‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 47 sur 245 · VIII. Pourquoi Rome marquée sous la figure de Babylone · texte numérisé non relu

VIII. Pourquoi Rome marquée sous la figure de Babylone

Il ne pouvoit pas marquer Rome par une figure plus convenable, que par celle de Babylone, superbe et dominante comme elle; comme elle attachée à ses faux dieux, et leur attribuant ses victoires; comme elle persécutrice du peuple de Dieu, et le tenanf sous le joug de la captivité; comme elle enfin foudroyée et déchue de sa puissance et de son empire par un coup visible de la main de Dieu.

Mais en même temps qu'à la manière des prophètes, il cache Rome sous cette figure mystérieuse, il veut si bien qu’on la reconnoisse, qu’il lui donne, comme on a vu ?, tous les caractères par où elle étoit connue dans tout l'univers, et en particulier celui d’être la ville aux sept montagnes, et celui d’être la ville qui avoit l'empire sur tous les rois de la terre * : caractères si particuliers et si remarquables, que personne ne s’y est mépris, ainsi qu'il a été dit ‘. Il pénètre encore plus avant; et le chapitre xx de l'Apocalypse nous

1 Apoc. v. 4, 5,6, 7. — 2 Préf. n. 8 — 3 Apoc. xvr1. 9, 18. — 4# Ibid.

montre en confusion, et comme de loin, de grandes choses, que je ne sais si nous pouvons démêler, Mais comme le principal dessein étoit de nous faire voir les persécuteurs, et surtout les Romains punis, et l'Église victorieuse au milieu de tous les maux qu’ils lui faisoient, C’est aussi ce qui nous paroît plus certainement et plus clairement que le reste.

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