RESSUSCITÉ
Si complantati facti sumus similitvdini mor{is ejus, Hmul et resurreetionU erimus. Si nous sommes eotés en Jésus-Cbrist par la ressenblance de sa mort, nous le seriHisea nïême temps par la ressemblance de sa résurrection. Épitre aux Romains, ebap. vi.
Ne vous étonnez pas. Chrétiens, si je Vous parle de Jésus-Cbrist ressuscité, dans une cérémanie qui, selon toutes les maximes de la foi, est un véritable sacrifice, et doit être par conséquent regardée comme une véritable mort '. Il est vrai, la moi-t et la résurrection sont deux termes essentiellement opposés, et il est aussi impossible dans Tordre de la nature de mourir et de ressusciter tout à la fois, que d*étre et de n'être pas. Mais cette opposition ne se rencontre point dans Tordre de la {>[race : car l'ame chrétienne, par ta conformité qu'elle a avec Jésus-Christ^ peut sans contradiction réunir en elle ces deux choses ; je veux dire qu'elle peut, tout ensemble, et être morte spirituellemHnt, et être spirituellement ressuscitée. Si complantaii facii mnms dmilitudini mortis ejus, sirmU et resurrectionis etimus : Si , comme de nouvelles plantes, nous sommes entés sur la croix de cet Homme Dieu ; si notre conversion , par laquelle nous mourons au péché, est en nous, conmie elle le doit être, l'image de sa mort, elle le sera en mênf0^'temps de sa fésurrection. L'Apôtre ne dit pas qu'après avoir été Kemblàbles à Jésus-Christ dans l'état de sa mort, nous
^ le P. BonnUloae fit ce sermon pour le temps de Pâques.
SUR LE RAPPORT J>£S RELIGIEUX, sic. 361'
lui seroos un jour semblables dans Tétat de sa résurrection et de s»
Îrloire; mais il prétend que, par un effet miraculeux et toui divin, nous^ ui seions tout à la fois seujblabUs dans Tun et dans Tauire; et qu*en qualité de parfaits chrétiens, nous aurons l'avantage d'être conformes à sa vie glorieuse, dès le moment même que nous nous, trouverons conformes à sa sainte mort : Simul et resurrectionis erimus. Je conviens donc, digne et fiJèle épouse du Sauveur, qu'en mouiant aa monde vous allez mourir et vous ensevelir avec Jésus-Cbrist , suivant la pensée et Texpression de saint Paul, ConsepuUi »umu» cum tito (jRom., 6) ; mais.mourir et s'ensevelir de la sorte, c'est ressusciter e( entrer dans une nouvelle vie, Si commortui sumu$ et xortvivemus» (3. Tim,, 2); et afin de ne me point écarter des sentiments de t 'Église^ qui , dans ces saints jours , est occupée à célébrer la résvnec^po dm Fils de Deu, après avoir pleuré sa mort, je veux vous montrer quel'état de Jesus-Christ ressuscité est le yrai modèle de la perfection da la vie religieuse, et que la vie religieiile, dans sa per^aion, est lai plus fidèle; image de l'état de Jésus -Clirisiiressuscité. Puuvois-je choisir un sujet plus propre à vous donner une haute idée de votre vpcation? Mais pour en tirer tout le fruit que je me promets, j'ai besoin» pour vous et pour moi, des lumières du Saint-Esprit, et je les demande par l'iniercession de la mère de Dieu , en lui disant : Ave Maria*
Quand saint Paul parloit aux chrétiens de l'obligation que nous avons tous de porter, même dès cette vie, l'image de l'homme céleste, il s*expliquoit trop clairement pour ne pas convenir d'abord que par cet homme céleste, il entendoit Jé^us-Chi ist ressuscité. Car voici comment il raisonne dans cet admirable chapitre de la première Épitre aux Corinthiens, où, après avoir établi la résurrection du Fils de Dieu, comme le fondement de toute la morale du christianisme, il en tire cette conséquence, que je vous prie de bien comprendre, parce» qu*elle va faire tout le sujet de ce discours. Mous reconnoissons, dit- *il, deux hommes bien différents et bien opposés, mais qui sont néan-* moins les deux principes de notre origine : le premier est Adam, qui fut formé de la terre, et qui, par cette raison , mais plus encore pai* le désordre de son péché , méi ite d'être appelé l'homme terrestre, Primus hvmo de terra terrenus (1. Cor,j 15); et le second est Jésus-Christ, cet homme descendu du ciel, qui dans tous les mystères de sa vie , mais surtout dans sa sainte résurrection, a paru parfaitement ce qu'il étoit, cest-à-dirê un homme céleste et divin : Secundus homo de cœlo cœlestis (Ibid,). Tel qu'a été Thomme terrestre^ qui est Adam, tels sont parmi nous ceux qui, menant une vie sensuelle et animale , bornent leurs désirs à la terre, et n'ont de vue que pour la terre, Qaaiia terrenus, ^les et terreni (Ibid.) ; et tel qu'a été Thomme céleste, qui est Jésus-Chri6t,.tel$ sont ces chrétiens qui , par. la pureté de leqrs
an SUR LE RAt^PdHT DES RËLtaiËUX, ETC.
iiMBttrâ, se confonnant à son exemple étimiiant sa sàintèlë» semblent dëfa participer k sa gloire : Etqualis càeleais, taleê etcieletm (l.Cor., 15). C'est pourquoi, mes Frères, conclut I* Apôtre, comme nous avons éié assez malheureux pour porter l'image de Thomme terrestre et pêcheur, effopçuns-nous maintenant de porte^ l'image de l'hotnme céleste et glorieux : Igilnr iicut poriaxiimus imaginem terrenij portemus étimaginfiem cœleiîis (Ibid.)* Or voilà, mes cbers auditeurs, ce que fait ^XoeilemmF'nt une \ierge chrétienne qui quitte le monde, et qui se 4Mnsacre à Dieu par les vœux de la religion. Car pour vous en containcré sensiblement^ et pour vous donnÊ;r une idée juste de la profes- À\m religieuse, en la comparatit avec la résurrection du Fils de Dieu, voici mon dessein. Je trouvé deux choses singulièrement remarquables dks rétat de JéstJS*Christ ressuscité (j'entends tie Jésus-Christ Itssuscité avant qu1l montât ati ciel, et pendant les quarante jours Ifu'il demeura sur la terre } :^'une par rapporx à son corp», l'autre ^r rapport à son ame bienM|pi*euse. L'une, qui consiste en ce que le corps de Jésus-Christ, par^e vertu merveilleuse de sa résuhrection, quoique toujours matériel dans sa substance et en lui-même , devint tout spirituel dans les divines qualités qu'il acquit en ressuscitant : fautre^ qui consiste en ce que Jésus-Christ^ après sa résurrection, demeiira tellement sur la terre, qu'il y fut désormais séparé du commerce des hommes, n'ayant même avec ses disciples que quelques entretiens courts et passagers, selon qu'il le jugeoit nécessaire pour les affermir dans la foi; et du resté h'étaut occupé que du ciel, et ne voulant plus avoir de conversation que dans le ciel. Deux choses qui Font de Jésus-Christ ressuscité un parfait modèle de l'état religieux. Car è'est ainsi, nia très chère Soeur, que , par le vœu de chasteté , vous âllës présenterfvotre corps à Dieu Comme une hostie vivante, sainte, ëi agréable à ses yeux. Or, dans la do/^trine de saint Paul, votre corps ^nsacre de la s6rte et immolé à Dtéu va devenir un corps tout spirituel par la grâce de votre vocation, comme l'étoit celui du Sauveur par, la gloire de ^a résurrection. Par le vœu de clôture, vous allez, à Fèxemplè du mêuiè Saui^euf, s^ns Sortir du mondé, vous séparer du èommerce du monde, pour n'avoir plus de société ni de communication avec lé moilde, qu'autant qu'une sainte nécessité vous y engagéi*a ; en sorte qtie vos entretiens avec les personnes. du monde ne sax>tit, si je rose dire, que de simples apparitions pour leur inspirer kf zèle de leur conversion et de leur salut, potnr les confirmer dans le bien, pour le^ édifier. Je yùui Ferai doiic voir d'abord les caractères du corps glorieux de JësusCfirisi vivement marqués dans une vierge èbrétienne qui, renonçant à la chair et au sang, choisit Jésus-Christ l^ur son unique époux ; et ensuite vous \'errez la forme de vie que fiât sur la terre Jésiis Christ res^iiscit^, fidèlement et heureusement Ittfhée païf* nfile vierge qui ; se réàfërnààht dans la maison de Dieu , se ftdt M milieu du monde utië solitude Où éHe ne pense plus qu'à Tétèr-
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nàtL Bn deux mots, Totl« profession, âmes religfieuses, par une pleine Qonfermité avec la résurrection du Fils de Dieu, opère en vous tout ft la fois deux misacles de la grâce ; savoir, une chair toute spiriiuelle» et un esprit tout céleste. Une chair toute spirituelle, par Tangétique pureté que voas professez t ce sera l'a première partie. Un esprit tout céleste» par l'entier éldignement du monde et l'intime commerce avec Dieu, où voas vivez : ce sera la seconde partie. Voilà, dis-je, les dedx avantages que je découvre dans la vocation religieuse ; voilà à quoi je réduis tes obligations de votre état ; et voilà, mes chers auditeurs, ce que cbacdn de vous doit par proportion s'appliquer jusque dans la vie séculière, et cependant chrétienne, ôii la Providence l'engage.