SUR L'ALI^ANGE
i;ieux : une foi dont le lien est indissoloble » et plus indissoluble même que l'engagement des époux du siècle. Car rengagement des ^poux du siècle cède quelquefois à la profession religieuse. Ainsi les •conciles le déclarent-ils, et ainsi Tavons-nous reçu par tradition apostolique; d'où il s'ensuit que le vœu de Li religion est donc un engagement plus irrévocable encore et plus indispensable que celui du grand sacrement établi par Jésus-Christ dans son Église : Sacrameruum magnum in Ecclesiâ:(Ephes.^ S). L'engagement des époux du siècle €st naturellement sujet à se dissoudre par la mort; au lieu que la profession religieuse est un engagement éternel, qui ne doit jamais finir. Tandis que Dieu sera Dieu, tandis que Jésus-Christ régnera, vous serez à lui. Si c'étoit tout autre que Dieu et tout autre que Jé^us-Christ , cette parole devroit vous foire trembler. Car avec tout autre que Dieu r vous pourriez craindre de fâcheuses humeurs à essuyer , des imperfections à supporter, des ennuis à dévorer. Mais plus on est à Dieu et avec Dieu , plus on le goûte , et plus on trouve en lui de consolations. Il est vrai que c'est un grand pas à faire que celui d'un engagement éternel ; mais, encore une fois, avec Dieu, plus l'engagem^C «st grand, plus il ^t aimable. Si cet engagement pouvoit finir , U ne feroit plus notre parfait bonheur ; sa félicité consiste surtout dans son éternité : de sorte que, par iin merveilleux effet de la grâce, çè quLJait^ie joug et la servitude des alliances du siècle fait le précieux ;a^vantage de la nôtre, parceque nous sonmies liés à Dieu , avec qui l'on est toujours bien, et de qui Ton est toujours content , dès qu*on s'y donne et qu'on le cherche de bonne foi. Ce n'est donc pdint du côté de jDieu qne'Hous devons trembler. Ce qu'il y a à craindre pour no^ est dans nous-mêmes et vient 4e nous-mêmes. Ce sont nos légë* jretés et nos variations , ic^est notre inconstance. En effet , quelque ferveur et quelque disposition présente qui paroisse en nous, nous gommes fragiles, et sujets au changement. Nous nous engageons pour toujours i mais notre volonté a ses vicissitudes et ses retours; et la difficulté est» avec une volonté.si changeante, de soutenir un engagement qui ne doit point changer. De la part de Dieu, il n'en est pas ainsi : son engagen^ent et sa volonté sont également immuables. Au moment qu'il a parlé et q^ il a promis, il est incapable de révoquer sa parole, parceque c'est un Dieii souverainement vrai et souverainement fidèle: Jwavit Donnnus^ et non pœnifebit eum {Psalm. 409)., Mats pour nous, qui n'agissons qkie par les mouvements d*une liberté vo« lagCr et à qui le repentir est aussi naturel que le choix, nous en sommes réduits à une condition bien différente, vivant toujours dânsTobligatjon de garder notre foi, et dans le danger delà violer. Voilà cequi doit exciter, âmes religieuses^ toute notre vigilance ; voilà ce qui nous doit maintenir danis une sainte défiance de nous*môni)es, et par conséquent dans une attention continuelle sur nôus-mémés. Car. quel désordre seroit-ce, et quelle indignité , de $e déo^entir après dés paroles si au-