‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 208 sur 245 · XXIX. Prodigieuse proposition du ministre Jurieu · texte numérisé non relu

XXIX. Prodigieuse proposition du ministre Jurieu

M. Jurieu ne s'émeut pas de toutes ces choses; et après avoir établi en termes formels le culte et l’inyocation des saints dans le quatrième siècle, ilse fait cette objection sous le nom des convertis : Quoi qu'il en soit, disent-ils *, vous avouez-

1 Mède, 501, 502. —- 2 Jos. Mède, Lett. xv. dé la 4. an. p. 16, 17. Ace, 1. p. chap. x1v, etc. — 3 Lett. xvzr. de la 4. an. p.139.

que l’invocation des saints a plus de douze cents ans sur la têle : cela ne vous fait-il point de peine? Et comment pouvez-vous croire que Dieu ait laissé reposer son Eglise sur l'idolâtrie durant tant de siècles ? Voilà l’objection bien clairement proposée, mais c’est afin de montrer un mépris encore plus clair d’un siècle si saint : Nous répondons, dit-il, que nous ne savons point respecter l'antiquité sans vérité. Et un peu après : Nous ajoutons que nous ne sommes point élonnés de voir une si vieille idolätrie dans l’ Eglise, parce que cela nous a été formellement prédit. Il allègue pour toute preuve deux passages de saint Jean qui ne font rien, comme on verra, selon lui-même, et il finit par ces paroles : La lemme, c'est-à-dire, l'E glise doit être cachée dans un désert douze cent soixante jours, qui sont autant d'années : il faut donc que l'idolâtrie règne dans l'Eglise chrétienne douze cent soixante ans. Voilà comme on tranche les difficultés dans la nouvelle réforme ; et on ne peut plus dire maintenant que cette idolâtrie prétendue ne fût pas publique et entièrement établie, puisqu'on est contraint d’avouer qu’elle étoit régnante.

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