‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 109 sur 245 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qui disoient : Le royaume de ce monde est devenu le royaume de notre Seigneur et de son Christ. Voilà la conversion universelle des peuples, la destruction de l'idolâtrie.

Et il régnera aux siècles des siècles : son règne est éternel dans le ciel, et il va commencer à éclater même sur la terre.

48. Les nations se sont irritées : Rome frémira encore, et tout le paganis me sera en fureur de voir le christianisme dans la gloire, et les princes mêmes devenus chrétiens.

Et le temps de votre colère est arrivé : le temps où Rome périra : ce qu’on verra dans la suite exprimé plus clairement.

Et le temps des morts pour être jugés... Saint Jean joint le jugement dernier à celui qu’on alloit voir exercé sur Rome, comme avoit fait Jésus-Christ en prédisant la ruine de Jérusalem, Matth. xx1v. C’est la coutume de l'Écriture de joindre les figures à la vérité.

49. Le temple de Dieu fut ouvert: c’est le grand éclat de l’Église ouverte à tous les Gentils. Ef l'Arche d'alliance y parut: à la différence de l’ancien peuple, où l'Arche étoit cachée ; dans l'Église, tous les mystères sont découverts, et la présence de Dieu est manifestement déclarée.

Et il se fit des éclairs. C’est la main de Dieu manifeste sur les ennemis de son Eglise. Au reste, je ne parle point ici de l'application de ce chapitre à la venue d'Enoch et d’Elie, dont je me suis assez expliqué dans la Préface, n. 13, et suiv.

Abrégé des prédictions, depuis le chapitre 1v jusqu’au xrr, et la liaison de ce qui précède avec ce qui suit, depuis le x1r jusqu’au x1x.

Les choses que nous avons vues méritent bien d’être repassées, afin qu’on en voie la suite comme d’un coup d'œil, depuis le chap. 1v jusqu’à celui qui va suivre.

On a vu d’abord le livre scellé, c’est-à-dire, les décrets cachés du conseil de Dieu, chap. 1v.

Ce livre est entre les mains de l’ Agneau pour en rompre les sceaux , et en révéler les secrets, chap. v.

A la rupture des sceaux, on a vu paroître le Juge avec ses trois fléaux , et la vengeance qui devoit être appliquée par la prière des saints est suspendue pour un peu de temps, mais

ensuite représentée avec de terribles CRD REES quoique encore en confusion, chap. vr.

On entre dans l'explication du détail, où le premier secret qui se déclare, c’est que la vengeance dont on alloit découvrir les effets, étant suspendue en faveur des Juifs, dans la suite devoit commencer par cette nation, selon le dessein de la prophétie : ce qui se déclare encore par les autres circonstances des chap. vx et vit.

Les sept trompettes commencent : et les quatre premières nous découvrent les deux coups frappés sur les Juifs sous Trajan et sous Adrien, tous deux terribles, mais le dernier le plus désolant, où l’on marque aussi l’horrible amertume où ils se virent plongés pour avoir suivi leur faux messie Cochebas; et on voit en même temps les vaine efforts qu’ils firent pour obscurcir les prophéties : c’est ce que contient le chapitre vin. Le dernier verset de ce chapitre marque les trois Væ, dont l’effet devoit regarder les trois dernières trompettes, virr. 43, et dont la suite, comme on verra, fait la liaison de toute cette prophétie.

Entre la fin des prédictions qui regardent les Juifs et le commencement de celles qui regardent les Gentils, le Saint- Esprit découvre à saint Jean cet affreux obscurcissement du soleil, et ces sauterelles mystiques ; c’est-à-dire, à l’occasion de la ‘chute des Juifs, auteurs des persécutions de l’Église, un nouveau genre de persécuteurs dans les hérésies judaïques qui se glisseront dans son sein. Là, au bruit de la cinquième trompette, on les voit sortir de l'enfer : et saint Jean se sert de cette occasion pour donner à tous les siècles une vive image du génie de l’hérésie, dont l'effet est si funeste à tout l’univers, mais dont la chute présage à l'Église une victoire certaine de tous ses autres ennemis. Le premier Væ se termine à cet endroit, Y. 42. Et comme il nous mène au temps de Valérien, où la chute de l’empire devoit commencer, saint Jean y entre incontinent : mais afin de distinguer cet événement de ceux qui avoient regardé plus particulièrement les Juifs, il marque ici expressément que cet endroit regardoit en particulier les idolâtres , 1x. 20. Et voilà tout ce qui paroît au ch. 1x, au son de la cinquième et de la sixième trompette.

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