‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 136 sur 245 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

c'est Jésus-Christ lui-même qui va frapper : ce n’est point un ange comme ailleurs, c'est le Fils de l’homme; ce qui nous fait entendre le. grand coup donné sur Rome avec toute la force d’une main divine.

45. Un autre ange... Jetez votre faulæ.…. le temps est venu. Tout se fait en un temps certain et déterminé, et l'ange vient rendre compte au juge que tout est disposé.

46G..Et la terre fut moissonnée. Rome, la reine des villes, est frappée : l'empire romain est désolé par Alaric et les Goths.

47. Etun autre ange : un aütre, par rapport à ceux dont il’est parlé dans ce chapitre, et dans toute cette prophétie. Ce-n’est done pas ici le Fils de l’homme; c’est un ange qui doit frapper ; et ce coup ne doit pas être si rude que le premier, encore qu’on y aille voir beaucoup de sang répandu.

48. Encore un autre qui avoit pouvoir sur le feu, qui allume les guerres, et qui excite l’ardeur des combats. Il sort d’auprès de l'autel où étoient les charbons ardents, sup. vu. d. Et vendangez les raisins. Ce pourroit être une autre peinture de la même action, comme ci-dessus, Y. 44, dans Joël, si un autre exécuteur et un autre.ordre, que nous voyons ici paroitre, ne nous montroit aussi une autre action.

20. Et la cuve fut foulée hors de la ville. Tantôt la ville se prend pour tout l'empire romain, et tantôt pour Rome même, sans y comprendre son empire, xvir. 9,18. J’entends ici Attila , qui, ravageant l'Italie et beaucoup d’autres provinces, épargna Rome par respect pour saint Léon.

Le sang... jusqu'aux brides des chevaux par l'espace de mille six cents stades, c’est environ soixante-sept lieues communes : exagération qui représente la grande quantité de sang répandu , et l'étendue des pays ravagés; ce qui convient parfaitement au temps d’Attila. Voilà donc ici deux grands fléaux, dont Rome est frappée comme coup sur coup: le premier et le plus rude sur elle-même, et il fait tomber son empire sous Alarie en l’an 410. Le second, dans les provinces, où elle fut épargnée ; mais tout le reste de l'Occident nageoit dans le sang sous Attila dans les années 451 et 452.

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