‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 203 sur 245 · XXXV. La Trinité annoncée dans l’Apocalypse · texte numérisé non relu

XXXV. La Trinité annoncée dans l’Apocalypse

J'ajouterai en finissant, que le perpétuel objet de l'amour et de l’adoration de l’Église, un seul Dieu en trois personnes, est célébré dans l’Apocalypse. Le Père, qui est assis dans le trône, y recoit les hommages de toutes les créatures : le Fils qui y porte aussi le nom du Verbe’, sous lequel saint Jean à marqué sa divinité, recoit les mêmes honneurs, et il est, comme on à vu, traité d'égal avec le Père : le Saint-Espr it est montré comme celui qui est l’auteur des sacrés oracles, et qui parle dans tous les cœurs avec une autorité souveraine; les Églises sont invitées par sept fois à entendre ce que dit

Qr Esprit"; l'Esprit prononce souverainement que les travaux de.ceux qui meurent au Seigneur sont finis’; l'Esprit parle dans tous les cœurs pour appeler Jésus-Chr tt cet Esprit qui parle est toujours unique en son rang, et toujours in-

* Chap. x1. — 2 Ibid. xrr. —3 Ibid. xx. 2, 7. — 4 Ibid. xx. 8. — S Ibid. x1x. 13. —6 Ibid. rt, 271.— 7 Ibid. x1v. 13.— 8 Ibid. xxrr. 47.

DE L'ALOCALYPSE. 561

comparable ; un comme le Père et le Fils, intime coopérateur de l’un et de l’autre, et consommateur de leur ouvrage: ce qui confirme, en passant, que les sept Esprits, au nom desquels les Éelises sont saluées', ne sont pas cet Esprit égal au Père et au Fils, à qui le caractère de l’unité est attribué partout ; mais des anges, à qui aussi le nombre de sept est attribué dans tout le livre.

XXXWVI. Économie de l’Apocalypse. Conclusion de l'Explication.

Passage à la suite,

On peut entendre maintenant toute l’économie de l’Apocalypse. Saint Jean va d’abord à ce qui étoit le plus proche et le plus pressant, qui étoit le commencement de l'Église, et ses premières souffrances. Il s’y attache partout aux événements les plus grands, aux Caractères les plus marqués, aux circonstances les plus importantes, et les plus particu- Hères. Chaque chose a son caractère : ce qui est long, est marqué par un grand nombre; ce qui est court est marqué comme court; et la brièveté dans cet ouvrage se prend toujours à la lettre. Ce qui est marqué comme devant arriver bientôt, commence en effet à se déployer incontinent après le temps de saint Jean. Le livre n’est pas scellé, comme s’il devoit demeurer longtemps fermé; parce que l’accomplisse-— ment de ses prédictions devoit éclater bientôt. C’est ce que j'ai cru devoir ajouter à cette explication de l’Apocalypse, pour la remettre tout entière, comme en un moment sous les yeux ; et afin que le lecteur attentif en imprimant dans sa mémoire tous les caractères marqués par saint Jean, commence à y reconnoître les principes dont nous allons nous servir pour la conviction des protestants.

2 Chap. 1.4

Bossuer, t. 11. 16

AUX PROTESTANTS, SUR LEUR PRÉTENDU ACCOMPLISSEMENT DES PROPHÉTIES. > =———

I. Que les interprétations des prophéties , et surtont de l’Apocalvpse, proposées par les ministres, sont une manifeste profanation du texte sacré. Trois vérités démontrées sur ce su jet dans ce discours.

Si la profanation des Écritures est toujours un attentat plein de sacrilége, la profanation des prophéties est d'autant plus criminelle, que leur obscurité sainte devoit être plus respectée. C’est néanmoins aux prophéties que les ministres se sont attachés plus qu'à tous les autres livres de l'Écriture, pour y trouver tout ce qu’ils ont voulu. L’obscurité de ces divins livres, et surtout de l’Apocalypse, leur a été une occasion de les tourner à leur fantaisie : au lieu d'approcher avec frayeur des ténèbres sacrées dont souvent il plaît à Dieu d’envelopper ses oracles, jusqu’à ce que le temps de les découvrir soit arrivé, ces hommes hardis ont cru qu'ils pouvoient se jouer impunément de ce style mystérieux. Leur haine a été leur guide dans cette entreprise. Ils vouloient, à quelque prix que ce fût, rendre l'Éelise romaine odieuse ; ils en ont fait la prostituée de l’Apocalypse; et comme s'ils avoient démontré ce qu’ils ont avancé sans fondement, il n’y a rien qu’ils n’aient osé sur ce principe. Ce n’a pas été seulement au commencement de la réforme qu'ils se sont servis des prophéties pour animer contre nous un peuple trop crédule. En 1628, on vit paroitre à Leyde, de la belle impression des Elzévirs, un livre dédié au roi de la Grande-Bretagne, par un Écossais, dont le titre étoit : Du Droit Royal, que ces nations ont tant respecté, comme on a vu '. Mais ce n’est pas de quoi il s’agit ici : il y avoit un chapitre dont le sommaire étoit proposé en ces termes : Que les rois et les autres

= Vid, Epist. vir. Ecclesiasticor. et Theol. Ep. 637.

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