‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 114 sur 245 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

8. Ceux-ci furent les plus foibles ; et leur place ne se trouva plus dans le ciel. La gloire des démons fut abattue avec l’idolâtrie qui en faisoit des dieux, et les mettoit dans le ciel. Cette chute leur arriva lorsque Galère Maximien, qui étoit le premier auteur de la persécution, fut contraint luimême au lit de la mort, par une horrible maladie, où l’impression de la vengeance divine paroissoit toute manifeste , de faire un édit pour donner la paix à l'Église, l'an 311 de notre Seigneur; et que cet édit fut appuyé par Constantin, qui croissoit tous les jours en puissance, Euseb. , lib. vire. 46, 17, de vit. Const. 1. 57. Lactant. de mortib. persecut. xxxrr1. XXXIV. xxxv. Ce fut un exemple pareil à celui qu’on avoit vu dans Antiochus, comme on l'a souvent remarqué. -

9. L'ancien serpent. Celui qui avoit séduit nos premiers parents et toute la terre.

10. Et j'entendis une grande voix dans le ciel. C'étoit un chant d'action de grâces des saints, pour Ja victoire remportée sur l’idolâtrie, et la paix donnée à l'Église par Constantin. L'accusateur de nos frères, qui les accusoit..….. devant.….. Dieu. On peut entendre ici les calomnies que le démon inspiroit aux paiens contre les fidèles : mais ce mot, devant. Dieu, nous renvoie à ce qui se passa en la personne de Job, lorsqu'il fut livré à Satan, qui se.vantoit de venir à bout de sa constance, Job. 1. Ainsi, pour éprouver la patience de son Eglise, Dieu permettoit aux démons de dr AE des persécuteurs.

2. Malheur à la terre el à la mer! Malheur à tout l’univers et à tous les hommes ! et la cause de ce malheur de toute la terre, c’est, poursuit saint Jean, que le diable y est descendu plein d’une grande colère contre l'Église, qu'il va perséeuter avec une nouvelle fureur, comme on verra Ÿ.13. Sachant qu'il lui reste peu de temps : ce qu’il jugeoit aisément par les conversions qui se mutiplioient, par les acclamations même des Gentils à l'honneur des chrétiens et de leur Dieu; et enfin parce que Constantin, si favorable à l'Église, s’avançoit manifestement à la souveraine puissance plus que tous les autres empereurs qui étoient alors ‘. Saint

1 Eus. l,1x, 4, 8

Jean nous déclare ici très-expressément que cette implacable colère qui fait faire au démon les derniers efforts contre l'Église, est un malheur de tout l’univers, et plus encore des persécuteurs, que de l'Église persécutée : ear encore qu’elle ait beaucoup à souffrir, à cause que le démon déchargera sur elle cette grande colère dont il est plein ; ceux dans lesquels il opère, et dont il fait des instruments de sa fureur , sont dans un état sans comparaison plus déplorable; puisqu'il n’y a rien en toutes manières de plus malheureux que de haïr Ja vérité, et de travailler, comme ils font, avee le démon, à l’éteindre dans le monde. Par conséquent, malheur à eux, et malheur à la terre et à la mer, à cause de la furie que Satan y va exercer par leurs mains contre l'Église. Ce n’est pourtant pas encore ici ce troisième et dernier Væ que saint Jean nous a fait attendre depuis le chap. x1. 44; ce n’en est qu'un préparatifet un acheminement : quand il viendra ce troisième Væ, où paroîtra la dernière et irrévocable sentence contre l'empire persécuteur, il se fera bien remarquer d’une autre sorte, comme on verra vers la fin de la prophétie.

43. Il poursuivit la femme. Maximin renouvela la persécution en Orient avec plus de fureur que jamais. Et la femme est contrainte de se retirer encore dans le désert, comme elle avoit fait, #. G.

14. Au désert : au lieu de sa retraite, qu’elle connoïssoit déjà comme venant de s’y retirer, et d’où il faut supposer qu’elle étoit sortie quand le dragon fut vaincu.

I! faut ici bien entendre que saint Jean racontoit les choses dans l’ordre qu’il les voyoit. Il a vu premièrement le dragon tâchant d’engloutir la femme ; ensuite l'enfant enlevé, la femme fuyant dans le désert, et le combat où le dragon est vaincu. Là saint Jean voit la colère du dragon plus enflammée par sa défaite : de là vient qu'il ne présente pas seulement la gueule, comme il faisoit auparavant, Y. 4, mais encore qu'il poursuit la femme, qui, dans une semblable persécution, cherche un semblable refuge. Ainsi on ne doit pas regarder cette fuite répétée, comme l'explication de ce qui avoit été dit, mais comme une action différente, qui a son carac-

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