‹ uvres de BossuetChapitre 134 sur 140 · XXV. Orantes nolite multum loqui* : « N'af · texte numérisé non relu

XXV. Orantes nolite multum loqui* : « N'af

» S. Greg. Nazian. Orat. XL, n* 26, tom. i,pag. 657. » Matlh. VI , 7.

PENSEES CHBÉTIENNES ET MORALES

« fectez point de parler beaucoup dans vos priè- « res. » Jésus-Christ nous avertit ici d'éviter les prières où l'on ne fait que parler sans sentiment, où le cœur ne dit rien de lui-même, mais va tout emprunter de l'esprit.

XXVI. La retraite et l'oraison nous apprennent à mourir : parce que celle-là détache les sens des objets extérieurs; et celle-ci , l'esprit des sens.

XXVII. Dieu enseigne quelquefois aux hommes des choses qu'ils ne pensent pas savoir : « J'ai ins- « truit une veuve , dit-il à Élie, pour te nourrir ^. » Elle n'en savait rien ; [mais elle y était toute préparée par] la disposition secrète du cœur.

XXVIII. L'Écriture donne de l'âme à ce qui n'en a pas , pour bénir Dieu ; du corps à ce qui n'en a pas, pour rendre plus sensibles les opérations divines et s'accommoder à notre faiblesse. Miser icordia et Veritas obviaverimt sibi ; justitla et pax osculatse sunt » : « La miséricorde et la vérité se sont rencon- « trées; la justice et la paix se sont donné le bai- « ser. »

XXIX. Combien l'esprit de raillerie est-il opposé au salut et au sérieux de l'Évangile ! f^x vobis , qui ridetis ^ ! « Malheur à vous , qui riez ! » Les gens du monde ne savent eux-mêmes pourquoi ils y sont attachés.

• JII. Reg. XVII, 9. — » Ps. Lxxxiv, II. — ^ Ltie. vi, 25.

XXX. Nous agissons par humeur et non par raison; c'est pourquoi l'ambition ni l'avarice ne se changent pas pour avoir ce qu'elles demandent, parce que l'humeur demeure toujours. Les appétits , qui consistent à remplir les organes corporels, se unissent, à cause que les organes sont bornés: mais dans les appétits où l'imagination doit être remplie , il n'y a nulle fin ; c'est ce qui s'appelle agir par humeur.

XXXI. Rien de plus commun dans la bouche des hommes que le mensonge , et que de prendre à témoin la première vérité. Quiconque ment, ne garde pas la foi qu'il exige; car il veut que celui à qui il ment , lui soit fidèle dans la chose même sur laquelle il le trompe. Or celui qui viole la foi donnée est coupable d'une grande injustice.

XXXII. On dit : Cet homme m'a ôté mon honneur. Comment? En me faisant un affront. Ce n'est pas lui qui vous l'ôte : car l'injuste injure étant mal fondée, n'ôte rien ; c'est l'opinion de ceux qui jugent mal des choses.

XXXIII. La renommée nous en impose, quoique cent fois on ait été trompé par ses faux bruits. Cette séduction a pour principe , ou la malignité de notre cœur , toujours prêt à s'ouvrir à la médisance, ou notre amour- propre , aussi empressé à se persuader tout ce qui peut flatter l'intérêt de ses désirs.

FIN DU QnA.TBTEME ET DERNIER VOJ-DME.

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TABLE DES MATIERES

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