CHAPITRE IX
de déguisements et d'une si dangereuse hypocrisie; de tant de contentions et de disputes outrées, où, il n’y a nulle bonne foi ; de tant de chicanes sur la religion, où comme dit saint Grégoire de Nazianze ‘, l'on ne voit que cette science faussement nommée telle ; et au lieu des combats et des exercices qui contentent les spectateurs dans les jeux publics, des questions où il n'y a qu'un jeu de paroles, et une vaine surprise des yeux; où toutes les assemblées, tous les marchés, tous les festins sont troublés d'un bruit importun par des disputes continuelles, qui ne laissent ni la simplicité aux femmes, ni la pudeur aux vierges, dont elles font des parleuses et des disputeuses; en sorte que les fêtes ne sont plus des fêtes, mais des jours pleins de tristesse et d’ennui; où l'on ne trouve de consolation aux maux publics que dans un mal encore plus grand , qui est celui des disputes ; et où enfin on ne travaille qu'à réduire la religion à unetriste et fatigante sophistiquerie. Quelques-uns veulent que par ces mots, en ce temps, il faut entendre simplement que les temps où les erreurs dont parle saint Jean, auront la vogue, seront tristes ; et c’est ainsi que Bullinger qui tourne tout à ses prétendues erreurs papistiques, a dit que les temps où les papes ont dominé, en général ont été tristes. Mais on voit bien, sans avoir recours à ces chimères d'erreurs papistiques, que les véritables erreurs de Thiéodote et des autres qui ont réveillé les hérésies judaïques, sont arrivées du temps de Sévère et des autres empereurs, dont les temps sont les plus fàâcheux de toute l’histoire romaine.
7. Semblable à des chevaux préparés au combat... Cela marque l’esprit de dispute dans les hérétiques, et leur acharnement à soutenir leurs opinions. Sur leurs têtes comme des couronnes qui paroissent d'or. Dans le chap. 1v. ÿ. 4, il est dit distinctement des vieillards, qu'ils ont sur la tête des couronnes d'or; et de même du Fils de l'homme, x1v. 14; mais les hérésies portent sur la tête comme des couronnes qui paroissent d’or. Ce n’est qu’un faux or, et une vaine imitation de la vérité, comme Bède et les autres interprètes le remarquent sur ce verset.
1 Orat. 33, quæst. I. de Theol.
Et leurs visages éloient comme des visages d'hommes... 8. Et leurs cheveux éloient comme ceux des femmes. C’est encore cette apparence trompeuse des hérésies , dont: néanmoins après tout, la face est d’un homme, et la doctrine toute humaine. Les cheveux de femmessignifient une foiblesse de courage qu’on a remarquée dans les hérétiques, où peu ont eu la résolution de souffrir le martyre. On a vu la chute de Théodote, qui est un de ceux dont il s’agit en ce lieu. Nous pouvons encore entendre ici la mollesse et le relâchement de la discipline : caractère que Tertullien a remarqué dans les hérésies ', leur attribuant précisément le renversement de la discipline, prostrationem disciplinæ. Ce caractère est commun presque à toutes les hérésies, comme il seroit aisé de le faire voir : et convient en particulier à ces hérésies judaïques en la personne de Pavl- de Samosate, dont la vanité et la superbe parure est expressément marquée dans la lettre du concile d’Antioche *, où il est aussi rapporté que les prêtres et tous les disciples de cet hérétique étoient nourris dans une semblable mollesse,.
Leurs dents étoient comme des dents de lions, par la force qu'ils ont à tout ravager, et parce qu'ils déchirent et mettent en pièces l'Église et les catholiques par leurs calomnies.
9. Des cuirasses comme des cuirasses de fer. Si saint Paul, dans un discours dogmatique, donne au chrétien des armes, une cuirasse de justice, un bouclier, un casque et une épée, Éph. vr. 44, 46, 47, on peut bien. donner ici aux hérétiques une cuirasse comme de fer, pour signifier leur dureté impénétrable aux enseignements de l'Église , et leur opiniâtreté dans leur propre sens. Et le bruit de leurs ailes comme un bruit de plusieurs chariots : ce sont leurs disputes éclatantes, et la réputation qu’ils se donnent. Ils ont des ailes, non pour s'élever, quoiqu’ils en fassent le semblant, mais à la manière des sauterelles, pour passer d’un:côté à un autre, sans jamais rien approfondir, et pour aller plus promptement ravager la terre.
40. Et leurs queues étoient semblables à celles des scorpions, comme ci-dessus, #. 3, 5. Le seul moyen de se guérir