir là qu'après de longues précautions et préparations , et lorsque on voit que la chose tourne si manifestement à l’édification commune , qu'il y a sujet de croire que Dieu en sera loué. Comme 1l faut être

sobre sur ce point, il faut d’autre part combattre celles qui mettent la perfection à se priver de la communion d’elles-mémes , ou à chercher des directeurs qui les en privent sans des raisons suffisantes ; puisque au contraire il est certain que c’est un des plus grands sujets de gémissement qu'une âme chrétienne puisse avoir. , et que se priver de la communion sans en même temps se mettre en peine de se rendre digne d’une communion fréquente, c’est une illusion grossière , comme je vous et 1 dit souvent.

Voilà les maximés de M. votre confesseur comme les miennes, J'asi on en à pensé autre chose , on ne l’aura pas entendu. Je suis obligé de vous dire aussi que lui ayant fait expliquer ses

Médtiments sur les dispositions nécessaires au sacrement de pénitence , et en particulier sur les péchés d'habitude et les oceasions prochaines , je l'ai troûvé dans les sentiments communs et droits que j'ai établis dans mon catéchisme; de quoi:il a fallu

" A avertir , parce qu’on n’ayoit pas bien entendu ses senti-

ments sur Fe sujet là. | /

Il reste éncore à vous dire que loin.de croire que les contraventions aux règles et constitutions ne puissent pas être matière de confession , il est d'avis au contraire avec tous les docteurs qu'elles le sont ordinairement à raison du scandale , ou du mépris , où de la négligence tendante au mépris, qui les accompagne : ainsi tous les obstacles qu'on pouvoit trouver au profit que vous tirerez de sa capacité et de ses instructions étant levés, il reste que vous jouissiez des lumières que Dieu lui donne, et du zèle qu'il lui inspire pour.votre perfection.

Je prie notre Seigneur qu'il soitavec vous.

À Meaux, ce 29 mars 1592,

# LETTRE LX.— A madame de Beringhen.

Sur la mort de son père. Ÿs

er n'y a, Madame, que les saints jours qui m’empêchent d'aller mêler mes douleurs avec les vôtres , et offrir à Dieu vos larmes. Toute la France regrette M. votre père , et on ne se lasse non plus de louer sa belle vie et sa belle mort , que lui à faire paroitre dans une carrière si glorieuse tout ce: qu’on pouvoit attendre de rares vertus d’une sagesse aussi consommée que la sienne. J'ai des raisons particulières de le regretter, par les extrêmes bontés dont il m'a toujours honoré : vousle savez, Madame ; et vous savez que quand je ne le regretterois pas au

dernier point, je serois touché de sa perte jusqu’au vif pour l'amour de vous.

À Meaux, ce 2 avril 1692.

LETTRE LXI.—A madame d'Arminvilliers, religieuse à Faremoutier, et sœur de l’abbesse,

Sur le même sujet.

Dieu vous donne une terrible occasion, Madame, de lui offrir durant ces saints jours un grand et douloureux sacrifice, Je le prie qu'il vous soutienne de ses grâces , et de faire que la profonde blessure d'un cœur aussi tendre que le vôtre, vous donne Ja part que vous souhaitez de prendre à Ja croix et aux plaies de Jésus-Christ. Je ressens, Madame, votre juste affliction, ete conserverai une éternelle vénération pour un homme qui a terminé la plus belle vie et la vieillesse la plus révérée qui fût mais, par la mort la plus chrétienne et la plus sainte.

A Meaux, ce 2 avril 1892.

LETTRE LXII.—A madame de Beringhen.

Sur les qualités d’un bon confesseur, et quelques livres de l'abbé de la Srappe.

Je me sers, Madame, de la commodité de M. le Chantre et de M. Baubé, pour vous remercier de toute votre amitié, et vous renvoyer la lettre de madame des Clairéts. Vous m'avez fait grand plaisir de m'en faire part. Que nous serions heureux, si nous pouvions trouver cet unique confesseur qui sût prendre l’ascendant qu'il faut sur les esprits pour les porter à la perfection chrétienne ! Elle a raison d'admirer le dernier livre de M. l’abbé de Ha Trappe, et de dire que le vrai moine, c'est à dire le parfait chrétien, y est caractérisé d’une manière in go Mg ble. Si jamais elle vous envoie les exhortations dont elle vous parle, je vous aurai une extrême obligation de me les communiquer. :

Je serai ravi d'apprendre de vos nouvelles par ces messieurs, et rien ne me peut Jamais être plus agréable. Je voudrois bien pouvoir imiter M. de la Trappe, et vous aider à sanctifier de plus en plus la sainte maison de Faremeutier, Je salue de tout mon cœur madame votre sœur.

A Meaux, ce 7 mai 1692,

Bossuet ,t, xxvrr, 28

LETTRE LXII.— À la sœur André.

I] lui parle des raisons qui pouvoient permettre de la dispenser de ses vœux; et lui donne des avis pour sa conduite.

Les dispenses que vous demandez, ma Fille, n’ont aucune difficulté ; parce que tous vos vœux, à la réserve de celui de la chasteté perpétuelle, dont aussi vous ne voulez point être déchargée, sont absolument remis à ma discrétion, et ont eu leur rapport à l’état où vous étiez dans notre maison. Ainsi monseigneur de Troyes peut vous dispenser ou faire dispenser de tous ces vœux , sans les commuer en quoi que ce soit; et cette lettre vous donne tout pouvoir de vous en faire relever par qui il voudra. Le vœu d’obéissance que vous m'avez fait ne peut pas plus subsister que les autres, parce qu'il étoit relatif à votre stabilité dans la maison, qui n’a été que conditionnelle ; et je n'aurois accepté aucun de ces vœux, sans la réserve que je me faisois de vous en dispenser toutes fois et quantes que je le trouverois à propos. Le vœu de pauvreté , le vœu de renoncement à toute liaison avec vos parents, avoit le même rapport et la même condition , aussi bien que celui d'obéissance aux supérieurs et supérieures, et aux règlements et constitutions de là maison. Si la divine Providence permet que vous retourniez dans ce diocèse, et qu’il soit utile que vous rentriez dans l'obéissance que vous m'avez vouée, pour vous déterminer davantage à la perfection de la vocation où vous étiez, nous pourrons faire alors ce qui sera le plus agréable à Dieu.

Demeurez donc, ma Fille, entièrement libre : aimez le silence et la retraite : ne vous attachez à aucune créature, et qu'aucune créature ne s'attache à vous : vivez dans un esprit d'humilité et de pauvreté. Ne faites jamais de vœu que de la manière de ceux que j'ai reçus, dont il ne puisse vous rester aucun scrupule; car il faut éviter ces angoisses intérieures qui empêchent qu'on

e dilate son eœur par la confiance envers Dieu. N'oubliez pas l'oraison, et faites-la sans trop vous gêner. Il y a tout sujet de croire que la vie contrainte d'une communauté ne convient pas à votre santé. Souvenez-vous de moi dans vos prières, et croyez que je vous offrirai de bon cœur à Dieu. Je salue de tout mon cœur M. André : vous êtes heureuse de l'avoir trouvé. Tout à vous, ma Fille, en la charité de notre Seigneur.

À Meaux, ce 27 mai 1692.

LETTRE LXIV.— A une religieuse.

Sur son caractère de hauteur; la manière dont elle s’éloit exprimée sur une Sœur, et la dispense d’un point de la règle.

J'ai retrouvé ; ma Fille, parmi mes papiers, votre lettre du 22 juillet, que je craignois d’avoir laissée à Paris : elle étoit dans un portefeuille que je n’avois pas encore bien visité. Quand il me vienda quelque chose sur l'endroit de saint Matthieu que vous me marquez, je vous en ferai part avec joie. Vous faites bien de le choisir pour votre directeur ; vous avez en effet bien besoin de cette douceur et de cette humilité de Jésus-Christ, Vous ne sauriez vous trop dompter sur cela : vous faites bien de le faire principalement à l'égard de la personne dont je vous ai parlé et de ses nièces, et je suis bien aise de ce qe vous me mandez là dessus, J'ai toujours un peu sur le cœur ce que vous me dites sur celle que vous avez appelée d’un nom expressé= ment défendu par Evangile : vous ne m'en paroissez pas assez touchée. Plus les personnes sont infirmes. Plus on est obligé de les ménager. Je ne vous dis pas ceci pour vous donner du scrupule du passé, sur quoi vous m'avez dit que vous aviez fait votre devoir ; encore moins pour vous obliger à me dire des raisons, car cela ne sert de rien; mais pour vous rendre plus attentive sur vous-même et sur vos paroles : ce que je fais de moi-même, sans que personne m'ait parlé de vous, et par le soin particulier que votre confiance m’oblige à prendre de votre âme.

J'ai déjà répondu que je voulois bien dispenser ces deux religieuses .de la discipline, supposé que leur confesseur jugeât qu'elle pât leur nuire en l’état où elles sont; mais que je ne pouvois entrer dans ce détail, encore moins changer, pour des cas ou sentiments de particulières, ce qui est établi par une coutume universelle. Vous leur pouvez lire cet article, et leur en laisser prendre un extrait si elles veulent.

Domptez-vous, n'écoutez aucune excuse qui flatte votre hau= teur; aplanissez les voies, si vous voulez que le Seigneur vienne à vous. Je le prie d’être avec vous à jamais,

À Germiguy, ce 10 août 1692.

. LETTRE LXV,— À madame de Beringhen.

Sur des prières publiques où l’on devoit porter Ja châsse de saint Fiacre,

Nous devons, Madame, commencer samedi des prières pu-

bliques où l’on descendra la châsse de saint Fiacre, pour Ja porter en procession générale dimanche après vêpres. On fera une octave solennelle : tous les jours on viendra en procession à la cathédrale. Je voudrois bien faire quelque chose d’approchant pour sainte Fare, et faire moi-même l'ouverture de la cérémonie : mais avant que de rien déclarer, je vous prie, Madame, de me mander ce qui aura pu être fait en cas pareils, et ce que vous croyez qu'on pourra faire avec les communautés et paroisses du voisinage. J’attends cela de votre piété, et suis, Madame, comme vous savez, très parfaitement à vous.

Il faudra laisser passer la dévotion de la cathédrale; après cela nous prendrons le temps qui sera plus convenable aux uns et aux autres.

À Meaux, ce 29 mai 1693.

- LXVI.—EXTRAITS de plusieurs lettres à madame de Tanqueux.

Sur l'union projetée de la communauté des Filles charitables de la Ferté, avec celles de madame de Miramion.

J'apprends, Madame, en arrivant ici, que vous êtes à la Ferté, et que madame de Miramion doit venir bientôt. J'espère que vous me donnerez part de son arrivée, et me marquerez ce qu’elle et vous souhaiterez que je fasse pour l'affaire de l'union, à laquelle je concourrai de tout mon pouvoir. Je me rendrai à la Ferté quand vous le jugerez nécessaire , et je vous prie d’inviter madame de Miramion de passer à Germignyÿ-auparavant, pour disposer toutes choses.

Ma sœur Cornuau vous aura mandé, selon l’ordre qu’elle en avoit de moi, la permission que je lui ai donnée de faire une retraite à Jouarre. L'exemple de ma sœur Crespoil lui a inspiré cette pensée, à laquelle je n'ai pas cru devoir m’opposer. Du reste, vous êtes maîtresse de la mander quand il vous plaira : elle vous rendra , comme elle doit, toute obéissance.

A Meaux, ce 27 juin 1693.

Vous aurez su, Madame, de madame de Miramion , qu’elle a été ici ce matin en allant à la Ferté-sous-Jouarre. Je ne vous répèterai pas ce que nous nous sommes dit l’un à l’autre, puisque vous le-saurez d'elle, et je vous dirai seulement que j'ai été fort content de ses projets. Elle ne paroît pas disposée à conclure d’abord ; mais seulement après que nos chères Filles auront passé quelques mois l’une après l’autre à sa commu-

nauté de Paris. Exhortez-les à se conformer à ses intentions. Je ne vous dis rien de ma sœur Cornuau. Prescrivez-lui ce qu’elle aura à faire; elle vous obéira.

J'ai reçu une lettre de mademoiselle de Croze, qui se plaint que nous entrions dans une nouvelle union, au préjudice de celle que nous avions faite avec elle. Je me souviens de quelque chose, mais non pas de tout : ainsi je n’ai point encore fait de réponse. Il me semble que cette union n’a été suivie d'aucun effet. J'approuveräi ce que vous ferez avec madame de Miramion; et si vous jugez nécessaire que je fasse un tour à la Ferté avant qu’elle en parte, je le ferai: mais je trouve qu'il sera meilleur que vous arrêtiez ensemble toutes choses.

Voici apparemment le moment d'accomplir l'œuvre que Dieu a commencé par vous. Donnez-vous à lui, afin qu'il vous inspire ce qui sera le plus avantageux à sa gloire.

A Germigny, ce 5 août 1693.

J'apprends, Madame, avec déplaisir, que madame de Beauvau, qui m'avoit comme promis qu'elle ne quitteroit la maison que pour Ja remettre entre les mains de madame de Miramion, n'avoit pu exécuter ce projet, et que ses affaires J’avoient obligée de venir à Paris. J’ai peur que son départ ne cause quelque dérangement parmi nos Filles. Je vous prie de me mander ce que vous croyez qu'il y ait à faire ; à quoi je ne puis aussi bien pourvoir qu'étant instruit de l’état où l’on en est avec madame de Miramion. Pressez-la , Madame , si elle ne peut aller selon son premier dessein, d'envoyer quelque personne de confiance. Je vous prie, Madame, de dire à M. Ledieu ce qui regarde ces affaires, afin qu'il vienne ici m'en rendre compte. Je suis, comme vous savez, avec toute la confiance possible, etc.

A Versailles, mardi soir.

LETTRE LXVIIL.— Aux sœurs de la communauté de Sainte-Anne, à la Ferté-sous-Jouarre.

Sur l'union de cette communauté à la congrégation établie par madame de Miramion.

Mes Filles, je me réjouis avec vous de la charité que madame de Miramion va témoigner à votre communauté, en la visitant elle-même, et en disposant les choses à cette union tant desirée. Je la crois très nécessaire pour soutenir l'œuvre que Dieu

a commencée en vous : tout se fera parfaitement bien, et avec

une commune satisfaction. Faites de votre côté, mes Filles, ce qu'il faudra pour cela, et conformez-vous aux bons senti ments de madame de Tanqueux. Je prie notre Seigneur qu'il soit avec vous,

À Germigny, ce 5 août 1693,

LETTRE LXVIIT.—A madame de Reringhen.

Sur le refus qu’il avoit fait de permettre à madame la duchesse de Choiseul Pentrée de son monastère.

Vous voulez bien , Madame, que j'aie l'honneur de vous dire que madame la duchesse de Choiseul ayant souhaité une per— mission d'entrer chez vous, je n'ai pas trouvé à propos de l’ac- . corder. Je vous dirai entre nous que madame de la Vallière, la carmélite, m'a prié d'en user ainsi ; et vous pouvez, Madame, après cela, mettre tout sur moi. Je dispose mes affaires à vous aller voir le plus tôt qu'il sera possible , et je sens que je me le promets comme quelque chose de bon, depuis bien du temps.

À Germigny, ce 29 septembre 1693.

LETTRE LXIX.— A une religieuse,

Sur la nécessité de travailler à amortir ses vivacités ; un vœu qu’elle vouloit faire, et la douceur et l'humilité envers ses Sœurs.

Je loue, ma Fille, le desir que vous avez de vous vaincre à quelque prix que ce soit. Vous n'êtes pas de caractère à être chef de parti: mais comme vos vivacités y donnent lieu , il faut les amortir jusqu'à la dernière étincelle,

J'approuve fort le desir de faire en tout la volonté de Dieu : mais le vœu pourroit causer beaucoup d’embarras. Vous ferez bien d’aller au confesseur, je lui donnerai les ordres qu'il faut : mais comme votre obéissance ne doit pas dépendre de ses dispositions, souffrez tout pour vous conformer à l’ordre commun ; prévenez ces personnes en toute douceur et humilité, et tâchez de les gagner, quoi qu’il vous en coûte. Ne dites jamais : J'ai fait ce que j'ai pu; car c'est chercher sa propre justification ; mais : Je ferai ce que je pourrai et tout ce que je croirai utile pour ramener les esprits à la paix. Ne songez à vous justifier qu'aux yeux de Dieu qui voit le fond des cœurs, et qui vous jusera selon les règles de l'Evangile que je vous ai expliquées. Je prie Dieu, ma Fille, qu’il soit avec vous.

A Coulommiers, ce 20 novembre 1693.

LETTRE LXX. — À madame de Beringhen.

Sur le caractère des grands couvents, et sur l’opposition de quelques religieuses à son ordonnance, concernant l'entrée des séculières dans le monastère.

Si vos malades savent profiter, Madame, du remède que je leur ai présenté, leur santé est indubitable. Il est à souhaiter qu'elles aient vivement senti la piqüre, et que l’orgueil crève et s’exhale par là : mais je ne les crois pas assez heureuses pour cela. N'oubliez rien cependant pouriles ramener : mais je pense qu'il leur sera bon d’être un peu laissées à elles-mêmes, pour leur donner le loisir de revenir de leur propre mouvement : après tout, il en faudra venir à leur faire garder l'ordonnance. Leur erreur et celle des autres sur les grands couvents est pitoyable : le caractère des grands couvents est d'être fermes dans les observances, par un esprit ancien qui s’y soutient par l'antiquité même, et auquel on est porté à revenir. Je vous renvoie l'ordonnance avec les petites additions que vous avez souhaitées : vous n’avez qu’à renvoyer à moi pour les dispenses; je ne crois pas qu’on ose m’en demander.

Vous pouvez faire entrer madame de Roquepine et madame de Maupertuis à l'ordinaire : ellesentreront aisément dans l’esprit de l’ordonnance; et il importe qu’on voie que vous y veillez,

‘pour ôter tout prétexte à celles qui en cherchent. Chargez-moi de tout ce que vous voudrez, je suis fait pour tout porter.

M. Fouquet, par humilité, a eu un peu de peine à se rendre : il a cédé par obéissance , et je lui ai fait regarder votre nomination comme un ouvrage du Saint-Esprit : c’est un très saint prêtre. |

Je garderai quelques jours votre ordonnance : je vous verrai assurément, s’il plaît à Dieu, quand j'irai à Creci. Ma Sœur vous assure de ses respects : vous êtes présentement sa seule abbesse, après la perte qu’elle vient de faire de madame de Notre-Dame de Soissons.

A Meaux, ce 1er décembre 1693.

P. S. Je crois qu’on se moque avec la distinction des collations ; et pour donner l'exemple, dès à présent je me prive du café.

LETTRE LXXI.—A la méme.

Sur des religieuses rebelles à ses ordonnances : il exhorte l’abbesse- à prendre les moyens de les faire rentrer dans leur devoir.

Je crois, Madame, comme vous, que dans l’occasion de la maladie vous ne pouvez refuser la demeure au dedans à madame de Ja Vallière ni à madame de Choiseul. Je souhaite à vos malades de meilleurs conseils, ce seroit la guérison de leur vrai mal: lhumiliation leur est bonne ; si elles pouvoïent revenir de bonne foi, il leur faudroit l'huile et le baume.

M. Dubois ne vous fait-il point de réponse? Les plaintes volent assurément beaucoup contre moi; mais il étoit nécessaire de marquer à la communauté que les rebelles ne sont soutenues par aucun endroit. C’est, Madame, M. Morin le médecin qui m'a rendu votre lettre ; et il me fait souvenir qu'une des choses par où vous pouvez le plus gagner votre communauté, c'est en leur donnant le secours d’un médecin dans les maladies. Elles trouvent M. Morin fort éloigné : si Saint-Victor n'étoit pas un peu ami du vin, il seroit bon de l'appeler quelquefois : on dit pourtant qu'il se corrige, et il m'a paru fort sobre à Coulommiers, pendant que j'y ai été.

À Meaux, ce 2 décembre 1693.

LETTRE LXXII.—A Ja même.

Sur différentes affaires concernant l'abbaye de Faremoutier.

Je ne croyois rien de plus certain, Madame, que mon voyage à Faremoutier, et je me faisois même un honneur de vous mener votre visiteur : il n'y à pas eu moyen, quoique j'aie été à Creci; et les affaires, plutôt que le mauvais temps, m'ont rappelé ici.

Je suis bien aise qu’on entre en raison sur le sujet de madame de Saint-Louis, Je n'ai jamais douté de M. Dubois : quant à moi, vous jugez bien que je n’étois pas en peine de ce qui me touche. Vous avez parlé dignement à madame Saint-Bernard : mesdames de Luynes ont fait ce qu’elles pouvoient pour l’apaiser, et plus même que je n’eusse voulu. Quand on m'a entretenu de cette affaire à Jouarre, j'ai répondu en trois mots que les choses en étoient venues à un point,que c’eût été autoriser la désobéissance, que de la dissimuler dans une visite, qui arrivoit dans ce temps à même.

M. Fouquet, dont ou se plaint sans le connoître, est assurément un des plus saints prêtres, des plus sages et des plus modérés qu'on puisse voir. Vous pouvez, Madame, essayer pour la confession , de ce prêtre dont vous me parlez.

Madame dela Vallière, la carmélite, me mande que madame la marquise de la Vallière pourra bien aller voir mademoiselle sa fille, qu’elle me fait encore fort malade : en tout cas vous ne pouvez lui refuser l'entrée. |

Je ne doute point, Madame, que cherchant Dieu et la pureté de Ja règle, comme vous faites, vous ne receviez de grands secours : je me joindrai de tout mon cœur à vous pour les demander. S

Je tarderai le moins que je pourrai à vous aller voir. > Ce 23 décembre 1693. ,

LETTRE LXXIIT.— A la même. …

Sur l'entrée dans le monastère aux vêtures et professions, et l'esprit de raillerie.

Je vous plains, Madame, d’avoir à essuyer l'embarras que vous causera mademoiselle de la Vallière, si elle contraint madame la princesse de Conti à en venir à la violence, Elle y est entièrement résolue ; et si cette demoiselle ne se laisse vaincre à la raison, il en faudra nécessairement venir à la force. Ce sera un grand point à délibérer entre nous, savoir s'il faudra permettre les entrées des pères et mères ou autres proches parents aux vêtures et professions. En attendant que nous nous soyons bien résolus sur ce point, vous pourrez recevoir à cette occasion qui il vous plaira.

J'espère vous voir- dans les premières semaines du carême. Je prie Dieu sans cesse qu'il vous comble de ses grâces : elles vous sont bien nécessaires pour détruire cet esprit de raillerie que madame Saint-Bernard exeite dans votre maison : c’est le pire de tous les esprits, et il faudra plus que toutes choses chercher les moyens de le déraciner.

LETTRE LXXIV.—A la même.

Sur la sortie de madame de la Vieuville, et la vertu de l'abbesse.

Enfin, Madame, ce sera moi qui frapperai le dernier coup, et qui vous arracherai madame de la Vieuville : ma consolation est qu’elle fait la volonté de Dieu qu’elle a cherchée. J'espère

que sa retraite, loin de nuire à votre maison, y donnera peutêtre des vues plus approchantes des vôtres; et si ce n’est d’abord, ce sera, s’il plaît à Dieu, avec le temps. Je ne puis cependant assez louer, ni votre bon cœur, ni la soumission que vous avez aux ordres de Dieu : votre vertu et votre modération sont en cela d’un grand exemple.

J'irai vers la Pentecôte prendre part à votre douleur, et vous consoler. Nous ferons, si vous l’avez agréable, les cérémonies du baptême de mademoiselle votre nièce le mardi ou le mercredi, et je serai avec vous tout le temps que je pourrai. Si le jour de la Trinité étoit plus commode, j'arrangerois mes affaires pour cela; et je m’avise que ce seroit ce qui me contraindroit le moins, à cause de l'ordination. Je ne vous parle point de mademoiselle de Pons, que madame de Notre-Dame. a retenue.

+ À Germigny, ce 5 mai 1694.

LETTRE LXXV.—A Ja même.

Sur le dessein qu’il avoit de rendre son séjour à Faremoutier profitable au public.

Comme je serai, s’il plaît à Dieu, à Faremoutier le samedi de la Trinité, pour y faire en ce saint jour les cérémonies du baptême de mademoiselle votre nièce , il sera, Madame, agréable à Dieu et aux hommes que le public profite de mon séjour, et que nous fassions, si vous l’avez agréable, la descente de la châsse. de sainte Fare, avec une procession solennelle. Je ne manquerai pas d'envoyerles mandementsnécessaire pour cela ; et comme il faudra quelque temps pour disposer les choses, je vous prie de trouver bon que je suppose votre agrément.

J'ai nouvelle de l'arrivée de madame de la Vieuville à la Trappe. Mademoiselle de Pons partit hier pour aller aux Clairets, dans un équipage que lui donne madame sa mère.

À Paris, ce 26 mai 1694.

LETTRE LXXVI.— A Ja même,

Sur les ne | à prendre pour débarrasser la maison d’une religieuse qui D avoit un très mauvais esprit,

Jai, Madame, entretenu M. de Louville, et il me paroît que tout se dispose à consentir à la retraite, pour un temps, de madame de Saint-Bernard. On la propose pour deux ans : ilfaut

l’accepter pour cela; parce qu'après nous ne manquerons pas de raisons pour proroger l’obédience. Je lui dis qu’elle comptoit sur deux cents livres de pension de sa famille, et qu’il faudroit tâcher de porter le monastère à faire le reste. Il répliqua que c’étoit bien peu, de ne faire à Faremoutier que cent livres pour une fille qui avoit porté huit mille livres. Je ne poussai pas plus avant, Afin de vous tout dire en une fois, elle propose le monastère de Mondenis , où est mademoiselle Nisard, en s’expliquant bien fortement que ce n’est pas pour l'amour d’elle, mais per la facilité qu’elle a trouvée du côté de madame de Richelieu. Régulièrement il faudroit un monastère de même observance : mais comme on seroit longtemps à en chercher, je ne.m'éloignerois pas de celui-là : je le puis permettre à cause des infirmités de madame de Saint-Bernard, ne s'agissant de le faire que pour un temps. Notre véritable motif, qui est de nous défaire au … plus tôt d’un esprit très dangereux, est trèslégitime. Je n'ai pour- + tant voulu m'engager à rien sans savoir votre sentiment : ainsi Je ne m'explique de rien qu’en général dans la lettre que j'écris à madame de Saint-Bernard. Vous lui pourrez dire ce que vous voudrez sur ce que j'ai l'honneur de Écrire, Je pourrai recevoir de vos nouvelles à Meaux, où je serai lundi, s’il plaît à Dieu, pour diner.

A Versailles, ce 30 juillet 1694. Eee ”

LETTRE LXXVII.—A madame de la Vieuville, religieuse de Faremoutier

Sur mademoiselle de Pons ; le père Touront ; et les grâces que Dieu accordoit 2 : , e EN à la conduite de l’abbesse.

Je vous suis, Madame, très obligé de la bonté que vous avez de me donner de vos nouvelles et de celles de mademoiselle de Pons. Vous verrez par la lettre ci jointe, que je vous prie de lui rendre, que j’assisterai en esprit au commencement de son CES À crifice. On ne peut assez louer sa circonspection à considérer ce qu'elle alloit faire; ni sa fidélité à l’exécuter, quand elle a vu par une première épreuve les marques de l'appel de Dieu. Le père L 2 Touront est un digne prédicateur, et je n’ai qu'à meréjouinqu'il » soit échu en partage à cette chère cousine, pour lui annoncer les voies de Dieu. I n’y a qu'à louer Dieu en toutes manières des grâces qu'il donne à la conduite de votre sain abbesse. Madame d’Ablois paroît toujours si déterminée à vous suivre, que je ne pense plus à la retenir, et que jé commence à trouy son épreuve suffisante. Je prie Dieu, Madame, qui bénisse vos intentions et les siennes, et je vous prie de vous assurer pour

tout le reste de mes jours d’une entière fidélité à me souvenir de vous devant Dieu.

À Germigny, ce 27 octobre 1694.

LETFRE LXXVIIL.— A madame de Beringhen.

Sur les intentions de la reine d'Angleterre à l'égard d’une demoiselle qui étoit à Faremoutier, et la peine qu’il avoit au sujet du confesseur d’une

déhigiense.

r ai, Madame , fait connoître vos sentiments, qui sont aussi les miens, à la reine d'Angleterre, qui vous demande encore un mois tout au plus pour prendre le temps de se dégager en quel: que manière que ce soit de la demoiselle.

Si madame de Saint-Bernard vouloit sérieusement se donner

æ à Dieu, elle choisiroit un confesseur plus vigoureux qu’un vieil-

lard de cent ans, qui n’a pas assez de fermeté pour conduire sa

famille, et réprimer les brutaux emportements d’un neveu qu'il

a fait curé. Le curé de Dammartin nous accommoderoit mieux;

ou enfin quelqu'un ûtun peu prendre d'autorité, et lui faire connoître le ma *esprit railleur qui la possède.

Vous savez, Madame, combien je suis à vous.

À Paris, ce 15 janvier 1695.

7 S. Depuis tout ceci écrit, j'ai cru qu'il seroit bon d'écrire … ce que vous verrez à madame ‘de Saint-Bernard.

Ls = LETTRE LXXIX.—A Ja même,

Sur un confesseur qu'il refuse à une religieuse, le jugeant incapable,

Je vous avoue, Madame, que j'ai beaucoup de peine à re-

+ mettre la conscience de madime de Saint-Bernard à ce vieilare etc estparce que je ne puis me déterminer à cela que j'ai

nt tardé à faire réponse. Où va-t-on chercher ce bon homme

r lui faire une confession générale? Je ne puis, Madame, y ; etje vous prie qu'on me demande tout autre confesseur. Je ns ‘ai pu encore voir la reine d'Angleterre : ce sera avant mon ra et je la déterminerai absolument à à vous défaire de

“cette fi Madame d'Ablois n’a rien à demander à son abbesse, si ce m'est quand elle accomplira son grand os Je salue 1

LETTRE LXXX.- À la même.

Sur le même sujet.

Je vous prie encore, Madame, de faire tout votre possible pour faire choisir un autre confesseur à madame de Saint-Ber— nard. I n'y à qu’un seul cas qui puisse meltre ma conscience en repos sur cela; c'est, Madame, si l’on ne pouvoit absolument en venir à bout : auquel cas il vaudroit mieux se confesser à ce bon homme, que ne se confesser point du tout; et je vous envoie une permission dont je vous prie de n’user qu’en cas que vous ne puissiez faire autrement; car en vérité il nous faut une autre tête que celle-là. à:

À Versailles, ce 2 mars 1695. :

LETTRE LXXXI.—A la même. : #>

Sur les prétendues prérogatives des septièmes garçons.

Vous voulez bien, Madame, que j'aie l'honneur de vous dire que je ne me suis jamais mêlé de ces mes garçons, que pour -les empêcher de tromper le monde, en exerçant leur prétendue prérogative qui n’a aucun fondement. Le Roi ne touche plus de ces sortes de gens que dans le cas qu'il sub % autres, c’est à dire dans le cas des écrouelles. Ainsi tournez, Madame, la charité que vous avez pour ce jeune homme, qu paroît un fort bon enfant, au soin de le consoler, et de le rendre capable de renoncer à une prétention qui n’est que supersti= tion. ;

Je n’ai aucune réponse de ma sœur de Saint-Bernard sur la lettre où je lui représentois fort sincèrement et fort charitablement, et je puis diré paternellement, ses besoins. Voici pi # tant les jours salutaires et les temps de propitiation. +

A Meaux, ce 27 mars 1695,

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