LA NATIVITÉ DE JÉSUS-CHRIST
I" ÉLÉv. Songe de saint Joseph.
A quelle épreuve Dieu ne met-il pas les âmes saintes ! Joseph se voit obligé à abandonner, comme une épouse infidèle, celle qu'il avoit prise comme la plus pure de toutes les vierges ‘ : et il étoit prêt à exécuter une chose si funeste à la pureté de la mère et à la vie de l’enfant, car ne pouvant être longtemps sans découvrir la grossesse de la sainte Vierge, que pouvoit-il faire, l'ayant aperçue, sinon de la croire une grossesse naturelle? Car de soupçonner seulement ce qui étoit arrivé par l'opération du Saint-Esprit, c'étoit un miracle dont Dieu n’avoit point encore donné d'exemple, et qui ne pouvoit tomber dans l'esprit humain.
«ilétoit juste?», et sa justice ne lui permettoit pas de demeurer dans la compagnie de celle qu’il ne pouvoit croireinnocente. Tout ce qu'on pouvoit espérer de plus doux de la bonne opinion qu'il avoit conçue avec raison de sa chaste épouse, étoit, comme il le méditoit, « sans la diffamer, de la renvoyer » secrètement ». C’étoit, dis-je, ce qu'on pouvoit espérer de plus doux ; car, pour peu qu’il se füt livré à la jalousie, qui est « dure comme l'enfer * », à :fuel excès ne se füt-il pas laissé emporter? Sa justice même l’auroit flatté dans sa pas— sion; et sous une loi toute de rigueur, il n’ya rien qu’il n’eût pu entreprendre pour se venger. Mais Jésus commencoit à répandre dans le monde l'esprit de douceur, et il en fit part à celui qu'il avoit choisi pour lui servir de père.
Joseph, le plus modéré, comme le plus juste de tous les hommes, ne songea seulement pas à prendre ce parti extrême, et vouloit seulement quitter en secret celle qu'il ne pouvoit garder sans crime. Cependant , quelle douleur de se voir trompé dans l'opinion qu’il avoit de sa chasteté et de sa vertu ! de perdre celle qu’il aimoïit, et de la laisser sans secours en proie à la calomnie et à la vengeance publique !
1 Afattb. 1. 18. — ? Ib. 19. — * Cant. vin. 6:
Dieu lui auroit pu éviter toutes ces peines, en lui révélant plus tôt le mystère de la grossesse de sa chaste épouse ; mais sa vertu n’auroit pas été mise à l'épreuve qui lui étoit préparée; nous n’eussions pas vu la victoire de Joseph sur la plus indomptable de toutes les passions ; et la plus juste jalousie qui fût jamais, n’eût pas été renversée aux pieds de la vertu.
Nous voyons, par le même moyen, la foi de Marie. Elle voyoit la peine qu'auroit son époux, et tous les inconvénients de sa sainte grossesse; mais, sans en paroître inquiétée , sans songer à prévenir ce cher époux, ni à lui découvrir le secret du ciel, au hasard de se voir non-seulement soupçonnée et abandonnée , mais encore perdue et condamnée, elle abandonne tout à Dieu et demeure dans sa paix.
Dans cet état, « l'ange du Seigneur fut envoyé à Joseph, » et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez pas de prendre » avec vous Marie votre épouse; car ce qui est né en elle est » du Saint-Esprit ! ». Quel calme à ces paroles ! quel ravissement! quelle humilité dans Joseph ! Laissons-le concevoir à ceux à qui Dieu daigne en donner là connoissance.
« Elle enfantera un Fils, et vous lui donnerez le nom de» Jésus *. Pourquoi, « vous »? Vous n’en êtes pas le père; il n’a pasde père que Dieu : mais Dieu vous a transmis ses droits; vous tiendrez lieu de père à Jésus-Christ : vous serez son père , en effet d’une certaine manière, puisque , formé par le Saint-Esprit dans celle qui étoit à vous, il est aussi à vous par ce titre. Prenez donc avec l'autorité et les droits de père, un cœur paternel pour Jésus. Dieu « qui fait en particulier » tous les cœurs des hommes * », fait aujourd’hui en vousun cœur de père : heureux, puisque en même temps il donne pour vous à Jésus un cœur de fils! Vous êtes le vrai époux de sa sainte mère; vous partagez avec elle ce Fils bienaimé, et les grâces qui sont attachées à son amour. Allez donc ; à la bonne heure, nommez cet enfant, donnez-lui le nom de Jésus pour vous et pour nous, afin qu'il soit notre Sauveur comme le vôtre.
1 Matth 1e 20. — 2 Ib. 21. — 3 Ps, xxxI1. 15.
SUR LES MYSTÈRES. 249 VIe ÉLÉv. Sur la prédiction de la virginité de la sainte mère de Dieu.
«Tout ceci à été fait pour accomplir ce que le Seigneur » avoit dit par Isaïe : Voici qu'une vierge concevra dans son » sein et enfantera un fils ; et «vous» nommerezson nom Em- » manuel » ; c'est-à-dire « Dieu avec nous! ».
C'est la gloire de l'Église chrétienne. Quelle autre société a seulement osése vanter d’avoir pour instituteur le fils d’une vierge? Un si beau titre n'étoit jamais tombé dans l’esprit humain , et cette gloire étoit réservée au christianisme. Aussi est-ce la seule religion où la perpétuelle virginité a été en honneur; où elle a été consacrée à Dieu ; où l’on a souffert toutes sortes de persécutions et la mort même, plutôt que de consentir à un mariage humain, Jésus-Christ s’est déclaré l'époux des vierges ; c’est lui qui a fait connoître au monde ces « eunuques spirituels », autrefois prédits par les prophètes *, mais qui n’ont paru que dans la religion chrétienne. Il a inspiré à son apôtre , que lasainte virginité est la seule qui peut consacrer-parfaitement à Dieu un cœur incapable de se partager *. Fils d'une Vierge, vierge lui-même ; qui à pris pour son précurseur Jean Baptiste, vierge, et pour son disciple bien-aimé, saint Jean, vierge aussi selon toute la tradition chrétienne ; dont les apôtres , qui ont tout quitté, ont quitté principalement leurs femmes (ceux qui en avoient) pour le suivre ; toujours par conséquent dans la compagnie, et, pour ainsi dire, entre les mains de la continence ; où il ne faut pas s'étonner si, comme la foi, la sainte virginité à eu ses martyrs. Aussi les persécuteurs même ont reconnu la pudeur des vierges chrétiennes. « On les voyoit », dit saint Ambroise‘, « affronter les supplices et craindre les regards » : Impavidas ad cruciatus, erubescentes ad aspectus : au milieu des tourments, et livrées aux bêtes farouches , et à des taureaux furieux qui les jetoient en l’air, soigneuses de la pudeur, méprisant les tourments et la vie, et n'ayant, pour ainsi parler, que le front tendre dans un corps de fer; dignes
1 Matth. nm 92. 23. 24. Is. vin. 14. — ? Is. LyI. 3, 4. 5. Matth. xix. 42. — 3 I. Cor. vin, 32. 33. 34. 35. —" Amb. de Virg,
témoins, dignes martyres de celui qui est tout ensemble Fils de Dieu , et fils d’une vierge.
Fils de Dieu, et fils d’une vierge. Ces deux choses devoient aller ensemble, afin qu’on pût dire en tous sens : « Qui com- » prendra sa génération ‘», toujours virginale, etdans le sein de son père, et dans celui de sa mère ? O Jésus! nous la croyons, si nous ne pouyons pas la comprendre. Elle nous apprend qu'il n’y a rien de plus incompatible que l'impureté et la religion chrétienne. Elevé parmi des mystères si chastes, qui peut souffrir de la corruption dans sa chair? Le seul nom de Jésus n’inspire-t-il pas la pureté? Qui peut seulement le prononcer avec iles lèvres souillées? Mais qui peut approcher de son saintcorps, l'unique fruit d'une mère vierge ; si pur, qu'il n’a pu souffrir, ni en lui-même , ni en sa Mère même, la sainteté nuptiale ? qui peut, dis-je, approcher de ce sacré corps avec des sentiments impurs, Ou ne pas consacrer son corps, chacun selon son état, à la pureté, après l'avoir reçu ? Ministres sacrés de ses autels, soyez donc purs comme lesoleil : Chrétiens en général, détestez toute impureté : Vierges consacrées à Jésus-Christ, ses chères épouses, soyez jalouses pour lui, et ne laissez en vous aucun reste d’un vice qui a tant de secrètes branches. Mais si vous voulez être vierges de corps et d'esprit, humiliez-vous : n'aimez ni les regards ni les louanges des hommes : cachez-vous à vous-mêmes, comme une vierge pudique, qui, loin de se faire voir, n’ose pas seulement se regarder quoique seule : un regard sur vous-même, une complaisance, non-seulément pour cette fragile beauté qui pare la superfcie du corps, mais encore pour la beauté intérieure , est une espèce d'abandonnement. Femmes chrétiennes, vierges chrétiennes , et vous dont le célibat doit être l’honneur de l’'Église, soyez soigneux d’une réputation qui fait l'édification publique. Considérez Jésus-Christ notre pontife : parmi tous les opprobres qu'il a soufferts, jusqu’à être accusé comme « un homme qui aimoit le vin et la bonne chère ? », il n’a pas voulu que sa pudeur ait jamais eu la moindre atteinte. On «s’étonnoit de le voir parler en particulier à une femme»,
1Is. La. 8. — * Matth. x1. 19, —3 Joan. 1v. 27.
qu'il convertissoit, et avec elle sa patrie : et il agissoit en tout d'une manière si épurée et si sérieuse , que, malgré la : malignité de ses ennemis, son intégrité de ce côté- là est demeurée sans soupçon. Pourquoi l'a-t-il voulu de cette sorte, si ce n’est pour nous, afin de nous faire voir tombien nous devons être soigneux, autant qu’il nous est possible, de n'être pas seulement soupçonnés dans une matière si délicate, où le genre humain est si emporté, si malin et si curieux !
T° ÉLÉv. Encore sur la perpétuelle virginité de Marie,
Pourquoi, saint évangéliste , avez-vous dit ces paroles : Et non cognoscebat eam donec peperit : « Et il ne l’avoit pas » connue , quand elle enfanta son fils premier-né' »? Que ne disiez plutôt qu'il ne la connut jamais, et qu’elle fut vierge perpétuelle? Les évangélistes disent ce que Dieu leur met à la bouche. Saint Matthieu avoit ordre d'expliquer précisément ce qui regardoit l’enfantement virginal, et l’accomplissement de la prophétie d'Isaïe, qui portoit « qu'une vierge concevroit et » enfanteroit un fils! ».
Au reste, ou-ne peut penser sans horreur, que ce sein virginal où le Saint-Esprit avoit opéré, dont Jésus-Christ avoit fait son temple , ait jamais pu être souillé, ni que Joseph, ni que Marie même, aient pu cesser de le respecter. Avant sa conception et son enfantement, elle avoit dit en général : « Je ne connois point d'homme * » : saint Joseph étoit entré dans ce dessein , et y avoir manqué après un enfantement si miraculeux, e’eût été un sacrilége indigne d'eux, une profanation indigne de Jésus-Christ même. Les frères de Jésus mentionnés dans l'Évangile, et saint Jacques qu’on appela frère du Seigneur, constamment ne l’étoient que par la pa renté, comme on parloit en ce temps : et la sainte tradition ne l’a jamais entendu d’une autre sorte. Qui à jamais seulement pensé, parmi les chrétiens, que Jésus ne füt pas le fils unique de Marie, comme Dieu? Si {ce qui est abominable à penser) il n’eût pas été son fils unique, lui auroit-il, en la
1 Matth. 1, 25. — ? Is, vis. 14. — 8 Luc. 1, 34,
quittant, donné un fils d'adoption? Et quand il dit à saint Jean : « Voilà votre mère » ; et à elle : « Voilà votre fils" », ne montre-t-il pas qu’il suppléoit par une espèce d'adoption, ce qui alloit manquer à la nature? Loin de la pensée des chrétiens le blasphème de Jovinien, qui a été l’exécration de toute l'Église; Dieu a marqué aux évangélistes ce qu'ils devoient précisément écrire, et ce qu’il vouloit qu’on réservât à la tradition de son Église, pour l'expliquer davantage. Apprenons de là qu’il faut penser de Marie tout ce qu'il y a de plus digne et d’elle et de Jésus-Christ, quand même l'Écriture ne l’auroit pas toujours voulu exprimer avecla dernière précicision et netteté, et qu'il auroit plu à Dieu le laisser expliquer à fond à la tradition de son Église, qui a fait un article de foi de la perpétuelle virginité de Marie.
Quand est-ce qu'il a plu à Dieu de manifester au monde la merveille de l’enfantement virginal? Constamment, ce n'a pas été durant la vie du Sauveur, puisqu'il lui a plu de naître et de vivre sous le voile du mariage : en quoi il a confirmé que le mariage étoit saint, puisqu'il a voulu paroître au monde sous sa couverture. On a donc prèché la gloire de l'enfantement virginal, quand on a prêché toute la gloire du Fils de Dieu : et en attendant, Dieu préparoit à la pureté de Marie, gn la personne de saint Joseph, son cher époux, le témoin le moins suspect et le plus certain qu’on pût jamais penser.
TV° ÉLÉv. Sur ces paroles d’[saïe rapportées par l'Évangéliste : « Son nom sera appelé Emmanuel ».
« Son nom sera Emmanuel ; Dieu avec nous * ». Ce sont de ces noms mystiques que les prophètes donnent en esprit, pour exprimer certains effets de la puissance divine, sans qu'il soit besoin pour cela qu’on les porte dans l'usage. Si nous comprenons la force de ce nom « Emmanuel », nous y trouverons celui de Sauveur. Car, qu'est-ce qu'être Sauveur, si ce n'est d'ôter les péchés, comme l'ange l’a interprété ? Mais les péchés étant ôtés, et n’y ayant plus de séparation entre Dieu et nous, que reste-t-il autre chose ; sinon d'être
* Joan, x1x. 26, 27. — 2 Is, vit. 14. Matth. r. 23.
unis à Dieu , et que Dieu soit avec nous parfaitement? Nous sommes donc parfaitement et éternellement sauvés, et nous reconnoissons en Jésus qui nous sauve, un vrai « Emma- » nuel ». IlLest Sauveur, parce qu’en lui Dieu est avec nous : c'est un Dieu quis'unit notre nature ; étant done réconciliés avec Dieu, nous sommes élevés par la grâce jusqu'à n'être plus qu’un même esprit avec lui.
C’est ce qu’opère celui qui et à la fois ce que Dieu est, et ee que nous sommes; Dieu est homme tout ensemble. « Dieu » étoit en » Jésus-Christ, « se réconciliant le monde, ne leur » imputant plus leurs péchés '», et les effaçant dans ses saints. Ainsi Dieu est. avec eux, parce qu'ils n’ont plus leurs péchés.
Mais ce n’étoit rien, sien même temps Dieu n’eût été avec eux pour les empêcher d'en commettre de nouveaux. Dieu est avec vous , dans le style de l'Écriture, c’est-à-dire que Dieu vous protége ; Dieu vous aide , et encore avec un secours si puissant, que vos ennemis ne prévaudront pas contre vous. « Ils combattront », disoit le prophète *, «et ils ne pré- » vaudront pas, parce que je suis avec vous ». Soyez donc avec nous , à Emmanuel ! afin que si, après le pardon de nos péchés, nous avons encore à combattre ses pernicieuses: douceurs, ses attraits, ses tentations, nous en demeurions victorieux.
Est-ce là toute la grâce de notre Emmanuel? Non, sans doute: en voici unebien plus haute, qui aussi est la dernière de toutes : c’est qu'il sera avec nous dans l'éternité , « où Dieu » sera tout en tous * » : avec nous pour nous purifier de nos péchés ; avec nous, pour n’en plus commettre; avec nous, pour nous conduire à la vie, où nous ne pourrons plus en commettre aucun. Voilà, dit saint Augustin‘, trois degrés par où nous passons pour arriver au salut que nous promet le nom de Jésus, et à la grâce parfaite de la divine union par notre Emmanuel : heureux, quand non-seulement nous n’aurons plus de péchés sous le joug de qui nous succombions ; mais quand encore nous n’en aurons plus contre qui il faille combattre , et qui mettent en péril notre délivrance !
11. Cor. v. 19.— ? Jreme. 1. 19. — * I. Cor. xv. 28. — * S. Aug. passim..
0 Jésus ! à Emmanuel! Ô Sauveur ! à Dieu avec nous, Ô vainqueur du péché ! Ô lien de la divine union ! J'attends avec foi ce bienheureux jour , où vous recevrez pour moi le nom de Jésus, où vous serez mon Emmanuel, toujours avec moi, parmi tant de tentations et de périls. Prévenez-moi de votre grâce, unissez-moi à vous, et que tout ce qui est en moi soit soumis à vos volontés.
Ve ÉLÉv. Joseph prend soin de Marie et de l'enfant : voyage de Bethléem.
Après le songe de Joseph et la parole de l’ange, ce saint homme fut changé : il devint père, il devint époux par le cœur. Les autres adoptent des enfants : Jésus a adopté un père. L'effet de son mariage fut le tendre soin qu'il eut de Marie, et du divin enfant. Il commence ce bienheureüx ministère par le voyage de Bethléem, et nous en verrons toute la suite.
Que faites-vous, princes du monde, en mettant tout l’univers en mouvement, afin qu'on vous dresse un rôle de tous les sujets de votre empire ? Vous en voulez connoître la force, les tributs, les soldats futurs, et vous commencez, pour ainsi dire, à les enrôler. C’est cela, ou quelque chose de semblable. que vous pensez faire ; mais Dieu a d’autres desseins que vous exécutez sans y penser par vos vues humaines. Son fils doit naître dans Bethléem, humble patrie de David : il l’a fait ainsi prédire par son prophète’, il y a plus de sept cents ans; et voilà que tout l’univers se remue pour accomplir cette prophétie.
Quand ils furent à Bethléem, au dehors pour obéir äu prince qui leur ordonnoit de s’y faire inscrire dans le registre public, et en effet pour obéir à l’ordre de Dieu, dont le secret instinct les menoit à l’accomplissement de ses desseins : « Le temps d’enfanter de Marie arriva * ; et Jésus, fils de » David » naquit dans la ville où David avoit pris naissance”. Son origine fut attestée par les registres publics : l'empire Romain rendit témoignage à la royale descendance de Jésus- Christ ; et César, qui n’y pensoit pas, exécuta l’ordre de Dieu.
Allons aussi nous faire écrire à Bethléem ; Bethléem, c’est-
®Mich. v, 2, —? Luc, 11. 2. 4. — 3 Joan. vit. 42.
à-dire maison du pain: allons-y goûter le pain céleste, le pain des anges devenu la nourriture de l'homme : regar dons toutes les Églises comme étant le vrai Bethléem , et la vraie maison du pain de vie. C’est ce pain que Dieu donne aux pauvres dans la nativité de Jésus, s'ils aiment avec lui la pauvreté, s'ils connoissent les véritables richesses. Ædent pauperes, et saturabuntur : «Les pauvres mangeront et seront rassasiés * » s'ils imitent la pauvreté de leur Seigneur , et le viennent adorer dans la crèche.