‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 33 sur 99 · SUR LE RENOMGEHEM RELIGIEUX. 33S · texte numérisé non relu

SUR LE RENOMGEHEM RELIGIEUX. 33S

qu'ils tiroienl de sa dnctrioe, se dépouiller de tout et «initter loat, ce serait cnostamment le plus avanugeux pour le royaume de Dieu : mais tous ne coiDf>renneat pas celle parole, et pour en avoir l'iaielligeoce, il la|^u'«?IIe nous Boit donnée d'en haut : Non omnei «opiunt verbamwmd iHatth., 1!)). Or c BOUS avons comprise , ei duni toute i menl U vérité. Les mondsius ne la reur grossière (lui, séiiuîsaiit leur n qn'it est bien plu» aisé de jouir des l cer, et cette erreur seule est capable qne l'unique ressource pour eux , i

bien persuadés, qu'avec les Formidables oblif^lions dont ils se trouvent cbar{>és devant EKeu, et dont Dieu ne rabattra rien, il est incooipsrablement plus difficile d'être chrétien »n jouissant des biens du monde, que de quitter tous tes biens du monde pourélre chrétien : principe qui surprend d'abord, mais qui n'est néanmoins ni un sophisme, ni un parud'>xe.

Qui sont donc , à proprement parler, les heureux de la terre? £iù)utez la réponse de saint Btirnard : Ce sont ceux qui , libres et dégagés , suivent Jésus-Christ , et marchent après lui sans euiburras dans la sainte voie de h pauvreté évangélîque : Fetlce» qui exonerali stmt, et seijtiuntar Dotniiaun expediU ( Bbhn ). Et qu'est-ce que la prufes^oQ reltj{ieuse? Une décharge générale dji^ inquiétudes et des soins du siècle; de ces soins, dis-ji^, et de^cus Joquiéiudes dont la con^^n^ d'un chréiîen, pour peu qu'il ajt de religion, doit être nécessairement troub'ée : Abdicatio lolliciiudinum koju» lœculi ( Idem) . Qu'est-ce que la religion ? Uu chemin droit et aplani qui conduit â Dieu sans nul empêchement : lier ad Deum sine impedimento (Iilem). J'ai donc eu raison de dire qu'en quittant les biens^du^mondft, nous n'a-oas quitté, à le bien prendie, que les obsiaclrs du salut. Et en effet (autre remarque de saint Bernard|, ce qu'î^ auroit du monde , si Dieu l'avoit

ain^i permis, et i e , ce seroit d'en pouvoir

disposer â sun g m le mat're, de n'en rien

devoir à amrui, « i discrétion, d'avoir druit

de les «-mployer ! re à ses divenissfmenis, à

l'accroisseinenl de sa iurtune , à satisfaire son ambition et à s'élever. Voila par oiicesibienspourroient plaire à l'bomme, et ce que l'homme, en y renonçant, pourroit compter d'avoir quitié. Or rien de tout cela , mA chtres Soeurs, n'est permis aux chrétiens du siècle , non plus qu'à nous. Ce n'est donc, point à tout cela que nous avons précisément renoncé par la profession religieuse, puisque tttut cela, ind<-pend immeni de la profrssion religieuse', nous étoit ilêja interdit par la loi chretienift. Otei tout ce'a , que reste-t-il dans les l>ieos du monde? îe le répète : l'obligatioo indispensable, mais affreuse pour

iU suit LE RGMONCBStENT R&LIGIEUX.

ceux qui les pofrsàdeDt, de les dispenser avec fiJelité, d« n'en Atrcki avarei, ni prt>digue8, d'en «Mwacrer aux pauvres lesuperflo, d'n ménager pour Dieu la nécessaire; le reaiords à'j avcnr ttanqtri, U crainte d'en être punis, tous les disgera et lou|^|^ teDUtkmt infiéparaljl^ de la prospérité humaine. Vm\k ce qie nonravoi» quitté, et voilà, cbrâlîeas aaditaurs, ce qui vous reste. Or Mot cHa, en«ra une fois , oe sont les ubeiacles du salut qae l'on trouva dans )6 noudc. oiais que nous n'avons plus à combattre daas la rdigion.

Koo seulement les biens de la terre sont des biens onéreut, riuril drs biens contugieui , des biens qui tOHÏIcnt l'aïae et U rendent mpure parle feu de la concupi^œnoe qn'ils f alInfflanttelàqtiiilsieri- Ttint d'aliment ; des biens qu'il at permis de posteijer, mais à qani H n'est pas permis de s'aitaefaer, et dont l'imoar ett an crime : Btma quœ amula in^uJnanl. C'est, mes tbèrM Scean, une autre raiSM pour vous consoler da ne les avoir plus. DévatopfxMS-la. Si TËniigit* de Jésus-Christ n'etoit que pour les relifpeui , ou s'il étoit moits sévère pour les cbréttens du siècle ; s'il permettoit aux cferétiens du siftde mille choses qu'il leur défend, et si les préceptes ide la loidivtâe, qui les regardent aussi bien que les religieux , Ae les resserroient pas dans des bornes au>si étroites que le sostceKetde la voledn t&lul, peut-être leur condiiion nous peniToit-eUe tenter, et peut-être m Venvisage:int Durions-nous peine à r^rùner cerlaine reUMird , qtc^ que involontaire^ , et certains regrets. Donnons encore ptnS de jônr à cette £upp(«TtTAa. £i nous po«viixis afiac«r de l'Écrhui'e ces paroles de l'Apâtre, Kotae diligere nuuu/uni, nt^ne ta qvfs AmuRifo ntnt (l.Jo&HH.,â),'«l M l'amour du monde, qui aoM ett déleDancoiBjne na amour criminel , par un ebangemeni de provtdesee , devenait légitime et innocent ; s'il étoit permis aux (jens du monde , par la raison qu ils sont du monde, d'en aimer les biens ;s'IMpouVoi<>nt sans crime Hser de 'leur liberté pour satisfaire leurs désirs; si les plaisirs #iéme licites ne leuréloîent pas des dispositions prochaines ^xjfticites; enfin , si la loi de Dieu ,8 ix Ids du monde ,

les lais«oit jcMiir tranquill ent uvantages dn

monde : j'en conviens , ce ré A ce qu'ils sont,

pourmil alors .paraître t emparé à ce que

Bons sommes , nous poi ie. Hais quand je

viens ji con>idérer jusqu'il quel point cechristànieme qai leur est commun avec nous les gène et les lie , toot mondains qVlls Sont ; quand j'entends le Fils du Ùeu qui leur déclare dans l'Ëvanitile que s'ils ne reiMMicenl d'esprit et de tœur h tout ce qui leur appartint ,%iéme légiiimemeot, que s'ils ne CI ucigent leur clûir, que s'ils n'étouffent lenr sensibilité i:t leur délicatesse sur le faux honneur et la vaine gloire da «onde , que s'ils ne couibaiient conne leur ennemi le plus mortel l'amour d'eux-mêmes, je dis plus.Vi^ ne se haitsdft eux-mdmes, qnoique chrélieDS de p^ottsuon et de mm , fès ne peovent être set dîaci*

SUR LE RËNONGEMENt RELIGtËtil^. m

pies » et que sans tout cela ils ne doitenl rien préteddre au royaume des cieiii^ ; quand je fais ensuite la reflexion que ftdsoit saint Àugustir», combien tout cela, pour être pratiqué dans le monde, demander oit de violences et d'efforts", et si les chrétiens du siècle touloient de bonne foi se conformer et àe soumettre à ce que leur enseigne leur religiodt combien racoomplissement de tout cela les dëconcerteroit , et leur feroit trouver le monde niôme insipide et fade^ quand je repasse ces importantes et étonnantes vérités , dont la raison ni la foi ne nous permettent pas de douter, qu'en dois-je conclure , sinon , mes chères Sœurs , de me réjouir avec vous et avec moi-même de h misérioordè singulière que Dieu nous a Faite en nous appelant à la religion? £l eu quoi est-elle singulière y cette miséricorde? Parcequll s'ensuit de là qu en quittant le Inondé , nous avons donc pris le parti non seatemeat le plus sûr, mais le plus aisé. Car il est bien pins aisé, comme l'observé saint Chrysostome, de renoncer à totis les biens du monde, que de les posséder aux conditions que l'Évangile nous marque, c'est-â-dli^ que de les posséder sans les aimer, que de les posséder sans s*y attacher, que de les posséder sans en atiuser , bien plus aisé de se passer absolument des plaisirs des sens , que d'en user avec les restrictions ordonnées dinsJé loi de Dieu , c^est-ft-dire que d'eu user et de se contenir, que d'en User et de n'y excéder pas, que d'en user et de régler la coneupiscenoe , en lui pi^crivant de justes limites, et lui (lisant sans cesse malgré elle , Ufqne hhe f^enies^ et non procèdes amplm (JoB,38), Tous irec jusque là, et vous nMrez pas plus avant; bien plu$ aisé de élire la volonté d'amrttl* que d'avoir à répondre de la sienne propre , que de se gouverner soi-même , que de tenir en bride sa libené, sans lui laisser prendre fessor hors de Pexacie mesure des préceptes : Qumdam enïm facilms omninô absdndnntnr, quant expartt iemperanîur (Chrys.). User de ce monde comme n*en usant pas, c'est à quoi tout chrétien est obligé. Mais ott sont les chrétiens du siècle qui en usent de la sorte? j'aime dont; bien mieux quitter le monde^ et n'en usei* jamais. Posséder comme ne possédant pas , c'est la disposition oti .doit être tout chrétien ; et sans cela , dit saint Paul , point de saint : j'aime donc bien mieux ne rien posséder du tout. Car il en faut toujours revenir à la maxime et à la ré^ de saint Chrysostome, qui veut que , pouf ne nous y pas méprendre , nous distinguions deux choses bien différentes par rapport aux biens de la terre , savoir, la possession et l'aifection. Or. la possession sans l'affection n'est qu'un embarras et un fardeau ; l'affection sans la possession est un supplice, ou du moinft une misère : l'un et l'autre ensemble, c'est-à-dire la possession jbinte à l'affection , pourroit être une douceur dans ta vie; mais l*Évangile de Jéstts-Chiis>t nons en fait un ciime. Que fait donc l'ame religieuse? Se voyant par la loi de Dieu dans l'obli^piioii de renonoer à Tun , eHe abandonne l'autre par son choix ; et laissant ituK chrétleos du siècle , s'ils sont avaréS et mondains , le désir et l'a*

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