SUR LE CHOIX HUTU&L DE 91EU
ponyef Avoir besoin» ?eus ave» attendu ie moi un hommage plos di? gne de vous, qui est Le sacrifice de mûi-méme» et e'est celui /^ue je vm$ TOUS présenter. Où sont les chrétiens du siècle qui choisissent jUeu à ce prix, et à qui, pour le posséder» il en coûte ce dépouillotteiH de toutes choses, et ee sacrifice d'eux-mêmes complet et emier ? L'an» chrétienne, je l'avoue» est obligée» comme chrétienne, de renoncer k tOMt, au moins d'esprit et de cœur, puisque sans œla elle ne peut'étre à lésus^Christ. Qui non renuntiat omiffûtuf qum pouidet, «on pouu meus eiise diicipuli/L» (Luc.» 14) :et» par la raison seule qu elle est chré* tienne» elle dpit renoncer à (elle-mépe» puJsqju'eUe est incapable ^ans eela de suivre Jésu^-Christ» qui i^ous a dit à tous» sans exicepMn :Si quis vult poit me ventre, abvtegpt semetipmm (L^uc.» 9). Mais où sont oenx qui» dans le monde» observent à la lettre ces deux préceptes; et eiyire ceMxqui s'efforcent de 1^ obsierver, où est cehiiqiM les observe Wis restriction ? Prenez et considérez \p chrétien du siècle le plu&zéléb et dans sa condition le f^liis p^rfaU ; quelque par^ q^m vous le sep* posieiç» en se donnant k Oifi^i qu^ ne se réserye*4-ii pns ? quelque dé* taché du moQido que nous )^ coocevionsp à combien de eboees estfjl néanmoins vrai qu'il n^ r/snonce pas réellen^ent, et qu'il n'a pas même iMi^ntioi) de renon/oer? Maître d^ s^s biens etde sa liberté» que quitte* V4( et de quoi se dépouille-t-il? Il n'y 4 que l'ame religieuse, qui» par un retour et un généreux ef^rl^ de sa rocoonoissanee » puisse dire à Pieu sans présomption: Qu'ai-jepu vous donner» Seigpeur» que je ne vous aie pas donné? q/u'ai^je pja quitter pour vous que je n'aie pas quitté? qu'ai*je pu faire pour m'offrir à vous comme une hostie vir vante, que je n'aie pas fait ? Je dis, par un effort de sa Feconnoissaneei car si elle psrle de la sorte» ce n'est point pour exalter le méritedeaen saicrifice, mais pour honorera ic^ontraire le don de Dieu: ce n'est point pour se glorifier» ni pour se pi?é valoir de son état» mais pour reeonnoitre devant Dinu qpece qiu'#U^ quitta i»*est qu'un )ési» tribut deee qi^'elle lui doit ; ce n'est point par un esprijt d'osienttlîoB », mais par uneviye expression de son respect infini pour ce soujvevain Être. £1 voila, mes chères Sœurs » comment le choix qpe nous faisons de Dien lui est si glorieux.
Mai^ il esi encore plus heureux pour nous : seconde vérité dont vous all#9C0nY^Aip. Car, (bndé sur ce choix, et tandis^ue ce ehoix subsiste, nous somm^ ^ikVè » autapt qfi'on le peu4 être en ostte ¥Îe» que nous aiipans Dieu» e^ que nous l'aioion^ de cet amour parfsit qui. est iosét parable de sa grâce, de cet amour souverain qui nous justifie aux yeux de Dieu^ e( qui^^eul» f u^îonsruous d'ailleurs diaigés. de crimes, » b vertu depousi:^^piliet'aveQ Dieu» de cet amour de préfiérenca e»quoi consiste la plénitude de la loi» et à quoîlo salut de l'hcineest hamao quablement attaché : amour de préférence» dent nousmiona le gag»>le plus certain. Permettez-moi de vous déwlûpfisrcâfeîot ; vous y irotH* verez mi fonds inépuisable dooensolation. Horsdel^tatrufigîeut» ilesi
BT B£ VJME RELIGIEUSE, SM
sM 4t Ar»àIM«ucpi*onridoi6par-de88inio«le8 ehoseB,et qn'onrâUM plasq«e6oi-riDéiiia ; nmisautaiit qa*il est aisé de le dire et de le penser, autant est-il rare et difibstle d9 le pratiqoiNr; aataot que celangage est ordinaire dans le christiaDisme» autant est-il douteux dans on ekrétîen quin'a pas renoncé au moode, et qui jouit tranquillement et à son aise des biens de la vie. En un niot« dit sain t Ghry sostome, on peut fiseilement se tronijper en se flattant qu'on aime Dieu , et que pour Diea « s'il le falloir. dp seroit prêt à tout quitter» pendant qu'on ne quitte rien et qu'on ne se dessaisit de rien. Au moment que nous prenons la parti de la religion, nous tenons le môme langage ; mais nous le tamns à bien n^illeur titre. Pour montrer que nous aimons Dieu pi^érable» ment à tout» nous le préférons aduellement à tout , non pas en idée ni en spéculation, mais en pratique, et. par l'iêngagement le plus réel. Nous ne voulons pas qne Dieu nous en croie sur notM parole : en quittant tmit pour lui» nous lui en donnons une prenveqni ne peut Atre équiveque ni sujette à Villusion. Gonvaineus^par une Cstaleenp^ rience, qne nous ne devons pas noua en fier à nos propres seoftîmenia pour nous assurer de noua-méoieSy nous nous vouons à Dieu jusqu'à B0«a Aler la disposition de noufrm^mes, et jusqu'à renoneer pour Dieu à tous les droits que nous avons sur nousHuAnes» Mais aussi peuion» nous après oda» sans craindre de meatirau Saint*Esprit, protester à Dieu que nous Taimons, et lui répondre de nous-mêmes sur l'artida le phis essentiel de la loi. Donnons encore plus de jour à eeite pensée» fiâns cette vîe^ personne» dit l'Êeriture» ne sait s'il est digne d'amour nu de haine: IVesàlàafnotfir&maiMereanedto digmu tk (£eoiaf., 9)$ et par conséquent personne dans œlle vie ne sait s'il aioK Dieu, ou s'il neraime pas : car si j^étois certain que j'aime Dieu, Je serois certain que Dieu m'aime et qii''il ose tMuve digne de son ansour. U est vrai , personne ne le saitinfisilliblenw|it; mais si qttelq[u'un le peut savoir, et si quelqu'un le sait de eette aeienee qui , sans être infaiUiUe » ne Wass pas. de rendre l'espéruMte des Justes feram ettranqinlis, je sotttîess que p'est L'ame rdieîeuse: pourquoi? Parcequ'eie sait ^'il n'y a rien au mmide qu'elle n'ait abandonnd pour Dieu; parceqne, sans voaloir se comparer avec l'apAire de Jésus-Cbrist , die sait qu'elle a Favaniage de pouvoir dire comme lui : Qui» nei separabit à chwrUaie Chriiti (fiem., 6) : Qui désormais me séparera de l'amour de mon Dim? soot>-ee les biens de fa terre que j'ai quittés? sont-ce les plaisirs des sens que- Je me suis retranokés? sont^oa ies honneurs du siècle que j*aî méprisés? l>isn, pens-elie cendure i car aligné i'affligeanla incertitude oii Bien veut que |e sei«fonehant son anaour et sa haine» aprèsle choix q uc j'ai fini de lutv en sacrilant toutet en use sacrifiant moi-même pour lui, j'ai rassuranee la^oa raisonnaMe et la phie solide que son amour est en moi, eA que jamais rien ne m^en déiadiera. Ce dmix hii est dime une espèce d'évidence de Pamour qu'eHamfwm Dieu ( er qi^y 9»^ pam eiie do pèashaureua 4fie#§ire
316 SUR LE CHOIX MUtttËL DE DIEU
ainsi assurée de cet amour, que de pouvoir se rendre ainsi lé tëmoignage de cet amour, que de posséder ainsi cet amour comme le titre le plus légitime de sa prédestination? Avançons.
J'ai'dit que le choix que nous faisons de Dieu dans la vocation religieuse et dans Péloignement du monde où, nous vivons , nous rend Dieu souverainement nécessaire : troisième vérité, mes chères Sœurs^ à laquelle il est impossible que vous ne vous intéressiez pas, et qui* suit du principe que j'ai établi. Car ayant tout quitté pour Dieu , si Dieu venoit à nous manquer, où en serions-nous? Si par notre iur fidélité, frustrés de notre attente, nous venions à ne pas trouver Dieu dans la religion, ne pouvant d'ailleurs y trouver les consoliations du monde, que nous resteroit-il? oùseroit notre ressource? De cette vérité, le'mondain, plein de ses erreurs, voudrcMt inférer qu'au moins en cela notre condition est à plaindre* Mais c'est en cela même, reprend saint Bernard , qu'elle nbus paroit préférable à toute autre condition, et voici l'excellente raison qu*il en apporte : Car il est vrai, mes chers Frères, disoit-il à ses religieux , séparés , comme nous le sommes, de tout ce qu'il y a d'agréable dans le monde, Dieui nous est nécessaire dans la religion ; mais c'est justement de quoi nous bénissons Dieu, qui par-là nous a mis dans une sainte et al^lue né* cessité de nous attacher à lui et de ne vivre que pour lui. 11 est vrai, Dieu, dans la religion, nous est infiniment plus nécessaire qu'aux chrétiens du siècle ; mais c'est en quoi nous nous sentons plus rede< vables qu'eux à Dieu : car malheur à nous si Dieu ne nous étoit plus nécessaire, ou s'il nous l'étoitmoins ! malheur à nous si, hors de loi, nous pouvions trouver du repos et de la douceur dans la vie! malheur si, venant à oublier Dieu et à le méconnoitre, nous pouvions nous passer de lui ! Les mondains, dissipés par les fausses joies et les vainsamusements du siècle, peut-être peuvent-ils quelquefois, quoique faussement, se flatter d'être parvenus à cette prétendue et imaginaire indépendance de Dieu ; mais c'est ce qui fait la réprobation de leur état. La béatitude du nôtre est de ne pouvoir être heureux qu'en Dieu^ de ne le pouvoir être qu'avec Dieu,de ne Tétre qu'à proportion que nous nous unissonsi Dieu : sans Dieu nous serions malheureux. Vous l'avez ainsi ordonné. Seigneur, et la loi que vous en avez faite n'est pas tant un arrêt de votre justice, qu'une disposition favorable de votre miséricorde : Jusmti, Domine, et sic est ( August. ). Sans vous, nous serions malheureux; mais nous le serions encore bien plus , si nous voulions sans vous ne rètre pas, puisque le comble de notre misère seroit de chercher hors de vous la véritable félicité. Quoi qu'il en soit, mes Frères , poursuivoit saint Bernard, en qualité de religieux, nous mettons au nombre des grâces, et des plus précieuses grâces de notre état, le besoin même que nous avons de Dieu ; car, selon la parole sainte, plus nous avons besoin de Dieu, plus Dieu se. tient obligé à répandre ses dons sur AQps ; plu$ nous avons besoin de Dieu , plus il veut que nous ayons
droit de reconrir k lai, de compter sur lui et d« (ont attendre de lui. Sans lui, nous ne Ironverions dans la religion qu'on vide affreux dfl toutes les craisolaiiona hoDiaines : mais étant, comme ii est, un Diea fidèle, lisait abondamment remplir ce vide par d'autrei consolatiuns toutes spirituelles, dont il est lui-même la Hoorce. Autant que par la I»ivatïon de tout le reste il uotis devient iwicessaire , antast se fait-il unbooiieiir etprend-il soin di looB
soateDons par nne sainte pi liait
de lui. Aobù ai-jé ajouté, m' s do
monde que bous soyons, ce : M
c'est la quatrième vérité, et srle
bonbeordenotreprofession. oui»
qni, joint à vos réflexions, p lier.
l,es chrâiensdn siècle, m . ont,
malgré eux, mille besoins qui, par l'engagement inévitable de leur condition, les assujettissent au monde, et les mettent par-là dans une impuissance morale de parvenir jamais, sur la terre , à éin contents. De combien de choses, et de cboses hors de leur pouvoir, leur repos se dépend-il pas ; et s'il ea manque une seule , quand ils auroient toutes les antres, combien de chagrins et de troubles ce seul défaut ne leqrfaitpil pas essuyer? Quel malheur, disoitnnpaien, de dépendre de 1* sorte pour être heureux! Dans la religion, si nou^ avons besoin de Dien, an moins avons-nous l'avantage de n'avoir besoin que de Dieu ; car avec Dieu, nous nous passons sans peine de tout ; avec Dieu, nous n'envions point au monde ses prospérités ; avec Dieu , qwHqne pauvres, nous sommes riubes, et bien plus riches que si nous possédiona tout, parceque nous ne desirons rien : Tatiquom nthil kabentei, et amtda pouideaiei (S Cor., 6.)- Quand on nous dit que Dieu seul fera notre béatitude dans le ciel, et que tout insatiables que nous sommes, au moment que sa gloire paraîtra, nous en serons rassasiés, selon la parqle du Prophète royal ; quoique ce soit un point de foi, noua avons de bi peine à le comprendre, et nous voudrions qu'on nous en donnât nne preuve sensible. Lu voici , mes chers auditeurs : car la preuve sewjtfrdbcei adorable attribut de IHeu , qui fait que, dans le séjour dpRfgloire , fiieu. nous suffira, c'est qu'il sufBt dès maintenant à l'ai^religiense, qu^ fidèle à la grâce de sa vocation, jouiljndépendammemdu monde d'un solide et partit conlenlement, Je m'explique : ce qui montre <^ue les Justes dans la gloire ti'onvei'Oiit en Dieu seul toute leur félicita , c'est que , par une anticipation de cette gloire , on voit dans la religion des âmes qui ne veulent que Dieu, qui trouvent tout en Dieu, après avoir tout quitté pour DÎBu,t:t qui, contentes de Dieu, renoncent, pour le posséder, à toutes les grandeurs du monde, à tous les héritafjes du monde , à tous les éfablissementsetàtoutes les fortunesdumonde. Oui, l'on en voit,etDieu,par sa miséricorde, nous en met aujourd'hui devant les yeux des exemples
«8 SUR LE CHOIX MCrUEa, DG MEO
iùvaDU.Voilàeeqaela^«cede J<siB-ChfiMctèi*JaM cMMiesfenak.
Us dont je parie, et à qui je parle : c'est un miracle râcemprélienible
pour ces moinJaiDsqui n'ont quedes vaes tcrreslKS et ammales- mail
te miracle n'en est pas iiioiii& réel ni atoins frai. Le monde, avec tont
**• i»«os, ne suffit p<wà ur avare ; le moBite. a^ec to«9 m honneun,
fu SBffil ^ A un aaperbe ; le mêàe, Met Mas seis plaisirs, DesofBt
nw Cfl8plaiM«4aiMiBde, sans eM
ï l'MKquite ehoiiit pour MOI Dles.
|«e-0e témoignage f Ëine ontCTt de
'épraftvaucenx et celles qui, faitKÊt
DJeadaBS lareligioi; etquene po»
M- knliesMBt, mes cbères Sœwrs, «
8,^twrtB la glKite^i lui est due? voiHl
»* Bt '«* G«(pi'épr«ivâttiant d'aa-
Ms daosflwffibldetiMHvpeoonditJoiiqu'ilffeM^ comme v«ae, dioigie.
Or quel ài^geiaml et quelle liberiéëe l'aroci tariqn-on se peat diivà
MMn&Re ; Diea mesuffit ! Je n'ai m (eim^ ai iIi#rii%eB« ni reveaas m
s«Boade, «atsDieo ti» «iflfcj fortune, dignité, grandean da
•oade, tant oela n'e^ peint pour moi, laais Dieu me snIBt ■ d'aatMt
Mt taam les «ommodit^s de U vi»> toute* les dmceurs qw ]e nondl!
peat kw Umem, et awi je n'en al aaaaiM , mais Dit d mé stai«t ) 1
■M«affit RHinMaaat. ilwraul6ra ^sqn'èinoa dernier wapif , il m
sbfitr» daDfrl'étermié : olr dtaot nais Dieu, il est mou loat, et isiit db
q» n'est ^pas non Bien ne«i'«st fIsm : t^àéinHû at ineaelo, «f a tt
^|miéeoluimtp6r^trraBt^Pul^. 7â)?
finfia,i»ar«nq»ièin««aeim*èreFéri«,ieeoacia»^aeWni, « omstiqaAdMdufiiMiis que bous Jtiaoas de ha parla profMsiORii^b eiease.dtvjeatMn^ikèreineataiBpéci^lPimktBoireblmijeiTrttt.Ée»reaseépousedBSMTear, ce^qai doit»ou9rendreTotre«Kjaiion égal» meotehère crvéa#aUe : en canséipence de l'uaion que ToasallM faire , b Saigncnr qae tqub choiËissez scM voire Oieai avec tbate k disiiaction qu'il pmt t'élre dam (■'ordre On la gn«e ; poarqui*? par» ceqp'en eonaéqbence du renontJemeot que vons t«te« A toat poarlai, il sera hii-oBéme Mtre partage, votre hériiâj^tre possewion, « cpie de celle sorte vous aurez sur lui , ffôaraiflipilb, tent le droirde propriété qu'une créature pe« a^ir sur son PeO,' Appliques-Wns* (» qse je dis : quand Dieu divisa la tare pMWÎse entre les tribal d'Israël , il ne donna, remarque l'Écrîture, aacsv papwge k la triba deLévi,parœtpiBlalri6ude Léwi, toute dévouéeàBien,ned«TOitpoiai avoir d'antre panage qoe Dieu même: Quia ^e Dminwi potteuioÔMt est(Detit.,iO). Excellenrflfigure,inacbèpeSa!ur,deceqniTa8«pas»6f A votre égard ; car vous allez être dans la loi de (irace ceUeaae ohoisie dantDieu sera tout le partage, et àqui Dieu,ooromeDiea,appartîendrt tout autrement qu'il n'apparlieni aux chrëliena du siècle. En eflfct, la «brétien dv siède peat bien dire oooiine BaviA ; Donùmu nnkmrf
£r DE L*Altffi RfiLl6IEUSE< 9M
^Riàthmea (PÉûlm, IS ) : Le Seigfiear est une pmioD ée flKm héti^ tÈge ; mais il ne peut pas dire absolament dut» le même sens que Famé religieuse » DammuÈ hœrtdxtas mea, Le Seigneur est mon bM^^ tage; parcequ'avec Dieu » dit saint Bernard , H possède encore d'an» très biens, et qa'en possédant ces autres biens avec Diea» il en possède moins parement et moins parfaitemeiH Dieu. C'est ipoiis, fervente épouse de Jésns-Christ , qui, désormais ayant renoncé an monde, âtirez drbit de regardiar Dieu comme un bien qui yons est mique^ ment propre» comme iMi bien qof vous est affecté , comme un breil <l*attiant plus votre bien que vous ^ £ii4es votre seul bien. Au lieu que vos frères et vos sœurs selon la chair partageront entre eux un èérîtage temporel qiie vous Feur abandonna, et dont la mort les dépouiliera , vous allez eti acquérir un, lequel, quoique immense et h^ fini, sera tout entier à vous, comme s'il n'étoit que pour vous ; et cet béritage,enct}re uâe fois,c^e$t Dieu, même qui vous tfendra lieu de tout. f)r Tons tenir Kèii de font, c'est étfe non senfement Dieu, mais spé^ eîalement votre Diea. Et voilà le sens littéral de ces bdiesparoles : Quhi tpté Ibomxnas posseMo ejus e$t.
Revenons donc , mes chères Sœurs , aux questions que j'ai d'aboNI proposées. Dieu ne seroit-il pas notre Dieu, Si nous ne le chôisissioite d'eb matiîére que je le viens d'expliquer? Écoutez stfr cela saint Basile : If serdt noirt Dieu , répond ce saint docteui', mais il ne lè seroit j^as dans cette étendue et cette perfection qui suppose le sacrilfibe que noûsf lui fâfisons d^ nous-mêmes par le vœti de la religion : €*est-à-dire , il seroit notre I^ieu par la nécessité de son être , et pa^ te droit iliafîénable de sa souveraineté ; mais il ne le seroit pas avec eesarcrott de domination et d'empire qu'il a sur nous quand nous nous dépouHkHfs pour lui de nôtre liËerté. Malgré nous, il seroit le DSeu dé tonte la nature; mais il ne seroit pas au point qu'il l'est, le Dieu de notre cœur. Il dépend de nous en ce sens qu'il soit notre Dieu ; comme au contraire, quoique Dieu de l'univers , il n'est pas le Dieti des mondains , parceqne les mondains se font volontairement , et d^ leur choix , d'autres divinités que lui. Cest lui-même qui le leur dé^ dare : Et ego non ero Dem vester. Par conséquent il est plus notre Dieu qu'il ne Test du reste des hommes, puisqu'il l'est plus ou moTns^ selon que nous nous dévouons plus ou moins à son culte. Oi Y pouvons- nous être plus dévoués* que nous ne le sommes en qiualité de religieux? D'où il s'ensuit qu'en nous corisacrarft à Dîeu^ nous ajoutons à tous les autres titres, en vertu desquels il étoit déjà notre Dieu,. celui de notre choix , et celui du choix le plus par* fait que nous puissions faire. Quel trésor de grâce pour nous, si nous savons connoitre le don de Dieu et en profiter ! Ils ont appelé ce peuple heureux , disoit David , parcequ'il a des biens en abondance, parcequ'il jouit paisiblement des plaisirs de la vie, parceque le mpnde ïe loue et lui applaudit : Beatum dixerunt populum cui hœc sunt (Psabh,
aaa sur le choix mutuel de imeu
•145). Mais moi , ajoutoit ce saint roi , j'ai dit : Bienheureax le peuple qui a le Seifpfieur pour son Diea : Beatus populm cujus Dominus Dew ejus {Ps. 443). Et voilà , di^e épouse de Jésus-Christ, votre vocation : vous avez choisi le Seigneur, afin qu'il soit singulièrement votre DieU| Bomïnum elegisù , ut sit libi Dem; et le Seigneur vous choisit aujourd'hui , afin que vous soyez singulièrement sa créature , en vous asso* ciant à une communauté de vierges qui, dans le christianisme, est à la lettre son peuple particulier : Et Dominus elegit te hpdiè, ut sis ei popuLus peouUaris. C'est le sujet de la seconde partie. ..
DECXIÈVE PARTIE.
Comme il est de la foi que la grâce, qui est le principe du mérite, doit par conséquent précéder en nous tout mérite, aussi est-ce pareillemeot un point de foi que le choix que Dieu fait de nous doit , par une absolue nécessité , précéder le choix que nous faisons de Dieu. Et voilà pourquoi saint Bernard, instruisant ime épouse de Jésus-Christ, et lui donnant une juste idée de sa vocation , en concluoit toujours pour elle Tobligation indispensable où elle étoit de marcher saintement devant Dieu , et de se tenir dans une profonde humilité, accompagnée d'une vive reconnoissance , par ce raisonnement invincible : Nisi enim priiis quœsita, non quœreres ; sicut nec eligeres, ntsi electa (Bernard.) : car, lui remontroit-il , quelque fidèle et quelque fervi^te qi^e vous puissiez être dans la voie de Dieu , vous ne chercherfez pas Dieu , si Dieu ]e premier nevousavoit cherchée; et vous n'auriez pas l'avantage de l'avoir choisi, s'il n'ayoit eu auparavant la bonté de vous choisir luimême , en vous prévenant par sa grâce, et en vous attirant à son service. Appliquons-nous, mes chères Sœurs, cette grande vérité ; et , remontant jusqu'à la source des miséricordes de notre Dieu, entrons dans les desseins de son aimable providence sur nous quand il nous a appelés à la religion. Les voici. Dieu nous a choisis, afin que nous soyons dans le monde , je dis dans le monde chrétien , son peuple particulier : Et Dominus elegit te hodiè, ut sis ei populus peculiaris. Qu'est-ce à dire, son peuple particulier? Saint Paul nous l'apprend en deux mots, dans ce beau passage de l'Épitre aux Éphésiens, Elegit nos in ipso^ ut essemus Sancti et immacutati in conspectu ejus (Ephes.^ i), 3*avoue que saint Paul parloit là des chrétiens en général ; mais du re^te , il est évident qu il parloit des chrétiens parfaits , et qu'ainsi sa proposition convenoit encore mieux à ceux et à celles qui » dans la iuite des temps, dévoient renoncer au monde, pour embiasser la profession religieuse , puisque c'est dans la profession religieuse que se trouvent plus communément les parfaits chrétiens. C'étoit donc vous et moi , mes chères Sœurs , que l'Apôtre de Jésus -Christ avoit surtout en vue, lorsqu'il disoit : Elegit nos, ut essemus Sancti et immaculati. Entre les élus mêmes , Dieu nous a élus , afin que nous soyons Saints; il nous a élus afin que nous soyons irrépréhensibles;
et j'ajoute , wÎTant la même pensée ; Il dou à élu , tSn que nous servions d'eiemple aus chréiteos du siède ; il nous * éîitf adn qu'au milieu d'eux nous paroissious comme la Iwniére du monde et comme te sel de la t<-rre. UéfiDÏtioD très naturelle tt très vrjie do l'éiat religii-us. C'est le peuple uiat du Seigneur : en 0001paraison des motidaios « c'est le peuple sans lacfae et suns reproche ; c'est le peuple suscité et prédesdné pour éire le modèle des chrétiens; c'est le peuple établi de Dieu pour confoudre les erreurs et riofifléliuf do siècle, et pour en arrêter la coi-niptioa : en un mot, c'est le peih pie de Dieu particulier, âont les Israélites n'ont été que la figure. Voilà , dis-je, auaes religieuses , à quui se termine le choix quç Dieu a fait de nous. EoL-ore quelques moments de votre attention.
Dieu nous a choisis , afia qu'en quitlité de religieux nous SOfWl SOD peuple saint : Elegit noi , ut euemu» Saneii. Choix adorable , qui nous a séparés du oioude piof^ue, pour nous associer, si j'ose m'e^ primer de la sorte, à la sainletéde Uieuméuie : Sancii atole, quia ego S(nirms«im(£>evti,,11)-CiirDieu,dj<nslefonddesonétre,étuitSaiiiiet le Saint des suims, il vouloii, dit suinl Chrysostome, et il devuit être servi par des Saints. Or c'éloit l'éiat religieux qui , par une divine fëcondiië , devoit produire ca nombre de Saints que Dieu vouloii for* mer pour la perfeciion de son culte. C'éioii l'état religieni qui, dans la reiraiie et dans l'éloiguï devoit élever celte mul-
titude de Saints éprouns, s , de Saints consommés
«I tonte sorte de vertus, »ix du monde et d'eux-
mêmes , tels qu'il Iqs falli Ire servi en Dieu. DaVid
se plaignait autrefois , et g' 1 o'y avott plus de Saints
dans le monde. Sauvez-mo >il-îl, tombé des progrte
que Msoit le viee, et des désordi :rottre de jour en
jour : sauvez-moi , pai'cei|u'il n'y is /Jaifi le monde.
Or qu'est-ce que le monde, sin<in u iment qu'il n'y'i
plus de Saints? Sabmta. me fae,l m drfucit SarMtu
{PttJm. 11). Telle éloit la prière dans l'ardenr de
son zèle, à U vue des iniquités du monde. Mais,-par ^nsenlimeDt^ieB coDlraire, je me console aujourd'hui de ce que, malgré les iniquiiés Ju monde, il y a encore des Saints dans le monde. Car Undisqueje vois des communautés de vierges consacrées i Dieu , et uniquement appliqqées.ù remplir les devoirs de leur vocation , des ooaimunaulëk qui se distinguent par leur iaviol&ble et constante régularité, qui éditent l'Ëgliie , et qui sont de celles que saint Cyprieo appeloil la pins noble portion du u%U|jeau de Jésus-Christ; tandis que je voîs^esmaisons religieuses de ce caractère ( or il y en a ), je dis hardiment et sans crainte : Non, la main du Seigneur n'est pas raccourcie ; et , malgré l'envie du iléuion , il ndHai^e p.LS d'y avoir encwe des Saint*. Comme il y en a dans le ciel que Dieu glorifie, Jl y en a sur lumre tfû glorifient Dieu , et ce sont au miûns , mes ehers auditeurs , cet
B. 4. ai
aa SUR LE CHOIX UUTUEL DE DIEU
ehtftH ipmtn du Sauveur , qui se vooent à lui comme à lenr nm* que époox ; cet âmes pures , qui , poussées de l'eapiit de Dieu , font un divorce éternel et sotenud avec le monde; ces élues racheléM d'flitre k« bommes, pour être, dans les ramilles oîi elles sont nées, comins les prémices oHeries au Dieu qu'elles adorent j ceSTier^ dont les vitenents, blanchis dans le sang da l'Âyoeaù , n'ont jamais été souillés , et qui , tout innocentes qu'elles sont, s'iiiiposenl .tout le Jong da \i péDilsDce. Voilii les Saintes de Dieu im la terre : Sanctû çtuv t>titrraiuni^'M(l>J. 15). Tout le reste du monde, si vous voul'Z, est corraiBpa ; «t je contens qu'indignés des seandnles dont le monde est pltiii,.voHS disiez anc le Prophète : Tous se sontéyarés, (hmtet dtcânttverant{Pt.i5) iiooi, en quittant Dieu, se sont livras aux pluseboaùnsbks désirs : Abominabitet farii (uni in lUidUê luû (Ib.) ; Il n'y caa ^B un qui ne vive duos le dérèglement, pasuo quineseiasseileset passions deaecrètes idoles; JVon est ifui faeiat boimM,non atmi^titad MUim (lb.)> Oui, je cODsenx que vous parliez de la sorte, pourvu qM veusen exceptiez ces gaioies Kllts qui suivent des voies si oppoaeM à ctiksdu moDile, et qui par-là, se préservant de Sa coniagiun, ne peu* vent avoir aacuae part à cet égarement universid : pourvu que vous raconaDisHez que dans leurs personnes Dieu s'est réservé de8'Sa*vBntes Gdâlf s , qui n'ont point fluclii le genou devant Bual ; de sîncèm adoratrices qui le s* en vérité , et qui , jour at nuit
oecupées'du soin de aux (ftfteos d'elles-ménips des
sacrifices doDt il n'y a le le prixetleméritQ.CarToili
loi^urs, mes ohèrei laqUellGj>ieu vous a choi^ies.
Je dis plus : Dieu qoe dans le monde chr^tiea
«Win SDj:eu irrépr^ Snnt^i et immocmjMti.Cardan*
rémi reKgieux, une,stftA«lé ot'dfnaire ne nous suffit pas : il nous faM un» 8arnieté^çpRA:,I>a)iU, ««e sainteté k l'épreuve de loute ceosare, une aaînieié où le monde ili46qiie ne puisse déuouvrii' aucune tache, j'eeteo'Js de ces Uohes honteuses qui désbenorent notre profeuiun : pQurquoi?'parcequ'il nous faut une sainteté propre à ccAlbndro le iibcQtioa^e du npodeet son impiété. Of jamais notre saintaio ne sera ttUe, si elle ne moMe ja«qu'à ce degré d'irrépréheBsibilhé. Et en ef- (el, o'est par ce motif que saint Pierre engageuit If s premiers fidèles à «e conduire parmi les Geatils d'une manière qui l>-8 mtt k couvert , BOB seuleattBt de tout bUme, mais de tout soupçoii, afin, leor dtsoit-ili mes Frères, qw voos fermiez ainsi la boutée aux hommes ignurant* et intenses, c'est-à-dire aux ennemis de la foi : Vt beitè fadeiifea> •obtéutacere faciati» mprudentinm ftomtnum ijfno^nliam (t .PEra., 3). C'ttst par celte néme raison que saint PmjI conjuroit les «inisires de rË(^iteil'ëtr«de8 hommes sans reproche, afiB,ivprenoit-i] , qne nos ad'firaavea, qsiiloienl les p«ïeija et Rs idolâtres, n'ajaat aucun mil itltre deno«8,.soieBt-forLé(>di.'MiBreipecti;rcl^gtorifit;rIMeiidans
tit (TU. 4 9)*0r voilà Jattemcnt, mes chèrts SoBorS) «e qaa DioB demanda devoasetde moi :car les mondains, au miliea desquels mmsTivons, M sont pas moins aiKHi^ifii à nous observer, ni moins dëtarminés à poua censurer, que i*^ioient alors les païens el es idolâtres à Tégard des pre« miers fidèles ; et nous ne sommes pas moins obligés, comma reltgîéaX| i confondre, par Tinti^gritë de notre vie, Finjuste et maligne crîiiqa# des libertins d'anjonrd'huî, que l'ëtoient les obrëiiens de oe temps-ià i confondre celle du paganisme : comme religieux, la cause de Diea et de son service n*est pas moins entre nos mains, et J'oserois bien diva qu'elle y est encore plus. G* est donc à nous de la souianir'par l'asaai* lent moyen que je vous marone, et le voici. L'erreur des moadainsf par exemplp, est de se figurer que-la piëtë, dans les vues secrètes éê h plupart de ceux qui ta pratiquent, n'est qu'un rafflnament spëcjÉipi d*iot4^rét ou de vanité : c'est à nous de les convaincre d'igmlr anaa , en knr faisant voir dans la religion des âmes solidensant bum.bles, q«i^ bien loin d*y cbercber l'éclat, ^nt leurs plus chères dëlioes de s'y aiH scfelir, et d'y mener une vie cachëe avec JësufrC!brist en Diea; des âmes plus que dësintëressëes ,ou dont Tunique intërét est da n'avoir pins dans le monde nul intërét : Vl obmutêscere /bctafit tmprttdmitaai Aomiftiim iynwantiam, La maligniië des impies et des lil)ertiaa est éa décrier les serviteurs de Dieu par certains endroits foibles au'ils lejn" reprochent, el dont ils font contre eux le sujet de leurs raiilanes : e^ast à nous d'éviter ces foibles, et pour Thonneur de la l^eligion, daquA nous devons personnellement répondre, de ne donner sur nous aucuttf prise : Ut nihH habeant maium dicere de nobis. Ainsi en «soient fsa premiers chrétiens révérés par les païens méme^. et à qui, eomme re< ligieux, nous avons dûsueccéder. Capite nos^ disoiant-ils , ou plutdt disioit «^n leur nom le grand Apôtre, en faisant aux Gentils un saint défi : CajHtenàs : neminem lœsimui^ nemnem tircumvemmui (S. Cor.f 7) : Examinez-nous bien s nous n'avons fait tort à personne , nous n*a« vonsni offensé ni trahi personne : qu'avez-vous à nous oiijecter qui puisse nous faire rougir, ou qui soit indigne de nous? voilà do quoi Vs se piquoient : l'irrëprëhensibilité de leur conduite étoii la gloire, tout ensemble, et de leur Dieu et de leur profession ; par*là 3s désarmoii^nt l'impiëié, et par-là iU triomphoient de la calomnie. Or» grâces au Seigneur, l'Église chrétienne est encore aujourd'hui en pos* session du même avantage. Mais i qui est-ce surtout qu'eil^taast re« devable ? A ces ferventes commuaaut<^s dont je viens da vous parler, à ces monastères où règne l'esprit de Dieu; car sans chercher de| exemples ailleurs que dan$ cette isainte maison, quel droit ces viergea qui m'écouteot n'aoroient-elles pas de dire aux mondains, comme stiint Panl: Capite nos : InformeZfVOds de notre vie tant qu'il vous plait*a; et toute votre malignité n'y trouvera.rren dont elle puisse se prévaloir contre la .profession que nous faisons d'être les épouai^s de noire Uienf Mais paroaq«e leur humilité neleurpannottroit pas , peut*étre » da