POUR LA FÊTE D£ SAUVT JEAN-BAPTISTE
Teutdans le silence, parcequ'ils ne croient pas pouvoir s'en expliquer assez dignement. Mais voici un ange qui vient suppléer à leur défont; mange député de Dieu : c'est Gidbriel qui vient résoudre leur doute, et leur apprendre clairement et distinctement ce qu'ils ddvent penser de la personne de Jean. Vous êtes en peine de savoir ce que sera un jour cet enfont ; et moi, dit l'ange , je vous déclare qu'il sera grand devant le Seigneur : Erit magnus coram Domino (Luc. , 'l ) Témoignage, Chrétiens, qui suffisoit pour canoniser le précurseur de Jésus-Christ : car être grand devant les hommes, ce n*est rien; être grand devant ks princes et les rois, qui sont les dieux de la terre, c'est peu, puisque ces dieux de la terre sont eux-mêmes très petits ; mais être grand (fe?aot le Seigneur, comme Jean-Baptiste , c'est être vraiment grand , c'est être solidement grand , c'est être absolument grand , parceque c'est être iprand devant celui qui est non^seulement la grandeur même, maislasouroe et la mesure de toutes les grandeurs : Eritmagnuicorwn Domino (Ibid.). En effet, tout est petit devant Dieu, et les plus hautes puissances de l'univers ne sont, en présence de cette majesté divine, que des atomes et des néants : Et subsiantia mea tanquàm nihilum mat te (PscUm. 38). Mais pour saint Jean, il est quelque chose, et quelque chose de grand devant Dieu même : Magnui coram Domino. Concluez de là quel est donc le caractère de sa personne, et le degré de sa grandeur. Je me tromj[>e. Chrétiens, ne le concluez pas encore, de là ; c'est d'un autre témoin, c'est de Jésus-Christ qu'il faut que vous l'appreniél : car il n'appartenoit qu'à lui de nous donner une juste idée de la personne de Jean-Baptiste. Les hommes n'A^nt pu rien dire ; Tange, quoique ministre du Seigneur, n'en a pas dit assez ; mais le Fils de Dieu couronnera tout par son témoignage. Et que dira* t-il? une parole qui renferme ou plutôt qui surpasse tous les éloges. Amen dieo vobis, non surrexit inter natos mti/terum major Joanne Bajh tista ( Hatth., il ) : Oui , je vous dis en vérité qu'entre tous les enfants des hommes, il n'y en a point de plus grand que Jean-Baptiste. Voilà , mes chers auditeurs , le comble de la grandeur : car être grand même devant Dieu, c'étoit, après tout, une louange qui convenoit à plusieurs autres Saints ; mais être si grand qu'entre tous les enfants deshommes il n'y en aitpoint eu de plus grand, c'est la louange parilcnlière et l'avantage de saint Jean. Sur cela les Pères et les interprètes sont partagés : les uns veulent que Jean n'ait été le plus grand qu'entre les Saints de Fancienne loi; et les autres, qu'il n'y en ait point eu de plus grand que lui, même entre les Saints de la loi de grâce. Quoi qu'il en soit, c'est de lui, et de lui seul, que le Sauveur a dit : Non sur' reait inter natos mulierum major. Voilà l'oracle de la vérité, à quoi , sans rien examiner de plus, nous devons nous en tenir, et voilà le premier témoignage que le Fils de Dieu rendit à la personne desaint Jean. J*ai dit qu'il en avoit rendu un autre à la dignité de son ministère : comment cela ? le voici. L'office important et le ministère essentiel de
im POUR LA FÊTE DE SAINT JEAN-BAPTlSTE.
Jean-Btpttste, fat d'être le précurseur de Jësiï»-Ghrist ; mais cet office de précurseur ëtoit si relevé du-dessns de totis les autres ministères oii les hommes jusqu€-*)à avoîent été employés, que, sans le tëmeigfÈSge de lésus-Chrîst, irous ne raèrious jamais compris. Prenez garde, s'il vous platt. Les Jnîfe reconnoissoietit saint Jean pour un prophète, et ils en jûgeoient bien, car il Tétoit ; mais ils le croyoient simplement prophète, et en cela Us se trottipoient, car il ëtoit quelque chose de plus. Etiam tUeo vobiSy et ptUs quàm pfophetam (Matth., 11). Oui, leur disoit le Fils de Dieu, il est prophète, et plus que prophète. Pourquoi, demande saint Jérdttie, plus que prophète? parceque les proptfètes np'avoiênt annoncé le Messie que dans l'avenir, au lien qde lea* - Baptiste annonçoît qu'il ëtoit venu ; parceque les prophètes ji'avoieBt vu les choses qcle de loiïi et dans robseurité, au lien qiae sahit Jean les voyoit clairement et en elles-mêmes. Sans a«rtre rmon que celle-là , oir avoit droit de le mettre au-dessus de tMM les prophètes, et de l'appeler plus que prophète ; mais là préénmenee de son ministère étoit fondée sur un titre encore pins digne de BOB réflexions : EHam dko i^obis , et plus quant prophetam. Hic est ehim de (fuo scriptum est : Eeeh ego mitto angelum meuth qui prœpara" Ui vèam tttam otite te ( \lÀâ. ) : Il est plus que prophète , ajoutoit le &nrveur du monde, parceque c'est celui dont le Père éternel à dit à son Fils : Voici mon ange, que f en verrai .devant vous pour vous préparer la voie. En effet, pr^arer la voie à un Dieu et^étre le précurseur d'un Dieu, c'étolt faire Poffice d'un ange, et lel anges du premier ortk A se serolent tenus honorés de cette commission \ mais cette c6mmis9k>n est réservée à Jean, et il étoit proprement l'ange de Jésu$-Chri^. Or être l'ange de Jésus-Gbrist, c'étoit quelque chose sans doute de plus' honorable que d'être un ange du commun : car hs anges du commuu, quoique ambassadeurs de Dieu, n'ont point d'autre ministère que de veiller à la conduite dea hommes ; mais le ministère de Jean-Bapiiste regardoit immédiatement la persoArne de Jésus- Christ, ptiisfpi'il u'ëtOit envoyé au monde que pour Jésus-Christ : Eccè egà thitto angelum memii ante faeîem tuam ( Ibid. ). Ah ! Chrétiens, est-il rieil de plus sublime, et qui doive nous inspirer plus de vénérati?)n pour ce grand Saint? e'étoit l'ange de notre Died ; il a fait â&Bti le niystère de HficarDation le même office que l'ange envoyé à !flfarië d^h part de Dieu ; et en vertu de sa mission, il a rendu à JéflMs-Christ, comme précurseur, des services plus importants et plus liécessàH^éS' que jamais les auges n'en ont pu rendre à cet Homme- Bteu.- Encore une jRdis, ministère tout angélique, ou plutôt ministère vmt divine, qst Jësu»Christ a voulu honoref de son témoignage.
Ajoutez-y ce qui doit en être la conséquence naturelle, je veux dire k témoignage que le Sauveur du monde rendit à la prédication de saînt Jëàff. Vous le savez : toute rexcellence de la prédication consiste en doux points, à ëeiairer et à toucher, à instruire et à émouvoir ,* mais il
PODJI LA FÊTE DE SAINT JEAIi^-lAPtlSTE. iOT
mi rtfe de trosrer F un et l'nttre ensendild : car il arrif ^ tooi léè jourv
qu'entre €em qui aont destinés, et qui oot même reçu dM alëûk dtt
ciel ponr élre les dispensateurs d« la parole de Diea, les j^lus fenreats
et les ph» aëiës ne sont pas les mieax piDttrnis de sdèncé et dé lmni6*^*
m; ei qve les plus iotelUgents et les plus habites ne soiit pas ordinaf^
lement eetnt qui ont le plus de zèld et d'arderir . Les tidê éclairent , ÉhaHâr
setouchedt pas; les antres lonehent, mais n'instruisent fias; du Ujen
^Jean-Baptisle, «don le tëmoîgnsiga de Jësu&Ôbrist, eMeèUoh é{fa»
kmeit eias» toiis les dem : IUb état lucetna drdem et lueeiU(ibksi. , 5).
Vous rsTex Tu^ disoit an luifo eê Bim SauTevr, et vous Faveii ad-
miré, G'ëtoh un fiambten qot édairèvt lontè laf Judée ; mais e'étoit tn
Hinbean aident et lisant : luisant^ pour dissiper toutes leS téoèbreér
de rinfidélité du siècle; et ardent, pour embraser totis lès eosnrs dd
divin amotir. Il a prèèhë parmi) vous atèc tout TesprK et tonte la vertu
éÉlie ; In $jmtt» et virtuteElUè (Lnc, i). L'esprit satfS lâ véi^tu, on là
vMn sans l'esprit, n'auraient pas suffi ; mais sryant poésie éminent-
ment Tum et fautré, c'a été ifn prédicateur parfait Que reitoSt-if,
Ghrëtiens , apièi des témoignsges si iltnstres? EncOfe ttû momedt de
votre aiteaCioB; je n'en abuserai pas.
Il àf s^ssbit d'autoriser le baptême dé saint lèaA ; et é'est ce qu'a fait Jéflufr-Gifrist par un quatrième télboigtidgé, qui ne mëriie past moins qoe les antres d'dsint dafis rëidgfè de oè glorieux précu^ur. Jean baptisoft dans In Jofirdâitf tous cêfulc qui veitoient à ini ; mais comme eë baptène éioit nonvëau^ lei» pbmsiétis et les partisans de la Synagagne en jugeaient diverserhenf. Quelqttes nâs l'apphjfu voient, d'autres le.Uâmoieift; eesrx<-d restimofient bon et profitable, ceux-là lè rqeloîent nomme superstitieux et inutile. On dlemaikle$t à ^ÎDt Jèàii ea v^tn d» quoi its'sfttribnoft la' puiSsaitcie de bapflser, pnisqu^it n'é- «rit p^ le Ckrisi i QéM ergo bàpk%mfi si m tiM è» ChttHus (Jotak. , i)f Mais ponr montrer qne cette ptrilMaffeice Ini èonvenoit, le Sauveur dés^ boinBaes.rend hantetneni témoignage de la validité et de l'efficace du baptême de Jean : et quel témoignage? )ë plus éêtatant, mais aùîside la partd'nn Dieu te pHns surprenant ; car tout Dieu qu'il est, il i^eçolt ce baptèmede tepénirenc^f, qui diSposoit silors les hommes à la rémissioii des péebés et au baptême de la loi de g^ïlce. C'est dans ce dessein qu'il mot de là Galilée au Jourdain, et qu'il se présente à s^nt Jean pfôuf itre baptisé; c'est, dis-je , afiA de convaincre par-là tbuS les esprits que liU^aptêÉia de Jean est donc un baptême salutaire ; qu'il est saint, et qn'rlestdelHèu, puisque lut, qui estPihde Dieu, en veut bien user. Mais^ Setgifeur, que Mtes^voUs, s'écf ie Jean-Baptiste , tbnchéét conftis d'une humilité si proforide ; que fiiifes-voùs, et ave2-voiis oiibHë ce qne vooe êtes ei ée que je snfs ? C'est mot qui d^js être baptisé par vous, et voue lAenes k moi! Ne éraiguez-ton^ point, en vous abaissant jusque lè, d'obscurcie toire gloire, et qo'oif n'en«l!re des conséqneA^ osa au pr^tidloe de feWe sainteté? Sine inbdo, hri tép&ad le Fils de
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DieUy ne emm decet nos impiété cmnemjusiiiiam (Hatth.» 3) : Laissezmoi faire pour cette heure, car c'est ainsi qu'il fout que nous acoomplissions toute justice. Vous m'avez rendu témoignage, je vais vous le rendre à mon tour; et pour apprendre à tout le monde que votre baptême vient du ciel, moi qui suis descendu du ciel, j'en veux bien fidre l'épreuve dans ma personne. Quoique ce soit le baptême de la pénitence, moi qui suis l'innocence même, je veux bien m'y soumettre; et quoiqu'en m'y soumettant je paroisse inférieur à vous sans* l'être, je ne dédaigne point de le paroltre, pourvu que je persuade aux hommes que la pénitence à laquelle ce baptême les ^gage, est la seule voie qui peut les conduire au salut et à la véritable rédemption. N'estil pas vrai, mes chers auditeurs, qu'il n'appartient qu'à Dieu de savoir honorer ses Saints?
Finissons par le dernier, mais le plus essentiel de tous les témoignages que Jésus-Christ ait rendus à son précurseur, en publiant la sainteté.de Jean, l'innocence de ses mœurs et l'austérité de sa pénitence. Où le trouvons-nous, ce témoignage? Au chapitre onzième de saint Matthieu. Car c'est là qu'il est dit que notre adorable Sauveur s^entretenant avec le peuple, et instruisant les Juifis qui l'écoutoient, leur parloit ainsi : Qu'êtes-vous allés voir dans le désert ? Qvid existis in desertum vtdere (Matth., 11) ? Vous y avez vu Jean-Baptiste ; hé bien ! qu'en dites-vous ? avez-vous cru voir en lui un roseau agité du vent, c'est-à-dire un esprit léger et sans consistance» qui suit le mouvement de ses passions, qui plie sous l'adversité, qui s'évanouit dans la prospérité , qui succombe à la crainte , que la vue de plsûre, ou que l'intérêt ébranle ; qui cède à tout et qui ne résiste à rien : Arun^ dinemvento agit<Uam (Ibid.)? Non, Jean n'est point un homme de cette trempe, c'est un cœur ferme et inébranlable dans le parti de Dieu; c'est une amesolide, et à l'épreuve de toutes )e^ tentations du monde ; c'est un esprit supérieur à tout ce que la foiblesse humaine peut former d'obstacles dans l'accomplissement des devoirs les plus difficiles, et qiii demaf dentune vertu plus héroïque : en voilà le caractère. Mais encore, qu'avez- vous mi dans le désert ? y avez-vous trouvé un homme vêtu avep mollesse, un homme voluptueux, attaché à ses commodités, aimant les douceurs de la vie, esclave de son corps et de ses sras ; Sed quid existis vtdere? hominem moilibus vestitum (Ibid.)? Au contraire, vous avez vu un homme crucifié pour le monde, un homme mort à tous les plaisirs du monde, un homme ennemi de son ^rps, un homme épuisé d'abstinences et déjeunes, un homme couvert d'un rude cilice : telle est la forme.de vie dont Jean-Baptiste est venu servir de modèle. Qui parle ainsi , Chrétiens ? le Fils de Dieu , lequel rend téihoignage <|ile la sainteté de son précurseur, et qui n'alloue pour cela ni les révélations, ni les esUases , ni le don des miracles et <^ guérisons, ni l't^prit de prophétie , ni toutes les autres grâces éclatantes dont saint Jean étoit rempli; mais qui fait consister cette
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SMteté dans une vie pénitente et mortifiée , dans la haine de soi- Déoae, dans le crucifiement de la chair, surtout dans la constance et la fermeté.
Arrétons^nous là, mes chers anditeors ; voilà ce que JQ^vous laisse i fliéditer, et ce qui doit être pour vous et pour moi le frmt de ce .discours. Je vous l'ai dit, et je vous le dis encore, que si Jésus-Christ ne DOQs reoonnolt devant son Père , et ne rend témoignage en notre faveir, comme il l'a rendu en faveur de Jean-Baptiste , nous ne senns jamais du nombre de ses prédestinés et de ses élus, llfeut, pour éire Idste dans cette vie, que nous ayons le témoignage de Dieu en bous: Qui crédit, habet testimomam Dei in se (1 . Joan., B) ; et j'ajoute 40e, pour être glorieux dans l'autre, il faut que nous ayons le témoî» j^age de Jésus-Christ pour nous. Or Jamais Jésus-Christ ne nous rendra oe témoignage Àvorable dont dépend notre saint éternel, si aoQs ne sommes fermes comme saint Jean dans l'observation de la loi de INeu, et si nous n'entrons dans cette sainte voie de la pénitence et de la mortification où a marché le saint précurseur. Pourquoi cela? parceque Jésus-Christ ne rendra témoignage qu'en faveur de ceux qui auront eu soin de se conformer à lui. Or nous ne pouvons nou9 conformer à Jésus-Christ que par cet esprit de pénitence, accompagné et soutenu d*une inviolable persévérance ; par conséquent le témoignage de cet Homme-Dieu nous est indispensablement nécessaire. II iedonne aujourd'hui au plus saint des hommes, qui est Jean-Baptiste; mais il ne le donne que fondé sur ces deux cfaeft, de l'austérité de sa vie, et de la solidité de sa vertu. Il n'est pas croyable que nous l'ob^ tenions à des conditions plus douées, ni qu*il ait pour nous des lois de providence moins ^sévères et plus commodes. Savez- vous donc, Chrétiens, ce que nous avons à craindre ? c'est que Jésus-Christ, dans le jugement dernier, au lieu de rendre témoignage poumons, ne le rende contre nous; et qu'au lieu que son témoignage, s'il nous étoic fiivorable, mettroit le sceau à notre justification et à notre prédestina*^ tion, il ne fasse notre condànmation et notre réprobation. Si jasMiifi cet affreux malheur nous arrivoit, par où Jésus* Christ fortifiera-t-il son témoignage caaxvt nous? par l'exemple de saint Jean, par la péni** lence de saint Jean, par la retraite de saint Jean, en un mot, par ¥é* norme et monstrueuse opposiUon qui paroltra entre la conduite de 1» plupart des chrétiens et celle de saint Jean.
Car comment nous sauverousHMus de cette contradiction, etqu'aju* rons-nous à y répondre? Jean, rempli du Saint-Esprit et sanctifié même avant sa naissance, n'a pas laissé d'embrasser une vieaiîslère el pénitente ; et moi qui suis pécheur, chargé devant Dieudi poids de mes iniquités, j^ veux mener une vie aisée ei douce. Jean^ dans la plus parhite innocence, n a pas laissé de mater sa cbair par le jeûne et le dlice; et moi j épargne la mienne, qui est une chair de péché. Jean, à répreuve deioutes les tentations du monde, n'a pas lais^.dc fuir le
irO POUR LA FËT£ DE SAINT IEAM-BAPTI8TE.
nUNBde; et moi qui sais la foiblesse même, je m'expose à tous les dan« gersdu monde^ Voilà, dis-je, mea chers auditent^, ceqile saint Jeto nous reprochera au tribuDal de Dieuicar, après avoir été le témoin de Jésus-Christ davs le premier avènement de ce Dieu Sauveur^ il viendra encore dans le second^ et sera appelé en témoignage contre leslftcli6a chrétiens : Hic t/enit m tesAmonium (Je an., 1 ). Oui, il viaMlra, non plus pour servir de témoin à la lumière^ mais pour servir de témoi o contre Tiniquité. Ce sacré chef que vous conserves eomme un prédeux dépôt; ce chef dont la vue confondit 4'impie Hél^ode^ et le fie trembler jusque sur le trôde ; ce chef muet maintenant, depuis qu'une mort sanglante lui a ôté l'usage de k voix, mais ators rappelé à la vie et plus éloquent que jamais, fera sortir de sa boHêhe ces paroles feu-droyantes qui attéreront le pécheur^ Ah ! grand Saint f parlerezMrnua^ donc contre ce peuple qui vous est spédalement dévoué ? il vous Irh Aore et il vous invoque eomme son protecteur s en deviendrez- vousf Faocusateur et le juge? Obtenez-lui ces graeea de eonversioB, ces graceà de tonciificatidn qui le remettront dans la voie dû salut que vousnoo» avez enseignée ; sui^tout faites-lui bien comprendre ce fismeux orade^ mm^ depuis le temps où voue avez vécu sur la térre^ le royaume àm M ne s'emporte que par violence : Adielm$ JeaHfiisBaipiiiUB regmum €éRlorum vm pàtUm' (Matth., 1i)«
. Du reste^Ghrétiens, parlant devant un prélat que je considère m^ non seulement comme l'évéque et le pasteur da-voaumes, mais comme «n deâ maîtres de Téloquenee de la chaire^ où mut de fois il-s'ès^dis^ tid^feé, j'aurois ed besoia^ dans tout ce discours, des dansexceHeiits qii'il a reçus du cieli et qu'il a su si digncrtent et tt saintement enn ployer. Du moias^ Monseignenr4 ai-je en ravanlage.dntnKiver en iFôus de quoi.persttâTder à votrevtronpeau les saintes vérité» que je yiens de lui annoncer, et de quoâ k» lui rendre sensiUas : car en fi^ simt réloge du précurseur de Jésus-Ghristi je n'ai pa mf empêcher de bénirle del, qui, pour ma consolation, me fait voir encorennjonrd'hw^ dans votre personne, un prélat' rempli de l'esprit tle JentSapiiste et imitateur de ses yértus ; je veux dire un prélat aussf 4Mairé qne zélé» aussi fervent que vigilaot, et^ si j'ose m'eit primer de la sorte, aussi ni'- EàâiUe que vénérable ; un pr^t plein de vigaear et de force ponr faire ebsérven la discipliney mais en mteetemf^s plein d'onotioA et dede»« ceur pour la faire aimer ; un piréispt qui; comme Jean-^Bâptiflle^ a édiâé la coury et qnè In cotir ^ respecté f qne le plus grand des cdis a koiioré de son estune; qui, prêchant aux g^iwla dn svèoleaiwe une Kberfë tout évang#iqne, maïs aussi avec «ne égsde sagessef les a în« aûrutts dip leurs cfetoirs, et n'a pas ersfint de leur reprocher leurs dée erdres ; un prélat dont la saine doctrine, la solide piété y la vie édtfiàate lui oné mérité Tauguste rang qu'il tient $ et i^ui, sans cessé oc^ cupé de ses fonetione, n'tf en vue que la gloire de IKeu, que les infë* fêta de Dieu^ ^ue f accroisMnent du eulte de Dieiii enfin^ nopréht
POUR LA PÈtÈ 1>È SAINT WERRE. 171
qui, dévoué aux travaux apostoliques, et^ seloir Texpressiott de saint Paul, n'estimatnt pas sa vie pins précieuse que lui-même, sacrifie tous les jours sa santé aux exercices de son ministère, à consacrer de dignes sujets 9 et à les former pour sefrvir utilement s(»f£gtise, à visiter Jes ouailleâ que la Providence lui à confiées, à sanctifier son peuple, et à le conduire dans le chemin de Ja perfection chrétienne : Parare Boimno plebem perfectam (Luc, t). Voilà, Monseignear, les exemples qaeTOus dot^nez, et qui, plus efficaces que mes paroles, sont, pour toutecette assemblée, autant d^exbortatîons pressantes et touchâmes. Pbiise m ciel que vous en suiviez , Chrétiens, foute Timpression , et qoepar-lSr vous arriviez un jour à la vie éternelle^ que je Vous sottliaAe, etc.
SERMON POUR LA FÊTE TfE SAINT PIERRE.
Pierre loi répondit : Vous dtes le Christ, Fils 4u Diea vivant. SiiNT Màtthiiu, cliap. nvi.
Voîfii , mes chers auditeurs , toute la substance de Kévairgîle de ce jour, et des importantes vérités qui y sont contenues ; voilà siïr quoi est fondée la gloire de saint Pierre, votre Mhistre patron. C'est lui qoi le premier a confessé la divhiité de Jésus^Chrlst ; et voili pôiirquoi Jésus'Cbrtst lai a doilné , au-dessus defs apôtres , cette primauté qui nous te reûâ si téiîérable, et en terttr de laqueRe il est le dbef de tbutéf rÉgflise. C*est lui (fu?, Êfon seûleniei!kt pour sapersoililé, mais au nom de toii^ies autres apôtres, a le premier retfdu téihoîgnage qtfé Jé^iis- Ghrist est lé Fils dû Diea vivant, non pas simplement par adoption , ntrais par nature : car il l'a reconnu Fils du Dieu Vivaût d'une manière qui ne convenoit ni à Élie , ni à Jean-Bstptiste , ni adx prophète». Oi* Elle, Jean^-BËptiste elles prophèteaf étoient, dand les termes de tÈtthtare; efifânts de Dieu par adopfion. Il est dohc trai qtle sdiiit Piefre , qui prétendoii' éféver Jésus^Ghrist an-dessus d'eux, l'a confessé abso^ lament Fils de Diea , égal à Dieu , consnbstantiel à Died , eh un mot , Dieu lui-môme. Et c'est pour cela, encore une fois, que Jésàâ<<Gbrlsf a établi cet apôtre .comme le fondement sur lequel il vouloit édifier son Église, pour cela qu'il lui a mis en main les clefs du ciel, pour cela qu'il lui a donné le pouvoir de lier et' de délier sur la terre : en sorte que toutes les prérogatives de ^int Pierre ont été les suites heureuse» et les fruits de cette éonfessioh de lot, Tu en Qhthtu^y Filins Dék viv't. Ajotttona-y toutefois, Chrétiens, l'ardent amour dé ce glorieux apôtrr pourJésns-Christ:car la foi de saint Pierre, sans son amour, n'eùipa» doffi. Il Moit que le ckèf de l'Église f et non Reniement le plus édairé^ mais lé phfs rempli de zèle et de charité. Et en effet , oe que iévà^ Gfarîst promet aujourd'htii â èfdint Piei^re^ pàreequ'îl eotifesse sadivi» lAé, à'a eu 86n accomplissement qu'après que te Pria de Die» loi eut demaadé^iirtfinKrit plits qtaë ttm \m autrèSr M'iiAfies^vooSr Simcnit
i7S POUR LA FÊTE DE SAINT PIERRE.
fils de Jean? lui dit ce Sauveur adorable après sa résurrection. Oui^ Seigneur, lui répondit Pierre ; vous savez que je vous aime, et que .je suis prêt à donner ma vie pour vous. Paissez donc mes agneaux et mes brebis , reprit son divin maître : Pasce agnos meos, pasce ovesi tneas (Joan r, 2t). Ainsi » Chrétiens , c*est sur la foi de saint Pierre et sur Tamour de saint Pierre qu'est établie sa sainteté et sa prééminence : voilà les deux sources des grâces dont il fut comblé. Il a été le pasteur des peuples, et le souverain pontife : pourquoi? parcequ'il a reconna Jésus'Christ pour le Fils du Dieu vivant, et parcequ'il a aimé Jésus- Christ jusqu'à verser pour lui son sang. Arrêtons-nous là : car il ne s'agit pas aujourd'hui de parler des grandeurs de saint Pierre , mais de ses vertus ; il ne s'agit pas de ce que nous devons admirer, mais de ce que nous devons imiter en lui ; il ne s'agit pas de relever son apostolat, et d'en concevoir de hautes idées, mais de nous édifier de ses exemples. Attachons-nous donc à sa foi et à son amour. En qualité de chrétiens , nous sommes les pierres vivantes de ce mystérieux édifice de rÉglise , que Jésus-Christ est venu construire sur la terre. Et comme, après Jésus-Christ, votre saint patron en est la pierre fondamentale, il faut que nous soyons bâtis sur celte pierre : Et super hanc petrapi œdificabo Ecclesiam meam (Matth., 16). Or pour cela il faut que noiis participions à la foi et à Tamour de saint Pierre ; pour cela il faut que la foi de saint Pierre soit la règle de la nôtre» et que Tamour de saint Pierre soit le modèle de notreamour ; il faut que nous croyions^ de cœur et que nous confessions de bouche ce que le Père céleste , et non pas la chair et le sang , à révélé à saint lierre; et il fiiut que BOUS puissions dire à Jésus-Christ , comme saint Pierre : Vous savez, , Seigneur, que je vous aime. Ainsi, Chrétiens, comparons notre foi avec la foi de saint Pierre, et notre amour avec l'amour desaint Pierre pour Jésus-Christ. En àeux mots» hi foi de saint Pierre opposée à notre infidélité ; c'est la première partie : l'amour de saint Pierre pour Jésus-Christ» opposé à notre insensibilité; c'est la seconde. Toutes deux feront le partage de ce discours, et le sujet de votre attention, après que nous aurons salué Marie. Ave Maria.