DE L'AUE^ REUGIEVSË AVEC DIEU
que seroit*ce si, non conteste de Dien, je vonloîs reprendre certains restes du monde ; si, comme les Jnifs dans le désert tournoient le* yeux vers rËj;y pie, je portois encore quelquefois mes regards vers le monde; si pour m'adoucir lejoag, et pour me remettre des faiigu-'s et des ennuis de mou état, j'appelois à mon secours le monde? J*ai choisi mon Dieu : et {>ourqiioi ? atin de l'honorer d'un culte particn* lier, et de ne plus vivre que pour lui. Quels reproches donc n'uuroit-U pas à me f^ire et ne defrois-je pas me faire moi-même, si je dégéuérois de la sainteté de ma profession ; si , me bornaat à une vertu commune, je négUgeots le so'u de mon avancement et de ma profession ; si je n'avois de l'état religieux que l'habit et que le nom? Etqu'éioitil besoin pour cela de sacrifier toutes les prëtentions du siècle et tous les avantages qu'il meprésentoitîqu'étoit-il besoin de m'éloigner de mes proches, et de sortir d'une famille où Je trouvois, avec l'opuience, avec la splendeur et l'éclat, de la probité et de la religion? qu'étoit-Û besoin de pass«^r par tant d'épreuves, et d'embrasser une vie si sajnte en elle-même ? Que dis-je ! et n'eùt-il pas mieux valu m'en tenir i ce que j'éioîs, que d'éire'ce que je suis? car être ce que je suis, c'est éire è Dieu et n'y être pas. Or cette contradiction, n'est-ce pas ce qui doit faire ma Condamnation devant Dieu , et ma confusion devant les hommes? C'est, ma chère Sœur, ce qui fera l ëpouses infidèles qui ne savent pas soutenir le cl Dieu : mais je puis me promettre que vous le son é;endue, aussi bien que l'engagement qui j'ai â vous parler dans la seconde partie.
DIUXIÉHB PARTIE.
Il n'y a proprement que Diea avec qui il sol geux de s'engager ; et c'est nms des choses e l'éire de Dieu se fait connoilre et se distingue. U n'en est pas de même dts hommes. La grande règle de prudence, en traitant avec les hommes, est de s'engager le moins qu'il est possible , et on dispute pour cela comme pour le plus important de tous les ialéréts ; pourquoi ? parcequ'en s'engageSnt MtE^ IHK hoa)mes, on perd sa liberté, on corn' mence d'élremoins^soi-mtoK^oa entre dans un étatdedépendunce, et de dépendance de la créature, qui ne peut éire qu'humiliant et oné reux : ali lieu qu'à l'égard de Dieu, le grand avantage est des'engager le plus qu'on peut, pircequ'à:proportion que l'on ^'engage à Dieu, on se trouve plus attaché à sou souverain bien. Cet engagement, loin de ptéjudicier à la liberté, perfectionne la liberté, puisque la véritable liberté de la créature est d'être dans la dépendance et sous la domination de Dieu; et que jamais elle n'est plus à elle-même, que quand elle est parf^itemeuv^t inviolablernent à Dieu. Or c'est dans cet eogageineat que vous çntrez, vous. Chrétiens, parla profession du baptême ; et tou^, ma cb^re $œar , par la prof^on r«ligi^se. En-
âSâ SUR L'Al-LÏAKCE
gement pcfor lequel on peut très bien voils appliquer ce que disoît Fesprit de Dieu par la bouche du roi-prop&èle , formanl el instruisant une aine jaste : Audi, /iiia, et vide, et inclina autetn tuatli ( Ptalm, H) : Écoutez, ma fille, mais écoatez attentivement ce que je vais vous tsàrv Entendre ; appliquez-y toutes les puissances de totre ame ; gnvez-Fe dans le fond de votre cœur ; ayez soin de le inédiler tous le» joars de votre vie, et ne l'oubliez' jamais. Par l'action que vous allez faire, vous vous engagez .avec Dieu ; mais d'une espèce d'engagement assez peu connu , du moins dans toute son ëleadue , et dont je pui» àîreaprésJésus>Chrisi: Pionomneicapiuntverbumiatudl^KTt., 19). Or c'est pour cela même qile je dois vous et îtiStruii-e ptus éxactè-mènt, et qu'ajoutant à vos lumières celles d'une solide thëologïe, je vous (Us en un mot , ma chère Sœur , que l'engagement de la profession religieuse est le plus grand dont une créature soit capable, tln Voici les raisons : parceque c'est un engagement saCré, parceqae c'est, un engagement solennel , parceque c'est un engagement irrévocable et qui ne doit jamais finir. Autant de paroles, autant de vérités essentielles pour vOds ei pour moi : comprenez- les.
C'est un engagement sacré que celui de U profession religieuse ;
toiljksa première' qualité; et la preuve en est bien évidente : parceque
vœu. Or le vœu dans sa substance estquelque
, même de droit dii In. Il a été tel dans tous les
lai comme dans la loi nouvelle, parcequ'il est
re ^ensuit-il de là? ab! mes chères Sœurs, que
lUtes tes âmes sincèrement touchées de leurâ dé'
particulier? Car je eoncius que notre engage*
st donc d'un ordre supérieur à tous les enga-
lar conséquent qn'il ne peut être viO'é que par
ifférentéei au-âessusde touslesautrescrimes.
fc conclus qu'en eequi toa':he l'Observance' des choses que fions avoh&
vouées, nous ne pouvons plus désoi^aiscommettre d'infidélité envers
Jésui-Christ, qui netiennedelanaturedttsacrilége! pourquoi T pa^
ceqtt'eii conséquence du vœu, nous soi^imps spé<ijalement consacrés i
Jéai'S-Cfirist. Cette conséquence est léirible,- et me donneroit lien, ce
sèdible, dedireàtonres certes qui OBt l%Ninénrifa porter Cecaracliré
(te consécration, ce que leiirdisoit saint AugOstin: Nune verô quia le-
neiur apad Deam ipomia tua, non te ad ma^am justitiam invita, ud
h magttA hii<ivitale deûrreo ( ArcrsT. ) : Ame fidiJe, souvenez- vonsqué
vous n'êtes plus à vous-même, et que quand jevons parle d'accomplir
les promesses que vous avez faites à votre Dieo, Ce n'est pas tantpâur
Vous inviter à une haute sainieië, que pour viras préserver d'rtne
âfireuse iniquité. Mais d'ailleurs, ajoute le même Père ,' cette pensée
est infiniment capable de tous animer el de tous forlHler. Car le
comble de votre joie doit être de n'avoir pins nne pemicietrae liberté
de feire le mal ; et ravantage àé votre pi^fessioii est de ne ponroir
DE L'AMË tlELlGIÉU&Ë AVEC DIEU. m
être plus ànie à Dieu qae vous Têtes : or c'est ce que Téttgagement des vœux vous procure. D'où vient que saint Augustin concluoit : Nfc ideà te vovisse pœniieat : imo gaude jam tibi non iicerCy quod cuv/i detrimento tuo licuisseL ( August. )
Je dis plus : l'eDgagement de la religion est dnengagexnentsoleDnel, et c*en est la seconde prérogative. Car il n'est appelé profession, que pancequ'il est célébré à la face des autels et devant les ministres de rÉglise, suivant lé modèle que Dieu en proposoit autrefois aux parfaits chrétiens dans la personne des Israélites , dont TÉcriture nous dit qu'à mesure qu'ils entroient dans la terre promise, ils alloient fous se prosterner aux pieds dû grand-prétre, et ^isoient entre ses maios cette profession publique r Profiteor hoéRè coram Domino Deo tuo , quddmgresxus sum in terrampro quâjurcçvit patribus nosirîSf utdareÈ eam nobzs{Deut., 26):Oui,jepiotestequec^estaujoard'hui que je suis entré dans cette terre de bénédiction, ou le Seigneur m*a appelé. Voilà ce que (ait Ta me religieuse dans la solennité de ses vœux, puisque c'est alors qu'elle entre dans une terre abondante en vertus et en sainteté, et qu'elle n'y entre qu'après en avoir fait la protestation à celui qui.lui nprésente Jësus-Gbrist, iesouverain prêtre. Et ne croyez pas, mes chers auditeurs , que celte solennité soit une pure cérémonie. Quand David disoit : Vota mea Domino reddam in compectu omnîs poptUi ejus^in airiisdomûsDoniinif in média tuî^ Jérusalem {PS. fK) : J'offrirai mes \œux au Seigneur ; mais je les offrirai en présenoô de tout son peuple, daàs Fenceinte de son temple, au milieu de Jérusalem ; il prétendoit feire quelque chose de plus grand que s'il les eûft seulement formés dans le secret de son cœur. Et en effet , «m vofiu solennel est bien différent d'un \œUt particulier et secret : carl'ÉfKse accepte l^m, et elle n'accepte pas l'autre ;; elle ratifie l'un, et elle .de ratifie pas l'autre; elle s'oblige elte-méme dans l'un , et elle ne s'oblige pas dans l'autre : circonstances bien remarquables en matière de vœu. Quoi qu'il en soit, il ^aidt bien par cette solennité que lu profession religieuse est une véritable alliance de ra.ifne chrétienneavee Jééus-Chrtst. D'où vient que saint Ambroise; instruisant une vierg<e qui avoit pris le voile sacré, lui disoit ces belles paroles : Sacro vehi-^ mine tecta es, ubî omnis popultis dotent titamiubseribens,nonatramentOf »ed gpiriiu, clamavit ; Amen (Ambr;) : Vous vous êtes engagée à Jésus- Christ, et tout le peuple qui étoit présent a signé votre contrat , nôit pas avec uue encre matérielle , mais de Tesprit et du cœur, en y ré^ pondant : Ainsi soit-^l. Or c'é^t, mt% chères Sœurs, ce qui s est fait à votre égard , et dont nous devons éternellement conserver le souvenir. Car si nous étions asseï infidèles pour oublier cet engagement, tout ce qu'il y a eu de témoins de notre profession s'élèveroient contré nous et rçùdroienf témoignage au Sauveur du monde , de la foi que nous lui avons jqrée.
Mais quelle foj? c'est ici la troisième qualité As Fengngemeut reIN