IX. Le règné de Valérien
Il leur préparoit en même temps des châtiments plus sensibles. Comme les Romains aveuglés ne profitoient pas de la prédication de l'Évangile, et que Rome au contraire s’opiniàtroit depuis deux cents ans à soutenir l’idolâtrie par toute la terre, Dieu résolut d’ôter l'empire à cette ville impie, qui avoit entrepris d’éteindre la race et le nom des saints. Les guerres d'Orient furent constamment la première cause de sa chute; et ce fut de ce côté-là que l'empire persécuteur recui ses premières plaies, par la défaite et la prise de Valérien. Les Perses avoient repris l'empire de l'Orient sous un Artaxerxe, qui envahit le royaume des Parthes, anciens et implacables ennemis du nom romain. Ces peuples étoient renfermés au delà de l’'Euphrate; et s’ils le passoient quelquefois pour envahir les provinces de l'empire, ils se voyoient bientôt repoussés par la puissance romaine, qui leur portoit la guerre et la désolation jusque dans le sein. Les choses changèrent sous Valérien, grand prince d’ailleurs, mais l’un des plus cruels persécuteurs que l’Église eût encore éprouvés. C'est dans cette sanglante persécution que saint Cyprien et saint Laurent souffrirent le martyre. Depuis que Valérien l’eut commencée, il fut le plus malheureux de tous les empereurs *. On sait la défaite honteuse de ce prince par Sapor, roi de Perse, sa prise, son long esclavage, le triste étatde l'empire romain, les trente tyrans auxquels il fut donné en proie; en même temps l’inondation des barbares qui le ravageoient, c’est-à-dire à la fois la guerre civile et la guerre étrangère, et
* IT. Cor. 1v. 3, 4, — + An. 260,266, 267, 268, 269.— 2 Eus. vrr. 10. Lact. de mort. persec.