‹ Œuvres de Bossuet (volume 4)Chapitre 7 sur 245 · SUR LA PASSION ET LE DÉLAISSEMENT DE NOTRE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

SUR LA PASSION ET LE DÉLAISSEMENT DE NOTRE SEIGNEUR

$ I. Remarques préliminaires, où l’on présuppose quelques vérités

constantes.

Pour conduire les plus ignorants et les plus simples, pourvu seulement qu'ils soient attentifs à la parfaite intelligence de ce divin Psaume et de toute la prophétie qu’il renferme, je remarquerai avant toutes choses quelques vérités qui y prépareront les voies.

La première, que ce Psaume est constamment de David, puisque de tout temps et dans tous les textes, et dans l’hébreu comme dans les Septante, il est toujours intitulé : Cantique de David.

La seconde présupposition, c’est qu'il est familier aux prophètes de parler en la personne de celui dont ils annoncent les événements , et principalement de Jésus-Christ ; et c’est pourquoi cet eunuque si attaché à la lecture des saints livres, lorsqu'il trouve ces mots dans Isaïe : 1! a êté conduit à la mort comme une brebis... et il n'a pas ouvert la bouche : la première pensée qui lui vient, c’est de demander à son interprète : Je vous prie, est-ce de lui-même que parle le prophète, ou de quelque autre'?

La troisième présupposition, c’est qu’il appartient à David plus qu’à tout autre, de parler au nom de Jésus-Christ ; parce qu'il en est le père, la figure et le prophète.

C'est à peu près le raisonnement que fait l’apôtre saint Pierre, lorsque trouvant dans le Psaume xv, ces mots prononcés en première personne : J'avois toujours Dieu présent à mes yeux, parce qu'il est à ma droite pour me protéger.

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