VI: ÉLÉv. L'étoile disparoît
Soit que Dieu voulût faire connoître qu’il alloit punir les Juifs ingrats, par la soustraction de ses lumières ; soit que Pétoile qui conduisoit au roi pauvre , et l’ange qui la guidoit, ne voulüt point se montrer où paroissoit la pompe d'une Cour royale et maligne ; soit que l’on n’eût pas besoin de lumière extraordinaire, où luisoit comme dans son lieu, celle de la loi et des prophètes, l'étoile que les anges avoient vué en Orient se cacha dans Jérusalem, et ne reparut aux mages qu’au sortir de cette ville, qui tue les prophètes, et qui ne connut pas le jour où Dieu venoit la visiter.
C’est ici encore une figure de l'inspiration. Elle se cache souvent : la lumière qui nous avoit paru d’abord, se cache tout d’un coup dans les ténèbres, l'âme éperdue ne sait plus où elle en est, après avoir perdu son guide. Que faire alors ? Consultez , et écoutez les docteurs , qui vous conduiront par la lumière des Écritures. L'étoile reparoîtra avec un nouvel éclat. Vous la verrez marcher devant vous plus claire que jamais; et, comme les mages, vous serez transportés de joie. Mais durant le temps d'obscurité, suivons les guides spirituels et les ministres ordinaires que Dieu à mis sur le chandelier de la cité sainte.
VIIe ÉLÉv. Les docteurs indiquent Bethléem au Mages.
La lumière ne s'éteint jamais dans l'Église. Les Juifs commencoient à se corrompre , et le Fils de Dieu sera bientôt obligé de dire : « Gardez-vous bien de Ja doctrine des Pha-
»risiens, et des docteurs de la loi * ». Cependant dans cct
P Matth, u. 9, 10. —?Ib. xvi. 11.12.
état de corruption , et à la veille de sa ruine, la lumière de la vérité devoit luire dans la synagogue, et il devoit être toujours véritable jusqu'à Ja fin , comme dit le même Sauveur, que « les docteurs de Ja loi et les Pharisiens sont assis » sur la chaire de Moïse : faites donc ce qu'ils enseignent » (tous ensemble et em corps), « mais ne faites pas ce qu’ils »-font ‘». Tant il étoit véritable que la lumière subsistoit toujours dans le corps de la synagogue qui alloit périr.
C'est ce qui parut à Jérusalem sur l'interrogation des mages. Les pontifes et les docteurs de Ja loi allèrent d’abord au but sans hésiter. Le roi (c'étoit Hérode) les assembla pour les consulter : il faut répondre alors. Quand les rois, qui interrogent seroient des Hérodes, on leur doit la vérite lorsqu'ils la demandent; et le témoignage en est nécessaire.
« Le roi des Juifs » , disent-ils”’, « doit naître dans Beth- »léem. Car c’est ainsi qu’il est écrit dans le prophète » Michée * : Et toi, Bethléem , tun’es pas la dernièreentre » les villes de Juda ; car de toi sortira le chef qui conduira » mon peuple d'Israël ». H falloit avoir de la foree pour oser dire à un roi si jaloux de la puissance souveraine, qu’il y avoit un roi prédit au peuple , et que c’étoit lui qu’on cherchoit ; de sorte qu'il étoit au monde; mais il falloit que la synagogue, quelque tremblante qu’elle fût sous la tyrannie d'Hérode , rendit ce témoignage.
Voici encore une autre merveille. C’est à la poursuite d'Hérode que se fait cette authentique déclaration de toute la synagogue. Hérode ne fut poussé à la consulter que par la jalouse fureur qu'il va bientôt déclarer : mais Dieu se sert des méchants et de leurs aveugles passions, pour la manifestation de ses vérités.
Il y a encore ici un autre secret. Dieu cache souvent ses mystères d’une manière étonnante. C’étoit un des embarras de ceux qui avoient de la peine à reconnoitre Jésus-Christ , qu'il paroissoit Galiléen , et que Nazareth étoit sa patrie. Le » Christ doit-il venir de Galilée? L'Écriture ne nous apprend- » elle pas», disent-ils, « qu’il doit naître du sang de David ,
! Matth. xxx111, 2, 8, —? Ib, n. 2, 5. 6. — 3 Mich. v. 2. — { Joan. VII 410042; À
» et mème de la bourgade de Bethléem, où David demeuroit»? Et Nathanaël, cet homme «sans fard, et cevrailsraélite »,ne fut-il pas lui-même dans cet embarras quand on lui dit : «Nous avons trouvé le Messie ; c’est Jésus de Nazareth, fils » de Joseph. Quoi ! » répliqua-t-il, « peut-il venir quelque » chose de bon de Nazareth! »? N'est-ce pas Bethléem, la -tribu de Juda , qui nous doitdonner ce Christ que vous m’annoncez ? Quoique Jésus-Christ pût dès lors leur découvrir le lieu de sa naissance, nous ne lisons pas qu'il l'ait fait, Dieu veut que ses mystères soient cherchés.
Approfondissez humblement : ne vous opiniètrez pas à rejeter Jésus-Christ, sous prétexte qu'un des caraetères de sa naissance n'est pas encore éclairci. Si vous cherchez bien, vous trouverez que ce Jésus conçu à Nazareth, et nourri dans cette ville comme dans son pays, par une secrète conduite de la divine sagesse, est venu naître à Bethléem. Ainsi ce qui faisoit la difficulté , se tourne en preuve pour les humbles : et Dieu avoit préparé cette solution de l'énigme, premièrement par le témoignage des-bergers , mais dans la suite d'une manière plus éclatante à l'avénement des mages dans Jérusalem.
La demande qu'ils y firent hautement du lieu où devoit naître le Christ , fut connue de tout le monde, « et tout Jé- » rusalem en fut troublé aussi bien qu'Hérode *». La réponse de l’assemblée des pontifes et des docteurs consultés par ce roi, re fut pas moins célèbre , et le meurtre des innocents dans Bethléem , fit encore éclater cette vérité. Accoutumonsnous au dénouement de Dieu. Quelle admirable consolation à ceux qui ne savoient pas que Jésus étoit né à Bethléem , quand ils virent cet admirable accomplissement de la prophétie ! avec quelle joie s’écrièrent-ils avec le prophète : « Vraiment, Ô Bethléem » tu n’es plus comme auparavant, « la » plus petite des villes, puisque » tu seras illustrée « par la » naissance de celui qui doit conduire Israël * ». La postérité montrera l’étable, ou, comme les païens l’appeloient, la caverne où étoit né le Sauveur du monde , et Celse, quoique
2Joan, 1.45. 46. 47. — ? Matth. 1. 2. 3.4 5.— SI. 11, 6. 1%
gentil, en fait mention‘. Cette petite bourgade demeurera éternellement mémorable; on se souviendra à jamais de la prophétie de Michée, qui tant de siècles auparavant prédit qu'elle verroit naître dans le temps celui dont la naissance est éternelle dans le sein de Dieu ; et; comme parle ce prophète, « celui dont la sortie » et la production « est de toute » éternité ? », Admirons comme Dieu sait troubler les hommes par de
terribles difficultés, et en même temps les calmer d’une manière ravissante. Mais il faut être attentif à tout, et ne rien
oublier ; ear tout est digne d'attention dans l’œuvre de Dieu :
et l’œuvre de Dieu se trouve en tout, parce que Dieu répand
partout des épreuves de la foi et de l'espérance. Commencons par croire , malgré les difficultés, car c’est ainsi que fit le bon et sineère Nathanaël, qui , sans attendre l’éclaircissement de la difficulté sur Nazareth, touché des autres motifs qui l’attiroient, dit à Jésus : « Vous êtes le Fils de Dieu,
» vous êtes le roi d'Israël. Et Jésus lui dit : « Vous verrez de
» plus grandes choses * ». Parce que vous avez cru d’abord
dès la première étincelle d’une lumière, quoique foible
et petite encore, de bien plus grands secrets vous seront ré-
vélés.
VIIT ÉLÉv. La jalousie et l'hypocrisie d'Hérode : sa politique trompée.
Siméon nous dira bientôt que Jésus est venu au monde «afin que le secret caché dans le cœur de plusieurs, fût ré- » vélé ». Quel secret doit être ici révélé? Le secret des politiques du monde: le secret des grands de la terre ; la jalousie secrète des mauvais rois : leurs vains ombrages; leurs favises délicatesses, leur hypocrisie , leur cruauté ; tout cela va pa— roître dans Hérode.
Au nom du roi qui étoit venu , et à qui il voyoit déjà occuper son trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, il ne s’emporta point contre les pontifes qui avoient annoncé te roi aux Juifs, ni contre les mages qui avoient fait la demande : en habile politique, il va à la source, et
! Orig..contr. Cels. 1..1,.n. 51. — ? Mich. v. 2.— 3 Joan. 1. 49. 50, — * Luc:
conclut la mort de ce nouveau roi. «Allez », dit-il aux mages, «informez-vous avec soin de cet enfant , et quand vous l’au- » rez trouvé, ffites-le-moi savoir, afin que j'aille aussi l'ado- »rer à votre exemple‘ ». Le cruel ! il ne songeoit qu'à lu enfoneer un poignard dans le sein; mais il feint une adoration pour couvrir son crime,
Quoi donc ! Hérode étoit-il un homme sans religion ? Ce n'est pas là son caractère. Il reconnoît la vérité des prophéties, et sait de qui il en fautattendre l'intelligence : mais l'hypocrile superstitieux se sert de ses connoissances pour sacrifier le Christ du Seigneur à sa jalousie.
Que de secrètes terreurs Dieu envoie aux âmes ambitieuses Hérode n’avoit rien à craindre de ce nouveau roi, dont «le »royaume n'est pas de ce monde * »: et lui qui donne le royaume du ciel, ilne desire point ceux de la terre. Mais c’est ainsi qu'il effraie les grands de la terre, si jaloux de leur puissance, et il faut que leur ambition soit leur supplice.
Mais en même temps Dieu se rit du plus haut des cieux de leurs ambitieux projets. Hérode avoit poussé jusqu'au dernier point les raffinements politiques : «Allez, informez-vous »soigneusement de cet enfant * ». Voyez comme il les engage à un exacte recherche et à un fidèle rapport; mais Dieu souffle sur les desseins des politiques, et il les renverse. Jésus dit à un autre Hérode, fils de celui-ci, et qui, comme lui , ne craignoit que le Sauveur voulüt régner à sa place : « Allez, dites à ce renard » (à ce malheureux politique) « qu'il faut », malgré lui, « que je fasse ce que j'ai à faire » aujourd’hui et demain; et que ce n’est qu’au troisième » jour» (et à la troisième année de ma prédication), « que je » dois être consommé ‘» par ma mort. Il est dit même à son père. Il faut , malgré vos finesses et votre profonde hypocrisie, que cet enfant que vous voulez perdre par des moyens qui vous paroissent si bien concertés , il faut qu'il vive et qu'il eroisse , etqu'il « fasse l'œuvre de » son « Père pour le- » quel » il est « envoyé * ». Quand vous aurez trompé les hommes, tromperez-vous Dieu ? Votre jalousie ne fera que
UMatth. 11. 8. — ? Joan. xvur. 36. — © Matth. 11. 8. — Luc. xIII. 32. 39, 5NJo8név. 34.
se tourmenter davantage, quand elle verra hors de ses mains celui qui l’effraie. Que craignons-nous dans l’œuvre de Dieu? Les obstacles que nous suscitent les grands de la terre et leur fausse politique? Quand le monde sera plus fort que Dieu, nous devons tout craindre ; tant que Dieu sera comme ilest, «le seul puissant ' », nous n’avons qu'à marcher la tête levée:
EX: ÉLÉv. Les mages adorent l'enfant, et lui font leurs présents.
Après que les mages se furent soumis aux prêtres et aux docteurs, et se furent mis en chemin, selon leur précepte, «l'étoile paroît de nouveau et les mène où étoit l'enfant ? ». Fut-ce à l’étable ou à la crèche? Joseph et Marie y laissèrentils l'enfant, et ne songèrent-ils pas, ou bien ne purent-ils point pourvoir à un logement plus commode ? Contentonsnous des paroles de l'Évangite : « L'étoile s'arrêta sur: le lieu » où étoit l'enfant ». Sans doute, ou dans le lieu de sa naissance, ou auprès, puisque c’étoit làqu’on les avoit adressés, et on doit croire que ce fut à Bethléem même, afin que ces pieux adorateurs vissent l’accomplissement de la prophétie qu'on leur avoit enseignée. Quoi qu’il en soit, «ils l'ado- » rèrent, et lui firent leurs présents® ».
Faisonsles nôtres à leur exemple, et que ces présentssoient magnifiques. Les mages offrirent avec abondance, et de l'or, et les parfamsles plus exquis, c’est-à-dire lencens et la myrrhe.
7 Recevons l'interprétation des saints docteurs, et que l'Église approuve. On lui donne de l'or comme à un roi: l’encens honore sa divinité ; et la myrrhe son humanité et sa sépulture, parce que c’étoit le parfum dont on embaumoit les morts.
L'or que nous devons offrir à Jésus-Christ, c’est un amour pur, une ardente charité, qui est cet or appelé dans l’Apocalypse ‘, «l'or purifié par le feu » qu’il faut « acheter de » Jésus-Christ.
Commentest-ce qu'on achète l'amour? par l’'amourmême:
Tim. vi. 15.— ? Matth. 11. 9. — 3 Fbid. 11. — “ Apoc: 111. 18.
SUR LES MYSTÈRES. rl
en aimant onapprendà mieux aimer ; en aimant ke prochain, et en lui faisant du bien , on apprend à.aimer Dieu: et c’est à.ce prix qu’on achète son amour. Mais c’est lui qui commence en nous cet amour, qui va sans cesse s’épurant au feu des afflictions par la patience.
» Je vous conseille» , dit Jésus-Christ, « d'acheter de moi » cet or ‘ ». Obtenez-le par vos prières: n’épargnez aucun travail pour l’acquérir. Joignez-y l’encens. Qu'est-ce que l’encens du chrétien? L’encens est quelque chose qui s’exhale, qui n’a son effet qu’en se perdant. Exhalons-nous devant Dieu en pure perte de nous-mêmes; puisque « celui qui perd son » âme la gagne * »..Celui qui renonce à soi-même, celui qui s'oublie , qui se consume lui-même devant Dieu, est celuiqui lui offre de l’encens. Épanchons nos cœurs devant lui; offronslui de saintes prières qui montent au ciel, tout ensemble qui se dilatent dans l’air, et qui édifient toute l'Église. Disonsavec David : « J’ai en moi mon oraison au Dieu de ma vie * »; j'ai en moi l’encens que je lui offrirai, et l’agréable parfum qui pénétrera jusqu'à lui. Ce n’est rien, si nous n’y ajoutons encore la myrrhe; c’est-à-dire, un doux souvenir de la passion et de la sépulture du Sauveur, « ensevelis avec lui », comme dit saint Paul *. Car sans sa mortiln’y a point d’oblation sainte; il n’y a point de vertu ni de bon exemple.
Après avoir offert ces présents à Dieu, croirons-nous être quittes envers lui ! non, puisqu'au contraire, en lui donnant ce que nous lui devons, nous contractons une nouvelle dette”. « Nous vous donnons » , disoit David, « parmi ces riches of- » frandes, ce que nous avons reçu de votre main ° ». Combien plus avons-nous reçu de sa main cet or. de la charité, cet encens intérieur de notre cœur épanché dans la prière, cette pieuse et tendre méditation de la passion et de la mortde Jésus- Christ ! Je le reconnois, à Sauveur! Plusje vousoffre, plus je vous suis redevable : tout mon bien est à vous; et sans en avoir besoin , vous agréez ce que je vous donne à cause que c’est vous-même qui me l’avez premièrement donné, et que
1 Apoc. 111. 18. — ? Matth. xvi. 25. Luc. x1v. 33. — *Ps. XLI.9. — # Rom. vr. 4. — 5 S. Aug. Serm. 299. de Nat. Apostol, Petr. et Paul. n. 3. — 6 Paral. xx1IX. 14.
rien n’est agréable à vos yeux, que ce qui porte votre marque et qui vient de vous.
Mais que donnerons-nous encore à Jésus-Christ? Le mépris des biens de la terre. Que les mages sortirent contents de trouver le Roi des Juifs, qu’ils étoient venus chercher de si loin, que l'étoile, que la prophétie leur avoit montré, de le trouver, dis-je, ou dans son étable, ou dans un lieu toujours pauvre, sans faste, sans appareil! qu’ils retournèrent contents de l'usage qu'ils avoient fait de leurs richesses en les lui offrant! Offrons-lui tout dans ses pauvres : la partie que nous leur donnons de nos biens, estla seule qui nous demeure; et par celle-là que nous quittons, nous devons apprendre à nous dégoûter, à nous détacher de l’autre.
Xc ÉLÉv. Les mages relournent par une autre voie.
« Après avoir adoré l’enfant, avertis en songe» par un oracle du ciel, «de ne retourner plus à Hérode, ils retournèrent » en leur pays par un autre chemin '». Ainsi fut trompée la politique d'Hérode ; mais Dieu veut en même temps nous apprendre à corriger nos premières voies; et après avoir connu Jésus-Christ, de ne marcher plus par le même chemin. Ne nous imaginons pas qu'un changement médiocre nous suffise pour changer les voies du monde dans les voies de Dieu. » Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont » pas vos voies, dit le Seigneur ». Et voyez quel en est l'éloignement; « autant que le levant est éloigné du couchant, » autant mes pensées sont éloignées de vos pensées, et mes » voies de vos voies ‘». Ainsi, pour aller par une autre voie, pour quitter la région des sens et s'avancer par les-voies de Dieu , il faut être bien éloigné de soi-même ; et la conversion n’est pas un petit ouvrage.
Nous avons, comme les mages, à retourner dans notre patrie. Notre patrie, comme la leur, est en Orient. C’est vers l'Orient que Dieu avoit planté son paradis; il nous y faut retourner. Dans quelle sainteté, dans quelle grâce, dans quelle simplicité l'homme avoit-il été créé? » Dieu l’avoit fait droit
ANTENNES ENV 8 007
» etsimple, etil s’est lui-même jeté dans des disputes infi- » nies'.» Pourquoi tant contester contre Dieu? « Crains Dieu » et observe ses commandements, c’est là tout l'homme ©. » Homme,ne dispute plus sur la nature de ton âme, surlesconditions de ta vie : craindre Dieu et lui obéir, c’est toutl'homme. Que cela est clair ! que cette voie est droite! que cette doctrine est simple! On devoit l'apercevoir d’abord, et dèsle premier regard se jeter dans cette voie. Pourquoi tant de laborieuses recherches? c’est que l'homme, à qui Dieu avoit d’abord montré son salut et sa vie dans son saint commandement, s’est laissé trahir par sessens ; et la trompeuse beauté du fruit défendu a été le piége que l'ennemi lui a tendu : delà il s'estengagé dans un labyrinthe d'erreurs où il ne voit plus d’issue. « Revenez, en- » fants d'Israël, à votre cœur *» ; connoissez votre égarement, changez votre voie. Si jusqu'ici vous avez cru vos sens, songez à présent que « le juste-vit de la Toi ‘». Si jusqu'ici vous avez voulu plaire aux hommes et ménager une fausse gloire , songez maintenant à glorilier Dieu à qui seul la gloire appartient. Si jusqu'ici vous avez aimé ce qu'on appelle les aises et les plaisirs, accoutamez-vous à goûter dansles maladies, dans les contradictions, dans toutes sortes d’incommodités, l’'amertume qui vient troubler en vous la joie des sens et y réveiller le goût de Dieu.