CHAPITRE XX
nement. Je ne veux pas assurer qu’il n’y aura point de combats des rois chrétiens contre l’Antechrist : ce que je veux remarquer, c’est que saint Jean rapporte tout à la séduction, Y. 3,7, 9, et pour le surplus, c’est un secret de l'avenir, où j'avoue que je ne vois rien.
Ils se répandirent sur la face de la terre. Ce mot signifie toute la terre habitable, comme le remarque saint Augustin, de Civit. xx. 11. Et ils environnèérent le camp des saints et la ville bien-aimée : c’est l'Église chérie de Dieu. 11 ne faut pas ici s’imaginer, dit saint Augustin, que l'Église, comme une ville, soit réduite à un seul lieu où elle soit assiégée. Ælle sera, poursuit-il, foujours répandue par toule la terre :ses enneinis se trouveront aussi partout; mais partout où seront les ennemis, là sera aussi le camp des saints, et la ville chérie de Dieu, de Civ. xx. 41.
9. Dieu fit descendre du ciel un feu qui les dévora, comme nous l'avons remarqué de Gogetde Magog, sur le verset 7, conformément à Ézéch. xxxvir. 22, et xxx1x. G. Ici je l'entends à la lettre du feu du dernier jour : car les cieux et la terre sont réservés pour être brülés par le feu au jour du jugement, lorsque les impies périront, II. Pet. 111. 7, ce qui semble fait pour expliquer ce passage de saint Jean ,-et revient parfaitement à ce que dit saint Paul de la perdition soudaine du méchant que Jésus-Christ détruira, XL. Th. x, 8, comme nous verrons dans le discours qui sera-mis à la fin de ce commentaire.
Le diable qui les séduisoit. Il n’est plus dit qu'ils fussent séduits par la bête, ni par le faux prophète : l'idolâtrie de Rome paienne étoit éteinte, et on ne voit plus ici aucun des caractères qu’on a vus dans les chapitres précédents. C’est donc une tentation différente de celle de la bête; c’est une autre sorte de séduction; et le diable, qui en est l'auteur, à la fin est jeté dans le même éfang de feu et de soufre, où étoient déjà la bête et Le faux prophète, ici. 9, 40, et ci-dessus, x1x. 49, 20:
Dans l'étang de feu et de soufre. C'est ici la dernière marque de l'éternel emprisonnement de Satan : auparavant il est jeté dans l’abime pour en être lâché après mille ans, sup.
ÿ. 2, 8. Ici iln’y a plus pour lui qu'un éternel tourment dans l'étang de feu et de soufre, d'où il ne sortira jamais; parce qu’il n’y aura plus de séduction, l’euvrage de la justice, aussi bien que celui de la miséricorde de Dieu, étant entièrement consommé avec le recueillement de tous ses élus, Par ces divers lieux où Satan est mis, saint Jean nous désigne les divers états de ce malin et de ses anges, tantôt resserrés, tantôt relàchés, selon les ordres de Dieu, et à la fin plongés dans un état où il ne leur restera plus que leur supplice. Cet état, le plus funeste de tous, sera l'effet de la dernière condamnation, qui sera prononcée contre eux au dernier jour, où la liberté de tenter, et la triste consolation de perdre les hommes leur étant ôtée, ils ne seront occupés que de leur tourment, et de celui des malheureux qui les auront suivis : ce que saint Jean explique par ces paroles : Et ils seronttourmentés nuit el jour aux siècles des siècles ; non qu’ils ne le soient auparavant, mais parce qu'alors il ne leur restera que cela.
41. Je vis aussi un grand trône. Voici donc enfin, après tant de visions mémorables, celle du grand et dernier jugement, comme la suite le fera paroître. Un grand trône blanc, semblable à la nuée blanche qui paroït Apoc. x1v. 14, La blancheur signifie l’éclat et la majesté.
12. Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône... comparoissant, les uns avec grande crainte, et les autres avec confiance, devant le Juge.
43. Ea mer rendit ceux... On exprime ici distinetement la résurrection des corps, preuve nouvelle que la première résurrection dont il est parlé au Y. 5, ne regardoit que les ames. La mort et l'enfer, c’est-à-dire, la mort et le sépulere rendirent aussi les morts qu'ils avoient. Si la résurrection des martyrs, dont il est parlé, ÿ. 4 et 5, se devoit entendre des corps comme des ames, il y auroit déjà eu longtemps que les eaux et les sépulcres auroient rendu une grande partie de leurs morts; puisque tant de martyrs avoient été noyés, et les autres presque tous ensevelis par la piété des fidèles.
14. L'enfer et la mort furent précipités dans l'étang de feu. Lorsque la mort, qui étoit la dernière ennemie, sera détruile, L. Cor. xv. 26, 54, et qu’afin qu’elle ne paroisse ja-