‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 31 sur 99 · PROMISES · texte numérisé non relu

PROMISES

Dixit PeXrus ad Jesum : Ecee nos reliquimus omnia, etseeuH sumuiU: auid ergà erU noHs? JêgU9 autem dixU iUU : jtmm dieo «oM«. ^od^fëi qUi aeetiii eiîU m«t, fti régent^ miwtie êêdehIU et vos super tfdesemccMmJudiennUt duodeeimlribiis itrçMp m pm •t« q*ti reiiquoU domum, vel fraires, vel soi'ores, aut patrem, aut matrem, centpptum aceipiet, et vittim atemnrh possideHt,

Pierre prtnaDt U parole, dit à JéHuCiiriit i ¥q«» v^yei, Stifwiir. qm wm% «rons toK qoittéf et que bous vous avuos suivi; quelle récompense eu recevntns-oons donc? Jéyus? Christ leur répondit : Je vous dis eu vérité qu'au te»)p8 de la résurredHoo, vous qui m'avez ÎQiVi, vous serei assis sur des tréoés. t>our Jager les douce trilMS d'Isr«€«. El quleMii|iM aoit 4|iritté as malsoBt s«« frères et ses sœurs, son père ou sa mère, recevra |e ca^t^plçy e( ftiM poqr héritage la vie étemelle. Saint MittbieiIi cliap. xix.

De tout rËtangile» voilà les paroles qui coamnaeDl plus aatiirelr laDenl à la bérémoDie pour laquelle nous somnes ici asseniÙtfs. Car, dans la' pensée des Peines , la vocation des ap(Ures a été le modèiede la vocation religieuse; et il est même de la foi que le Fils de Dieu, par ces paroles, a f>roinîs aux âmes religieuses qe <îii*il pnNpetuiil aux. ap6tre8, puisqu'il a conclu généralement et sans e^cejfUon, que tous ceux qui , poussés de Tesprit de Dieu ^ reaoaceroieâiLûu monde comme les apôtres^ recevroientetimofieeux le centuple : £i omats^ reiiquerU domum centuplvm accipiet. Paroles, s'écrie saiot Beroaid*

3 ni, depuis i'étailissement du cllristiani^me, malgré Tiniquiié du ècle , ont persuadé aux hommes ce que la chair et le sang ne leur avMent point révélé, savoir, le mépris du mondes la pauvreté voioataire. Paroles^qnî, par une admirable Heonditéf ont rempli lesdéiierts de aohtaires, les monastères et les doUres d'ames ferventes, l'Église de Dieu de saints et de florissants ordnes. Paroles cpû , tous les jours encore, dépeuplent TÉgypte, et lui enlèvent ses plus riches dépouilles : H(W mnt verèa tfuœ jEgyptum spo/ioul, et optima quœque ejug voM dîrtpitini ( B«rn. ) : c'est-à-dins , parolf s qui tous les jours arrachent au monde tant d'f xceltenis stif^ts dont le monde aureit pu se faire Itonn^ur, mais dont le monde n'étoU pas dig^e, et que Dieu s*étoit réservés, en les prédestinant peur la religion.

Je né suis pas venu sur U terre , disait le Sauveur, pam* y apporter la paix, mais l'épée, iV<m aeat pteem ndtiere, ted gladùan (Haitr., 10 ); rar je suis venu séparer le père d'avec son fils , et la flile d'avec sa mère : V^ni enim itpwtwre honàMm ûdmersus^palrem siwm^ et fitlam adi^eme^ molrem «tinrn ( Ibid; ). Or quelle est fépée mystérieuse avee laquelle if feit cette séparation? La parole que je vous prêche, eette pardle vive et eHicace, celle parole jqui pënètee jusque daus les câsurs , et qui eouvenit les amas par l'ardeur iqu'etie leur inspire pour la parfiste aainteté, et par la promesse fidèle et soleuBellé qif die leur hii au awi même de celui qui eaifonude de la

33B SDR LE ilENONCEMENT RfiLfGIËUX.

vérité : Vbfus sermo^ converiens animas^ et felki œmulatione sanetita" tis^ et fideli promusione veritatis (Bern^). En un mot, cette parole de saint Pierre à Jésus-Ghri.st, Seigneur, nous avons tout quitté pour tous; et celle de Jésu&^Gbrist à saint Pierre, Vous receviez le centuple et vous posséderez la vie éternelle, c/est, dans Je sens littéral de i' Évangile, Tépée, ou le couteau de division, qui fait dans les femiiles chrétiennes ce partage si surprenant , par où les uns deviennent volontairement pauvres, tandis quon travaille à enriclur les autres ; les uns s'humilient et s*anéaniissent pour Dieu , pendant que les autres s'élèvent aux honneurs du monde; les uns embrassent une vie austère et pénitente, lorsque les autres cherchent des éiablisselUf^nts commodes. C'est là, dis-je, cequi sépare tous les jours dans la loi de grâce ceux à qui la naissance avoit donné les mém^s prétentions et les mêmes droits. Quel bonheur pour moi si, par la vertu de cette même parole , je pouvois aujourd'hui persuader à ceux qui m^écoutrat ce saint renoncement au monde, que la seule obligation du baptême, indépendamment de tout atître vœu, rend indispensa* blement nécessaire pour le salut, en quelque condition et en quelque état que se tiioùve F homme chrétien I C'est votre ouvrage, 6 mon Dieu ! et J'esenipre de cette jeune vierge, qui va pour jamais se consacrer à vous,, est bien plus capable d*y contribuer, que tout ce que j'en pourrois dire. J'ai besoin dé votre grâce, et je la deouinde par l'intercession de Marie. Ave Maria, .

C'est une question qu'on propose, comment les apôtres, par la bouche et l'organe de saint Pierre qui fut leur chef , purent dire au Sauveur (}u monde : Seigneur, nous avons tout quitté, et nous vous avons suivi : eux qui, nés pauvres^ ne possédoient rien, et qui, pour suivre Jésus-Christ, n'avoient quitté qu'une simple barque. Saint Grégoire, pape, répond que, tout ouvres qu'ils étoient, ils eurent néanmoins droit de parler ainsi , parcequ^eo conséqiience de leur (engagement avec le Sauveur, quoiqu'ils n'eussent rien, au moins étoit-i( vrai qu'ils avoient quitté, pour le suivre, le désir d'avoir, l'espérance d'avoir, la puissance mérne et la faculté d'avoir. D'où ce saint docteur cunduoit qu'en suivant le Ftk de Dieu , ils avoient donc quitté autant de choses qu'ils en amroient pu désirer, qu'ils en auroient pu espérer, qu'ils en auroient pu même acquérir et posséder, s'ils ne -s'étoient pas attachés à lui : Undè et à seqtientibus tanta derelicta swat^ quanta à non, sequentibus desideruri potuerunt (G^eg.). Yiilà, mes chers auditeurs , ce qui m'a toujours paru un des plub touchants et des plus consolants principes de notre religion. Mous avons affaire à un Dieu qui nous tient compte, non seulement de nos actions et de nos œuvres, mais'de nos inu niions et de^nos désirs ; non seulenaeot de ce que nous quittons pour lui, mais de ce que nous voudrions quitter; Mons servons un Dieu qui entend , qui agrée et qui rëoooi-

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