CHAPITRE XVI
dans ce chapitre. Saint Denis d'Alexandrie fait mention d’un chef des magiciens, qui incita ‘ce prince à persécuter les fidèles, comme si tout devoit bien réussir, pourvu qu'on les persécutât, Eus. vir. 9. Cet esprit impur qui trompa Valérien, sortit de la bouche du dragon, qui agissoit également dans toutes les persécutions. Secondement, dans le temps de la persécution de Dioclétien, un Tagès, ou quel que soit celui
que Lactance nous a voulu signifier par ce nom : quoi qu’il en soit, un chef de devins de Dioclétien se servoit des divinations pour l'irriter contre les fidèles, Lact. de mort. 40, Instit. 1v.27. Le même princeenvoya un devin, qui luirapporta un oracle d’Apollon pour persécuter les chrétiens, de mort. 44. Et dans la même persécution, sous Maximien, un Théoteenus érigea une idole de Jupiter qui préside aux amitiés, et fit par ses faux miracles et les faux oracles qui s'y rendoient, que Maximien fut animé contre les chrétiens, l'assurant que le dieu commandoit qu'il les exterminät, Eus. 1x. 2, 3. Cet esprit sortit de la bouche de la bête, qui, comme nous avons vu, représente bien en général l'empire romain, mais plus particulièrement sous Dioclétien. Enfin, en troisième lieu, Julien avoit à sa suite dans les guerres contre les Perses et toujours, un nombre infini de devins, et entre autres son magicien Maxime, dont Eunapius lui-même nous fait voir les tromperies, in Max. et Chrys. C’étoit lui qui promettoit à Julien une victoire assurée sur les Perses, en sorte que les chrétiens s’écrioient après sa perte, où sont maintenant tes prophéties, ô Maxime! Theod. 117. cap. ult. Cet esprit sortit de la bouche du faux prophète, c’est-à-dire, de la seconde bête, ou de la philosophie magicienne, dont le crédit éclata plus particulièrement sous Julien, comme il a été dit, x11. 41, et suiv. Au reste, il n’y a nul inconvénient, qu’à l'occasion de ce que saint Jean voit arriver sous Valérien, le Saint-Esprit lui fasse voir encore des choses semblables qui devoient suivre dans les autres règnes.
Si les empereurs romains avoient leurs séducteurs , les Perses, dont les mages ont donné le nom aux magiciens, ne manquoient pas de leur côté de devins qui les excitoient en même temps à la guerre contre les Romains, et à la persé-
cution des fidèles. Sozomène raconte que les mages ne cessoient d’aigrir le roi de Perse contre les chrétiens, et que ce fut ce qui excita la persécution en Perse du temps de Constantin, Soz. 11. 9,10,11,42,13. Nous voyons quelque temps après, et du règne de Théodose le jeune, que les mages trompoient Isdigerde, roi de Perse, par de faux prodiges , pour l’animer contre les chrétiens, et que son fils Varane, qui rompit avec les Romains, fut induit en même temps par les mêmes mages à une cruelle persécution. C’est ce que nous apprenons de Socrate, livre vir. 8 et 18.
Après tant de fameux exemples, il ne faut pas douter qu’il n’en soit arrivé autant dans les autres temps : mais nous n'avons pas l’histoire de cette nation. El ne faut nullement douter qu’il n’y eût des chrétiens en Perse, où l'Évangile fut porté par les apôtres dès le commencement du christianisme, ni qu’ils ne s’y soient, comme ailleurs, multipliés par le martyre, ni qu'ils ne se soient attiré là, comme partout ailleurs, la haine des devins et des prêtres des faux dieux, dont ils venoient détruire l'empire. Quelques-uns veulent que par les trois esprits impurs, on entende trois espèces de divinations, par les oiseaux, par les entrailles, par la magie; ou trois manières de tromper les hommes par les faux oracles, par les faux miracles, par les faux raisonnements, à quoi je ne m’oppose pas : mais je préfère à tout cela trois démons, qui, en trois temps différents, font sentir aux chrétiens leur malignité par des divinations impies.
Au grand jour de Dieu : au jour du grand combat dont il va être parlé, Ÿ. 16.
45. Je viens comme un larron : c'est Jésus-Christ qui parle conformément à la parabole, où il se compare à un voleur qui surprend le père de famille, Matth. xx1v. 43. Cette parole se doit entendre, non-seulement de l'heure de la mort, mais encore de tous les malheurs publics qui presque tous surprennent les hommes ; et du dernier jugement, dont tous les malheurs publies sont des avant-coureurs et des images.
16. Et il les assemblera. Le Gr. Et il les assembla. T1 n’importe, puisque les prophètes voient souvent le futur comme passé, pour marquer la certitude de leur prédiction,