‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 108 sur 245 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

la moitié, le temps où les Gentils se persuadèrent que le christianisme étoit éteint, n'arrive qu'à la moitié de la semaine de jours; et ni dans l’un ni dans l’autre cas, on ne vient point à un temps complet, ni au but que les persécuteurs avoiént espéré, comme il a été dit y. 3.

40. Les habitants de la terre se réjouiront : en faisant entre eux des fêtes, comme il est porté dans le texte, et des festins, des réjouissances. Ces inscriptions qu’on vient de voir, ne permettent pas de douter que l'extinction du christianisme, dont les Gentils se vantoient, ne fût un sujet de joie et de triomphe dans tout l'univers.

Et s’enverront des présents : ce signe de conjouissance mutuelle est marqué parmi les fêtes et les festins, Esth. 1x, 18, 49, 22. Parce que les deux prophètes les tourmentoient. La prédication de l'Évangile tourmentoit ceux qui vouloient mener une vie sSRuene témoin le tremblement de Félix, gouverneur de Judée, pendant que saint Paul traitoit devant lui de la justice, de la chasteté, et du jugement futur, Act. xx1v. 25. D'ailleurs, les Gentils attribuoient aux chrétiens tous les malheurs de l'empire, et ils étoient ravis d'en être défaits.

41. Après trois jours et demi. Les Gentils ne jouirent que très-peu de temps du plaisir de s’imaginer l'Église morte, et som témoignage éteint; car on la vit se relever plus glorieusement que jamais.

L'esprit de vie entra en eux : le rétablissement d’un peuple sg est figuré par une résurrection, Ézéch. xxxvir.

2, Alors ils entendirent une voix... Montez ici. Et ils MATE dans le ciel. C’est la grande gloire de l'Eglise sous Constantin , incontinent après la grande persécution.

43. À cette même heure il se fit un grand tremblement de terre... Dans le temps qu'il plaisoit à Dieu de relever son Église, que les païens croyoient à bas, tout l'empire fut ébranlé par les guerres des empereurs les uns contre les attres. Maxence, fils de Maximien, établi à Rome, et soutenu par Maximin en Orient, est attaqué par Galère, et bat Sévère, un autre empereur que Galère envoyoit contre Jui. Toute l'Italie est ravagée par les vainqueurs et par les vaineus. Galère court à la vengeance avec une armée immense.

Maximien rappelé à l'empire, se brouille avec son fils et avec son gendre, qu'il arme l’un contre l’autre : son gendre, c’étoit Constantin, marche contre Maxence, et le taille en pièces, ce qui le rend maître de Rome, et tôt après de tout le monde. La dixième partie de la ville tomba. Cela signifie de grands ravages et de grandes ruines dans tout le corps de l'empire par ces effroyables mouvements.

Et sept mille hommes y périrent : c’est dans le nombre parfait la victoire parfaite de Constantin sur Maxence.

Et le reste fut saisi de crainte : quand on vit Constantin victorieux par la croix, en ériger le trophée dans Rome, et faire publiquement profession du christianisme.

Et ils donnèrent gloire au Dieu du ciel. Voïlà les grandes conversions, dont la victoire de l’Église fut suivie par tout l'univers. On voit souvent dans l'histoire! , durant la dernière persécution, et dans quelques actes des martyrs, ces acclamations du peuple étonné de leur constance : Le Dieu des chrétiens est grand : ces cris de joie s’augmentèrent, quand on vit l'Église victorieuse par sa patience, et par tant de miracles qui arrivoient tous les jours au tombeau des saints. .

14. Le second malheur est passé. C’est celui des persécutions, et surtout de la dernière, qui fut si sanglante; et ce sont en même temps tous les maux que Dieu envoyoit au monde pour punir son impiété, à commencer depuis le temps de Valérien jusqu’à celui de Maxence, et de la paix de l'Église, comme il paroît, 1x. 14. x1. 5, 6, 143. Mais ce qu'il faut le plus remarquer, c’est que les persécutions dont saint Jean parle tant ici, sont comprises parmi les malheurs publices de tout l’univers, n’y en ayant point de plus grand, ni qui en attire tant d’autres, que de ne pouvoir souffrir la vérité, comme on le verra encore plus expressément, xtr. 12.

Et voilà le troisième qui le suit de près. C'est celui où sera comprise la ruine de Rome idolâtre, comme on verra dans la suite : mais saint Jean donnera encore quelques chapitres à décrire plus particulièrement les persécutions qui ont attiré à l'empire un si terrible châtiment.

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