TROISIÈME PARTIE
On ne peut mieux exprimer en quoi consiste l'efficace de la pénitence chrétienne, que par ces admirables paroles de saint Paul : Sicut txhxbuistis membra vestra servire immunditiœ et iniquitati ad tni^uttatem , tta nunc exhibete membra vestra servire jtutitiœ ad sanclificaiimem {Rom.<, 6). Mes Frères , disoit aux Romains le grand Apôtre , comme vous avez fait servir vos corps à l'impureté et à l'injustice , peur commettre des actions criminelles , il faut maintenant que vous les fassiez servir à la justice et à la piété, pour mener une vie toute sainte; car c'est en cela que votre pénitence paroltra véritable et solide. Il faut que ce qui a été la matière de votre péché devienne la matière de votre pénitence ; ce que vous avez donné au monde, lorsque vous en étiez les esclaves, il fiiut maintenant que vous le donniez à INeu ; et les mêmes choses que vous avez employées à votre vanité et à votre plaisir, vous devez désormais les employer aux exercices de la religion ; autrement ne vous flattez pas d'être bien convertis : je n'en jugerai que par-là, et je ne ferai que par-là ce juste discernement de ce que vous êtes et de ce que vous n'êtes pas.
Or ne diroit-on pas. Chrétiens, que saint Paul avoit entrepris de fiiire dans ces paroles le portrait de Madeleine et de sa pénitence? Qu'est-ce que Madeleine aux pieds du Sauveur? Ah! répond saint Augustin , c'est une idole du monde changée en victime et consacrée au vrai Dieu; c'est, ajoute ce saint docteur, usant des propres termes de l'Apôtre , Tinjustice et Tiniquité même qui donne des armes à la piété, le luxe qui en fournit à Thumilité, la mollesse et la délicatesse de la chair qui prêle secours à la mortification et à l'austérité, afin d'accomplir cette parole de l'Apôtre : Exhibete membra vestra arma Deo. Venons au détail. Ainsi les yeux de Madeleine avoient été comme les premiers organes de ces honteuses passions, qui commencent dans les âmes mondaines par la curiosité de voir et par le désir d'être vu ; mais si ses yeux l'avoient perdue, c'est de ses yeux qu'elle tire ce qui doit contribuer à la sauver. Ses yeux avoient allumé dans son cœur l'amour du monde, et c'est par les pleurs qui coulent de ses yeux qu'elle l'éteint ; elle n'en avoit jusque l^ versé que pour de profanes
objets, et que pour leur marquer une tendresse criloiiielté doit eliete piquoit ; mais, dit-*elle, j'en verserai pour mon Diea, et je n'en verserû que pour lui. Non seulement j'en verserai pour lui, mais sur lui, pm^ qu'il s'est rendu visible; je l'arroserai de mes larmes, et mes larmes^ ainsi purifiées, me purifieront moi-même; j'en laverai les pieds de mon Sauveur , et j'obtiendrai par-là d'être lavée dans son sang. Feiices lacrymœ^ conclut saint Léon, quœ diitm culpcu abluerunt ffris^nœeonf versationis , virtutem habuere bapdsmatis (Leo) 1 Heureuses larmes qui tinrent lieu de baptême à Madeleine, et qui, l'ayant rendue mille fois coupable, eurent enfin le pouvoir et la vertu delà justifier ! Madeleine, dans l'extérieur de sa personne, avoit été vaine jusqu'à l'excès : idolâtre d'une beauté périssable, et n'oubliant rien de tout ce qui pouvoit lui attirer et lui conserver des adorateurs, elle s'étoit surtout attachée au soin de ses cheveux ; vanité que Tertullien appelle une iinpudicité étudiée et affectée : Confictam et elaboratam kbidinem. Mais ces cheveux qu'elle a cultivés avec tant d'affection et tant d'étude, lui seront-ils inutiles dans sa conversion? Non, Chrétiens; l'esprit de pénitence qui l'anime lui apprend à en faire un nouvel usage : ils avoient été jusque là l'ornement d'une tête pleine d'orgueil, et désormais ils seront employés à l'exercice dePhumilité la plus profonde. Madeleine s'en servira pour essuyer les pieds de J^us- Christ ; et en essuyant les pieds de ce Dieu Sauveur, cette pécheresse effacera toutes les taches de ses péchés. Je serois infini , si je m'arrétois à toutes les preuves que me fournit l'Évangile pour établir et pour confirmer ma proposition. G'étoit une femme sensuelle que Madeleine : parfums, odeurs, liqueurs précieuses, c'étoient ses dâices; mais que sera-ce pour elle dans sa pénitence? Ah! si dans ses mains elle porte encore un parfum exquis, ce n'est plus pour contenter ses sens, mais pour le répandre sur les pieds de son Dieu. Les disciples mêmes de Jésus-Christ en seront surpris, ils en murmureront , ils s'en scandaliseront : Ut quid perditio hœc (Matth., 26)? Mais elle sait ce qu'elle fait, et elle ne croit pas devoir rien ménager quand il s'agit de témoigner à son Sauveur la vivacité de son repentir et la sensibilité de son amour : pour cela, elle n'a rien de si cher à quoi elle ne veuille renoncer ; pour cela, elle est disposée à se sacrifier elle-même : trop heureuse si son sacrifice est agréable, et que Dieu daigne accepter une hostie tant de fois profanée, mais enfin sanctifiée par le feu tout céleste et tout sacré qui la consume !
Tels sont désormais les sentiments de Madeleine ; et sans s'arrêter à de vains sentiments, tels sont les effets de sa pénitence. Or voilà. Mesdames (car c'est surtout à vous que j'adresse celte morale), voilà par où vous pourrez juger vous-mêmes de la sincérité de votre retour à Dieu et de votre conversion. Tout le reste est équivoque, est trompeur, est faux. Ayez en apparence les plus beaux sentiments, tenei îe langage ou le plus sublime et le plus élevé, ou le plus vif a le plus
PODK LA FÊTE DE SAINTE HADBLfSRE. «
loiydiint; tandis que vmis en vovdrez demeurer là, fitne en Tenir ara mêmes effets que Madeleine, ne comptez ni sur toot ce que tous direz^ ai sar tout ce qne yous penserez ou que vous croirez penser. Yens SYezdans vous-mêmes, aussi bien que cette fameuse pénitente, tout ce qoi peut contribuer à votre sanctification, et vous pouvez dire à Dieu comme David : In me sunt, Deus^ vota tua {Psabn. 8S) : Oui, Seigneur, je reoonnois que tout ce que vo&s desirez de moi est en moi , et c'est pour cela que je suis absolument inexcusable si je ne vous le donne pas. Ces babits. Mesdames, dont vous vous faites une si vaine gloiro, et qui entretiennent votre luxe ; ces ajustements qui occupent presque tout votre esprit, et à quoi vous employez plus de temps qu'à Tafiaire de votre salut, et qu'à toutes les affaires même humaines dont Dieu vous a chargées; cet amour de vous«mémes, quivonsfait rechercher avec tant de soin tontes les douceurs de la vie, les compagnies, les jeax, les spectacles ; surtout cet amour de votre corps, qui vous rend si attentives à le maintenir datts un certain éclat, à relever son lustra par tous les déguisements d'une artificieuse monidanité, à lui procurer tontes ses aiseS) toutes ses commodités, voilà de quoi la pénitence doit taire en vous un holocauste à Dieu.
]e pourroîs vous dire que le seul christianisme devroit vous porter à le feire, ce sacrifice : car, pour peu que vous fassiez entrées jusqu'à présent dans le véritable esprit de la religion que vous professez, vous auriez compris que c'est un esprit de retraite, un esprit d*humi- Uté et de mortification, et qu'il n'est pas possible d'accorder ensemble la retraite chrétienne et les assemblées du monde , l'humilité chrétienne et le faste du monde, la mortification chrétienne et la mollesse do monde ; mais ce qui est un devoir si indispensable pour vous, en qualité de chrétiennes, combien plus encore l'est-il pour des p^heresses et des pénitentes? Si, dans une supposition imaginaire, tous ces divertissements et ces plaisirs mondains , toutes ces délicatesses et ces superfiuités ne vous avoient pas éloignées de Dieu ; si vous aviez su avec tout cela loi être fidèles, peut-éire tout cela vous seroitil moins défendu? Mais lorsque vous ne pouvez ignorer à combien d'égarements et de péchés tout cela vous a conduites, quel prétexte pouvez* vous avoir pour n'y pas renoncer? comment pou vez-vous revenir sincèrement à Dieu , et cependant aimer ce qui si long-temps vous en a réparées ? comment pouvez-vous quitter de bonne foi votre péché, et ne quitter pas ce qui en a éié la source empoisonnée? comment pouvez-voDS le haïr, et ne vouloir pas le détruire? or vous ne le détruirez jamais^ tandis que vous n'en coaperez pas la racine. Le même principe anm toujours les mômes suites , et la même cause produira toujours les mêmes effets.
Pourquoi la pénitence de Madeleine fut-elle une pénitence durable? paroeque ce fut une pénitence efficace. Dn moment que cette sainte pénitente eut sacrifié à Dieu tout ce qui avoit entretenu jusque là ses
désordres; elle 8'attacha si fortement à Jësos^ihristy qu'elle loi demeura toujours étroitement et inséparablement unie. Elle s'attacha à ce Dieu Sauveur, dit saint Bernard , dans tous les états où depuis il fit paroitre son adorable humanité ; c'est-à-dire qu'elle s'attacha à Jésus-Christ vivant, qu'elle s'attacha à Jésus^hrist mourant , qu'elle s'attacha à Jésus-Christ mort et enfermé dans le tombeau, qu'elle s'attacha à Jésus^hrist ressusdté et triomphant, enfin qu'elle s'attacha à Jésus-Christ glorieux dans le ciel. C'est ce que nous savons de l'Évangile; et s'il ne nous parle plus de Madeleine après l'asoension da Fils de Dieu, la tradition nous apprend où elle se retira, quelle vie dans sa retraite elle mena» quels exercices de piété et de mortificatîoa elle pratiqua, avec quelle ferveur et quelle persévérance elle les continua. Interrompit-elle jamais en effet sa pénitence? Ah ! Chrétiens, quelle merveille et quelle instruction pour nous ! tous ses péchés lui avoient été remis , et elle en avoit eu une révélation expresse de la bouche même de Jésus-Christ : Remittuntur tiUpeccata tua (Luc, 7). Cependant, bien loin de diminuer ses austérités, elle les redoubla. Si le Sauveur du monde lui dit, Allez en paix, Fade inpace (Ib.);eUeoomprit que cette paix ne devoit être que dans le cœur ; ou, si vous voulez , elle comprit que cette paix devoit consister à se faire une guerre perpétuelle, à ne se pardonner rien de tout ce que son divin maître lui avoit pardonné, à se traiter d'autant plus rigoureusement qu'il l'avoit traitéç avec plus de douceur, a crucifier sa chair, à la couvrir du cilice, à l'exténuer par l'abstinence et par le jeûne. Elle le comprit, di$-je; et voici. Chrétiens, un mystère que le monde ne peut se persuader, et dont la seule expérience vous convaincra, si vous vous mettez en état, comme Madeleine, d'en faire l'épreuve. Plus votre pénitence sera efficace, c'est-à-dire plus elle sera sévère, en retranchant de vos personnes tout ce qui flattoit vos sens, tout ce qui iavorisoit vos passions , tout ce qui faisoit le prétendu bonheur de votre vie; et plus alors cette pénitence, qui semble au-dehors si triste et si dure , vous deviendra douce et aimable, parceque vous y trouverez l'abondance de la paix.
Car ce ne fut point une parole sans effet que celle de Jésus-Christ à Madeleine, Vade inpaee; mais cette parole divine opéra dans son cœur tout ce qu'elle signifioit. Dans un moment, cette mondaine , dégagée de la servitude du monde , commença à goûter la sainte liberté des enfants de Dieu ; dans un moment, cette ame, exposée à tous les troubles que cause immanquablement l'amour du monde, commença à jouir d'un repos inaltérable ; dans un moment, cette conscience déchirée de mille remords commença à sentir cette joie intérieure que donne une sainte assurance, et que l'Écriture compare à un repas délicieux; dans un moment, cette pécheresse, délivrée de son péché comme d'un fardeau qui l'accabloit, commença à se ti*ouver toute remplie del'onclion de la grâce. Ce n'étoit point en se ménageant elle-même , en s'é-
pargnant, en sauvant de ses premières habitudes tout ce qu'elle en eût cru pouvoir réserver sans crime ; ce n'ëtoit point, dis-je, par-là qu'elle se fût établie et mainteaue dans un calme si parfisût ; mais c'est en se dépouillant de tout, en se refusant tout, en [s'immolant tout entière dle-ménie, qu'elle se mit dans une disposition si tranquille et si heureose.Car, au milieu de toutes les rigueurs de sa pénitence, quel soutien et quelle consolation étoit-ce pour elle de penser qu'elle satisfiiisoit à Dieu , qu'elle s'acquittoit auprès de la justice de Dieu, qu'elle réparoit la gloire de Dieu, qu'elle se tenoit en garde contre tout ce qui pouvQÎt lui faire perdre l'amour de Dieu, qu'elle purifioit son cœur, et le disposoit à recevoir les plus intimes communications de Dieu? et d'ailleurs qui peut dire de quelles douceurs secrètes Dieu combloit cette ame ainsi purifiée et préparée , de quelles lumières il l'éclairoit, de quel feu il l'embrasoit, de quelles visites il la gratifioit, quels sentiments, quels transports il y excitoit?
Voilà, Chrétiens, ce que vous éprouverez vous-mêmes ; et si vous sortez de ce discours déterminés comme Madeleine à cette pénitence efficace, qui est le caractère des âmes bien converties, voilà ce que je puis vous promettre delà part de Dieu. Vade in pace : Allez en paix , et n'écoutez point les retours de la nature. Le sacrifice que je vous demande l'effraie; et plus vous donnerez d'attention à ses frayeurs, plus elles augmenteront et vous troubleront. Mais comptez sur la parole de Jésus-Cfarist^ et, malgré toutes les frayeurs, entreprenez, commencez, agissez : bientôt vous verrez que c'étoient des frayeurs chimériques, ie ne vous dis pas que vous recevrez toutes les fsiveurs divines dont Madeleine fut gratifiée dans son désert ; mais sans que Dieu vous fasse part de ces dons extraordinaires et miraculeux, je dis que, par un mirade de sa grâce encore plus grand , il vous rendra doux ce qui vous semble plus amer; qu'il vous rendra non seulement supportable, mais léger, mais agréable et aimable, ce qui vous parott plus pesant ; que, dans le renoncement même à toutes les consolations du siècle, il vous fera trouver la plus pure et la plus sensible consolation. Ah ! s'écrioit saint Augustin , parlant de sa pénitence et de ce qu'il y sentit, quel plaisir fftt-ce tout-à-coup pour moi de me passer de tous les plaisirs ; et ces vanités humaines oili j'avois pris tant de goût, qu'elles mç devinrent insipides ! Quoi qu'il en soit, mon cher auditeur , puisque vous avez péché, il n'y a point d'autre moyen de salut pour vous que la pénitence ; ou tout autre moyen sans celui-là vous est inutile. Dieu pouvoit vous le refuser; mais il vous l'accorde encore : il vous fait voir l'exemple de Madeleine pour vous exciter, il vous tend les bras pour TOUS inviter , il vous parle par la bouche de son ministre, pour vous appeler. Entrez dans la voie qui vous est ouverte : ne dussiez-vons y trouver que des épines, il faut la prendre et y marcher ; car c'est la seule voie qci vous reste pour vous préserver du souverain malheur, et pour arrivera réternîté bienheureuse quejevcfus souhaite, etc.
338 POUa H FÊTE BE SAIBTr IGNACE PE L^YOIA. SERMON POUR LA FÊTE DE SAINT IGNACE DE LOYOLA.
FiéêlUDeus^ fMT quem toeati ettUin soektatem FUii ejut Jesn Christi Domitit
Dieu est fidèle, par qui yoqs ayez été appelés à la compagnie de son Fils Jésus^^hriat notre Mgnear. Première ÉfUre de aatnt PatU mue Corinthiens, chap. i.
C'est aux chrétiens deCoriqthe» at en géa^r^I à t^m tes fidèles, qoA TapAire saiat Paol adressoU ces paroles c mais il me semble qoe je puis en particulier les appliquer ^u saint patriarche dont nous célébrons la fête 9 et qu'eltee lui conriennent d'une Isçon toute spédale, puisqu'il fut appelé de Dieu poujr rétablissement d'un ordre que l'Église a approirvéy et qu'elle autorise encore soii4 le titra de la Ckmipag^ie do lésus» Dieu , qui pour s^ gloire vouloit einplay«r Ignace et rengager dans une QÛlice sainte, ae servit da ses .(Ùspoaitions naturelles, et lui laissa ses idées guerrières^ mais en las loomaDt iwrs un antre objet , et lui proposant, iM>n plus des pr4»viQ€ïes et des terres , mais des âmes à conquérir. U quitjLa 1^ armes du i»iècle, mais ponr se revêtir des arnies de la foi. }1 cessa de combattre les ei^emis de l'étal , mais pour combattra le» «nnemis da l'ÉgUse ; et la compagnie qu'il entreprit de former, et dont Dieu lui inspira la dessein, fut la Compagnie de Jéstif^hrist : Fidetis Detts , p^r quem voeaâ esiis in sodetatem Fili} qui Jem Christi, D'autres fondateois avant lui n'avoient point cru blesser les règles d'une humilité cfairétienne et d'une modestie raUgieuse; en donnant aux saints ordres qu'ils oipit établis Içs auguste noms de Tadorable Trinité , dn Sainlp Esprit, des personnes divines; et c'est sur le modèle de osa grandi hommes, et par la môme inspiration d'en haut , fue saint Ignace de Loyola choisit, pour la compagnie dont il a été Tinstituteur, l'adorable uom de Jésus* Quoi qu'il en soit , mes chars auditeurs , noue aUons voir, conformément aux paroles de mon texte, la fidélité de Dieu dans la vocation d'Ignace , et la fidélité d'Ignace à ^ivre la vocation de Dieu. Dieu fidèle en appelant Ignace à la compagnie de son Fils; ce sera la première partie : Ignace fidèle en répondant à Dieu qui l'appeloit ; ce sera la seconde. De Tune et de l'autre nous apprendrons oe que noua pouvons attendre de Dieu, et ce que Dieu attend de nous dans lesconditiona où il nous fait entrer : voilà tout le sujet de ce discours. Vierge sainte, c'est sous vos auspices que cet homme apostolt* que renonça au monde, pour se dévouer à ce Sauveur que vous avez porté dans votre chaste sein. Ce fut un des plus zélés défenseurs de vos glorieux privilèges et de votre culte : vous m'accorderez , ponr k louer dignement, le secours que je vous demande. Ave Maria.