AUTRE EXHORTATION
SêmtmttivtrhumDef,
Le boo 0nin, c'est la parole de Dieu. Saint LUfi, chftp» fin.
Dans l'engagement où je suis de contribuer par mon ministère à ce qui doit toujours être la fin de cette assemblée , je veux dire au soulagement des pauvres, j*ai cru. Mesdames, ne pouvoir rieii faire de mieux que de m'atiacher à Tévangile de cette sernaine; j'y trouve un fonds d'instruction dont j*espère que vous serez édifiées , et qui m'a paru très naturel pour vous inspirer le zèle de la diarité envers ceux que vous devez considérer comme vos frères et comme les domestiques de la foi.
C'est la parabole du bon grain , dont Jésus-Christ s'est servi pour expliquer au peuple qui Fécoutoit un des plus excellents mystères du royaume de Dieu , et une; des vérités les plus solides de notre, religion. Celui qui sème , disoit ce Sauveur adorable , est sorti pour aller semer son grain : et une partie de celte semence est- tombée le long du chemin, où les passants l'ont foulée aux pieds, et où les oiseaux du ciel l'ont enlevée. Une autre partie est tombée sur des pierres, où, manquant de suc et d*humidité , elle s'est tout-à-coup desséchée; une autre , au milieu des épines , et les épines Font empêchée de croître ; la dernière, dans une bonne terre : elle y a pris racine, elle y a germé, elle y a produit une ample moisson et rapporté au centuple. Or Jésuis-Chrisl, parlant de fa sorte, crioit à haute voix : Que celui-là entende,, qui a des oreilles pour entendre : Qui habét aures au^endi, audiat. Expression dont usoit communément ce divin maître , venant de déclarer quelqii'un^de ces maximes importantes qui demandoient un cœur docile -et un esprit attentif pour les comprendre et pour en profiler.
Ouvrons donc , Mesdames, ouvrons nos cœurs» et recueillons toute
rattention de nos esprits, pour bien entrer dans le sens de cette figure» et pour nous appliquer les salutaires enseignements qui y sont renfermés. Qu'est-ce que ce bon grain? Vous savez que, selon l'interprétation même de Jésus-Christ , c'est la parole de Dieu : Semen tst verbum DeL Et en tffet , la parole de Dieu est une précieuse et divine semence, dont la vertu n'a point de bornes si nous ne Tarrétons» et dont la fécondité est infinie lorsqu'elle trouve des âmes préparées k la recevoir, et à la laisser agir dans toute sa force.Hais cette semence» toute divine et toute précieuse qu'elle est , devient tous les jours dans le christianisme la plus infructueuse et la plus stérile : pourquoi? pai^ cequ'il y a bien peu de chrétiens où elle rencontre les dispositions né«cessaires pour y opérer ces fruits merveilleux de grâce qui lui sont propres , et qui ont autrefois enrichi le champ de rÉ;ilise. Juste sujet des plaintes et de 1 1 douleur des ministres évangéliques ; désordres qu'ils ne cessent point de déplorer, et que nous pouvons regarder comme le principe de la corruption des mœurs du siècle. Je ne m'es tiens pas là néanmoins , Mesdames ; cette morale est trop commune et trop vague : mais voiCi le point particulier qui vous concerne , et dont j'ai a vous entretenir. C'e&t un usage samtement établi, que chaque mois on emploie la parole de Dieu à exciter votre charité pour les pauvres. Vous assistez à nos exhortations, et cependant nous ne voyons pas que les aumônes augmentent, ni que les pauvres en soient plus secourus. D*oii vient cela? d'où vient, dis-je, que cette parole de charité qui vous est si souvçnt annoncée n'a pas dans la pratique toute l'efficace qu'elle peut avoir et qu'elle doit avoir? c'est ce que je veux examiner avec vous : je suivrai par ordre mon évangile. Dans les différentes qualités de la bonne et de la mauvaise terre où le grain est jeté , je vous représenterai les divers caractères des personnes qui s'assemblent ici avec une assiduité dont nous pourrions tout attendre , si l'expérience ne nous avoit appris que les effets n'y répondent pas. De là vous connottrez quelle est La source du mal , c'est-à-dire pourquoi les pauvres retirent si peu d'avantage de tant de discours qu'on voua fait en leur faveur; et» par une bénédiction toute nouvelle que Dieu donnera à sa parole , j'ose espérer que vous travaillerez avec plus d'ardeur que jamais à soulager les misères publiques. Voilà, sans au* tre partage, tout mon dessein.
I. Le laboureur alla s^emer son grain. G'étoit de bon grain , c'étœt une semence capable de fournir au père de famille une abondante récolte, et de remplir ses greniers : mais d'abord une partie de cette se« mence tomba près du chemin; les passants la foulèrent aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Qu'est-ce, Mesdames, que ce chemin ouvert à tout le monde? Vous le voyez : ce sont ces âmes volages et dissipées, qui donnent à tout sans réflexion, et qui apportent à ces assemblées un esprit distrait et sans arrêt. Soit que cette di6Sipation leur soit natiurelle , et qu'elles soient nées avec ce caractère de légèreté ;
Àf» SUR lA OHAAITÉ ENVERS LES PAimiGS.
soit qu'il faille l'attribuer à une disposition et à une mauvaise babitadtf qu'elles aient contractées; quoi que ce puisse être , elles ne s'intéressent guère aux bonnes œuvres dont on leur prêche Tobtigation et l'in* dispensable nécessité. Je m'explique.
Elles viennent aux assemblées de charité ; elles entendent ce qu'oQ leur dit des besoins extrêmes des pauvres, elles en sont même ioa« cbëcs, ou elles le paroissent. Mais ces impressions passagères s'effia*^ cent bientôt. Dans un moment elles les ont reçues , et dans un moment elles les perdent. Le démon , ce lion rugissant qui tourne sans cesse autour de nous pour nous surprendre, leur enlève du cœur la sainte parole qu'elles dévoient remporter avec elles, et dont elles deioi^ot faire ia matière de leurs méditations : Venii diabolus^ et toUit verbunn tk corde eorum, ne credentes safoi /ian{(LuG.,2).Carii ne prévoit que trop, ce dangereux ennemi des âmes, quelles poîjrroient éire, pour leur salut, les suites heureuses et les conséquences de cette parole bien repassa, bien considérée, bien appliquée. H ne sait que trop qu'elle pourroit devenir ainsi le principe de leur conversion et de leur sancti'* fication : Ne credentes salvi fiant.
En effet, si, lorsqu'elles ont entendu le ministre de TÉglise, elletf ftortoient bien persuadées que c'est Dieu même qui leur a parlé» et qu'il ne leur reste plus que de mettre en pratique ce qu'on a pris soin de leur enseigner et de leur remontrer; si, 'comprenant un de leurs devoirs les plus essentiels, elles pensoieat sérieusement à procurer aux pauvres toute l'assistance qu'elles sont en état de leur dou« Ber; si, respectant et envisageant Jesus-Christ dans la personne de ces pauvres , elles s'affeôtionnoient àrles prévenir, à les chercher, à le)| visiter ; si , non contentes d'une vue superficielle et d'une connoissanœ générale , elles entroient dans le détail de ce qu'ils ont à souffrir, et qu'elles se fissent une dévotion d'y remédier autant qu'il leur est pos^ sible, et de n'y rien épargner de tout ce que leurs fecultés leur per<« mettent : ah ! Mesdames , ce seroit là le commencement d'un retour sincère et parfait à Dieu. Chaque pas qu'elles feroient pour les pau* très, seroit compté par le' père et le tuteur des pauvres. Dieu» mille fois plus libéral qu'elles ne peuvent l'être , répandroi} sur elles ses grâces, à mesure qu'elles fépandroient sur les membres de Jésus^ Christ leurs largesses ; et avec ces grâces, de quels égarements ne reviendroient-e les pas? quelles difficultés ne surmonteroient-elles pas? J'oserois alors répondre d'une réformation entière de leur vie ; et j'en aurois pour garants tant de promesses si expresses, si solennelles, çt si souvent réitérées dans l'Écriture; j'en aurois pour f,arants tant de pé* cheurs qui n'ont point eu d'autre ressource, et qui, du plus profond aliime où ils éioient plongés, sont parvenus , avec le secours de l'an** mène et par les pratiques d'une solide pénitence, à la plus subh'me perfection. Or voilà à quoi elles ne font nulle attention, parceque Tesprit séducteur, cet esprit de ténèbres, les aveugle, et qu'il leur ôte
éOR U CHARITÉ ENVERS LES PAUVRES. 4e#
toutes cêS pettsées si utiles pour elles, mais si contraires à ses entreprises : Eè ioUit verbum de corde eorum , ne credentes salvi fiant.
Je dis plils f Mesdames ; et sans que le dëmon s'en mêle (car coAri^ bien, de choses lui împutons-nous que nous ne devons imputer qu*9 fi0tts*mémes?)y sans, dis-je, que le démon y ait part, le ifnondç, pai^ toqs le» objets qu'il leur présente et où elles se portent, les détourne des saints exercices de la charité chrétienne. Gomme leur cœur est dans un perpétuel épanchement, et qu^îl s'attache à tout ce qiii leur^ irappe les yeux , ce qu'on leur a dit du triste état où sont réduits les pauirres , des maux qu'ils endurent et qu'ils auront encore à endurer, des soulagements qu'ils attendent, et qu'elles ne peurent, sans crime, leur refuser ; tout cela s'échappe en un moment pour faire place à d^autres idées, à d'autres entretiens, à de vaines occupations et aul^ plus fiivoles amusements. Ce qu'il y a de plus déplorable, c'est que, par r habitude qu'elles se sont faite de ne rentrer jamais en eties-mémes, et de mener une vie tout extérieure, elles n'en ont pas le moindre scrupule , et qu'elles ne se reprochent' pas une fois devant Dieu cette dissipation. S'en acciisent-eltes au saint tribunal? meiteot-elleë au nombre de leurs péchés d'avoir par-là rendu inutiles tant d'instruc^ dons, et par4à même d'avoir si long^-temps vécu dans rindiffëreoce ^ Tégard des pauvres? elles seroient étonnées qu'un confesseur leur fît sur cela quelque peine, et elles ne s'accommoderoient pas d'une morale qui leur paroitroii si étroite, et peut-être si peu sen<^ée.
Voilà, Mesdames , le premier abus que vous avez à coi riger. Abuil' dont les pauvres se ressentent par le délaissement où ils se trouvent; car, après bien des assemblées, après bien des conférences t^t des exhortations, après que les prédicateurs ont mis en œuvre tout leur zèle et tout ce qu'ils ont reçu de talents, la chai ité demeure toujours également languissante, et chaqite jour même elle se refroidit davantage. Si donc la Providence a conduit ici de ces femmes mondaines dont je Tiens de vous faire la peinture , je m'adresse à elles en concluant cet article, et voici ce que j*ai à leur dire. C'e^vt d'opposer au désordre de leur dissipation le remède d'une sérieuse réflexion ; c est de se persuader que cette assemblée n'est point une pure coréînonie, ni cette exh(»rtation un simple discours , mais une instruction nécessaire, mais une instruction dont Dieu leur demandera compte, et sur laquelle il les jugera ; c'est de s'examiner elles-mêmes là-dessus, et de s'examiner solidement, de voir comment elles ont jusqu'à présent satisfait au précepte de la charité envers les pauvres, de reconnoitre leurs négligences passées, et de s'en confondre ; c'est de faire surtout cette recherche et cet examen dans le temps qu elles consacrent à la prière : car, toutes dissipées qu'elles sont,, elles ne laissent pas d'avoir des temps de prière^^t , par un assemblage assez étrange, plusieurs ont trouvé ou cru trouver le secret d'accorder ensemble Dieu et le monde,
Hais€n général, concevez bien, Mesdames, que ce que j*appeille ici dissipation , est la cause la plus universelle et la pins commune des dérèglements du siècle. Pourquoi voyons-nous tant de corruption dans le christianisme? pourquoi, dans les états même les plus chrétiens.en apparence, est-on si peu chrétien? et pourquoi parmi les personnes dévotes de profession, y a-t-il si peu de vraiejs dévotions? JLe Prophète nous rapprend : Desolatione desolata est terra , quia nulliLS est qui reeogitet cor«(e( Jebeh., 12) : Toute la terre est dans une affreuse désolation; tout est défiguré dans l'Église de Jésus-Christ; quoiqu'elle subsiste toujours, et qu'elle soit toujours sainte et sans tache, tout y est renversé , parcequ'il n'y a plus de recueillement ni de. retours du cœur sur soi-même. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore certains dehors de piété ; mais, sous ces dehors, il n'y a plus ou presque plus d'esprit iutérieur. Ce sont des dehors spécieux; on prononce des paroles, on récite des offices, on lit de bons livres, on fait même l'oraison ou Ton se flatte de la faire , on en sait toutes les méthodes ; mais, dans le fond , il n'y a rien là qui parte du cœur. C'est un cœur évaporé qui ne peut se renfermer un moment en lui-même; un cœur qui se répand continuellement, et qui laisse évanouir toiit ce que Dieu, ou ceux qui tiennent la place de Dieu , lui communiquent. Ainsi , Mesdames , voulez-vous être, chrétiennes, ne sortez jamais hors dei vous-mêmes. C'est là que vous trouverez Dieu ; car c'est dans le cœur que Dieu habite, et qu'il veut habiter. L'action est louable , elle nous est même ordonnée; mais il faut que la méditation la précède, qu'elle l'accompagne , qu'elle l'anime : sans la médiution , elle ne peut long-temps se soutenir. Mais reprenons notre parabole, et poursuivons la comparaison que j'ai commencée.
II. Une autre partie du grain tomba sur des pierres. Quelle image, Mesdames, et quel caractère! des âmes dures comme des pierres, des âmes insensibles et que rien ne peut émouvoir, des aines sans pitié, sans humanité. Que ne leur dit-où pas pour les toucher de compassion? On leur dît qu'il y a des pauvres accablés de maladies, qui ne peuvent s'aider eux- mêmes ^ parceque la foiblesse les tient misérablement étendus sur la paille, et ^qui périssent dans leur infirmité, parcequ'ils n'ont pas àe quoi reprendre leurs forces, ni le travail dont ils tiroient leur subsistance. On leur dit qu'il y a de pauvres pères et de pauvres ihères chargés d'enfants, qu'ib voient presque mourir de faim entre leurs bras, et qu'ils sont cc^gytraints d'abandonner nus à toute la rigueur du froid, pour leur ménager un peu de pain. On leur dit qu'il y a de pauvres artisans sans emploi ,.de pauvres ouvriers sans ouvrage, et par conséquent sans nourriture et sai^s soutien. On leur dit qu'il y a de pauvres filles exposées aux derniers malheurs, et dont elles pourroient sauver la vertu, en leur fourni.ssant de quoi conserver leur vie. On leur dit tout cela, et bien d'autres choses; mais elles écoutent tout tranquillement, et il semble que ce
soient des fictions , des contes qu'on leur débite pour les amuser.' Que dis-je, et esi-il donc possible qu'il y ait des âmes de celte trempe? Oui, Mesdames; il y en a ; et, malgré la sainteté de la foi chrétienne, on en voit dans le sein même de la relifpon qui, sur ce poiDt, sont plus infidèles que les païens mêmes. Qu'il soit. question de leurs personnes , que de soins ! que de ménagements ! que de précautions ! elles sont délicates jusqu'à la mollesse. Mais qu'il s'agisse des pauvres ( oseraî-je parler de la sorte? ) , elles vont jusqu'à une espèce de barbarie et de cruauté.
Que leur demande-t-on? Ce qui leur coâteroit peu , ce qui souvent ne leur coâteroit rien, ce qui ne leur est nullement nécessaire, ce qui quelquefois leur est nuisible, et toujours absolument inutile. Car il ne iaudroit rien de plus pour subvenir à tant de calamités dont nous soiAmes témoins. Avec cela les pauvres vivraient, ou plutôt il n'y auroit plus de pauvres. Mais elles aiment mieux qu'il y en ait, et qu'il y en ait une si nombreuse multitude; elles aiment mieux que tant de femilles tombent en ruine et demeurent sans ressource ; elles aiment mieux les laisser languir, pâtir, se tourmenter et se désespérer dans leur indigence, que de se dessaisir de quoi que ce soit , quelque yîi et quelque superflu qu'il puisse être. Voilà ce que j'appelle du« relé.
< Combien une femme idolâtre de son corps, et tout occupée de ses ajnstekneots et de ses parures, pourroit-elle vêtir de pauvres qui font horreur sous l^aflFreuse figure oii ils sont forcés de se montrer, si du moins elle vouloit consacrer à cette œuvre de miséricorde, non pas tout ce qu'elle donne , mais quelque chose de ce qu'elle donne à sa vanité? Combien de pauvres nourriroit-on de Texcès de certaines tables , je dis de l'excès énorme et d'une prodigalité aussi scandaleuse (qu'elle est visib'e? Combien y auroit-il à retrancher de telles et telles dépenses pour un jeu, pour des spectacles, pour un train, pour uii équipage, pour des ameublements, pour de pures curiosités; et combien ce retranchement profiteroit^-il aux pauvres, et leur épargnel*oit-il de chagrins et de douleurs? Vous le pouvez mieux savoir que moi. Mesdames, et en vain descendrois-je à des particularités dont vous êtes mieux instruites que je ne le suis, et que je ne le veux être. Soyez vous-mêmes vos juges, mais des juges équitables, mais des juges sévères pour vous et compatissants pour le prochain : vous connottrez aisément ce qu'il y a à faire; et si vous ne le faites pas, que répondrez- voiis au témoignage de votre conscience, et comment vous défendrez- vous du juste reproche d'une dureté égsdement condamnable , et devant Dieu, et devant les hommes ?
Caractère de dureté, dont nous avons un exemple bien mémorable et bien terrible dans le mauvais riche. 11 y avoit à sa porte un pauvre, c*étoit Lazare. Ce pauvre étoit tout couvert d'ulcères, et non seulement n'avoit pas de quoi guérir ses plaies^ mais de quoi manger. U ne
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demandoit que les miettes qui tomboient de la table du ricbe i et ^m croiroU qu*un si fuible secours lui pût être refusé? L*ÉvaDgile néanfpoios nous marque qu'il ne put niéme obtenir cette grâce» et qu'il mourut enfin de misère. Abl Mesdames, au seul récit d'une pareille 4ureié| je nilmagine que vos cœurs se soulèvent; et. quand ensuite on vous représente ce ricbe inf pitpyable ^ii milieu des flammes, hrulé ^'unesoif ardente, et priant en iF2|in quon lui accorde une goutlQ d*eau pour raff aicbir S9 ladgue^ you$ ne voyez ritn dans son supplicQ qu'il n ait mérité, et qui excède la giièveté de son crime; mais ei| souscrivant à sou arrêt , n*est^ce pas souscrire à celai d'une inHoité ^e riches dont )e monde est rempli? n'e^t-ce pas peut-être souscrire: jl celui de bien des perboqnes qui ai*6poutent? Car, il faut Tavouer» ^n trouve partout » mais spécialement dans les conditions riches #| opulentes du siècle , de ces ^ines de bropze que rien n'amollit. Le* ^is dos pauvres frappent leurs oreilles ; mais ils ne peuvent pénétrer ^ans leurs cœurs. On ne le comprend ptis , on ne se le persuaderoil pas si Ton n'en éioit témoin : on en est indigné, et Ion ne peut s'm taire ; on en parle hautement , nâais ce sont des paroles qu'elles lais^ sent pusser. Ce qui met ie comble à leur dureté, c'est que ces misé-» râbles dont elles tiennent si peu de compte ne sont quelquefois deve^ nus pauvres que pour elles-, que dans leurs maisons et à leur service* Ce sont de pauvres domestiques, 00 sont de pauvres manœuvres, ce sont de pauvres marchands à qui elles doivent , et qu'elles n'ont, jar mais payés qu'en promesses; différant toujours, éludant toujours ie9 ûistances qu'on leur fait, et se rendant tout à la fois coupables d'un doubleattentat, l'un contrôla charité, et l'autre contre la plus étroitf justice. Or si la naissance, si le rang, si rautoriié les metprésea* lement à couvert de tout , qui pourra les garantir de la formidable maiaee du Saint-Esprit? L'avez*vous jamais entendue. Mesdames? e'eat une grande matière à vos réflexions : Cor durum hab^iî mal^ m noviêsimo { EccH.t 3). La mort viendra, et c'est alors que les cœure durs pointeront la peine qui leur est due. Autant qu'ils se seront en^ durcis aux malheurs de^ pauvres, autant Dieu les laissera-^t*ils'endur<^ m à b'ur propre malheur. Car voilà souvent ce qui leur arrive par une malédiction particulière du ciel. Nul sentiment de piété, à cette heure oii toute la piété dé i'ame chrétienne doit se réveiler. On dii oit que c'est un abandonnement entier de Dieu» qui, dès cette jle, le» réprouve. Ma s sans qu'il les réprouve dès celte vie , à quelle repror bdtioa les destine-t-il dans l'autre? Je vais trop loin, Mesdames, et il semble que dans une assemblée comme celle-ci je ne devrois promettre que des récompenses. Mais entre les âmes charitables qui la composent, et dont je ne puis assoie louer le zèle, il peut s'en trouver à qui la menace que je vous fais entendre soit nécessaire. Dieu le sait, et illesconnoit. Puissent-elles se bien connoitre elles-mêmes! Cependant, aui lio^^3t caractères que je vei» ai tr<|cés, ajoaton^en up troisjèoi^
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m. Il y eut encore dn grain qui tomba au milieu des épines. Nd çfaerchons point , Mesdames » d'autre explication que celle même da £auveur du monde : ces épines , ce sont les passions du siècte ; pas* Àioos aveugles et turbulentes, qui troublent une ame, qui Tagiient ée telle sorte, qu'elles étouffent toute la divine semence, et qu'elles ëmoussent tous les traits de la parole de Dieu. Or, selon la pensée d« Jésus-Christ, ces passions se réduisent surtout à trois espèces : l'inquiétude des soins temporels, la cupidité ou le désir empressé d'a« masser les biens de la terre, et l'attachement aux plaisirs de la vie : trois obstacles qui énervent toute la force de la parole de Dieu ; trois sortes d'épines qui éteignent la charité dans ks cœurs. Cest ce que Texpérience nous lait voir sensiblement; c'est ce que vous aves re^ connu vous-méoies en mille occasions, ou ce qu'il ne tenoit qu'à voua de reconnottre.
Car comment vientron à ces assemblées de charité , et qu'y appoN te-t-on t On y vient avec un esprit tout rempli des affaires du monde, dent on est uniquement occupé, et dont on se plaint même d'être accablé ; on les apporte toutes avec soi, et l'on s'en laisse tellement obsé* der, qu'pn est incapab'e d*aucune autre réflexion. Nous parlons pour l'intérêt des pauvres, nous exposons leurs pressantes nécessités, nous élevons la voix, nous conjurons, nous exhortons; mais s'attache-t-on à nous^suivre? Au lieu de prendre avec nous des mestures pour les pauvres, on en prend imérieurementavec soi-même : et pour qui? poursoi-* Qiéme.Dsns un silence profond, il parott quon s'applique à nos in tructîops : mais l'esprit est bien loin de nous; il s'entretient d'un projet qu'on a forme, d'une enirepriseou l'on s^t engagé, d*unménsge qu'on a à conduire, de toutes les choses humaines qui touchent personnellement, et sur quoi l'on doit veiller. Encore si l'on se bornoit à sesafrai^ res propres, qui sont de l'ordre de Dieu ; mais, par je ne sais quelle démangeaison de se mêler de tout , on s'ingère en .mille intéréts^ et en mille intrigues qui regardent celui-ci ou oeile^Ià, sans que de soi-même on ait rien à y voir, ni rien à y prétendre. Encore si Fon s'en tenok aux devoirs de son éiat ; mais , par une envie démesurée de décider, de dominer, de se rendre important et nécessaire, on se livre à tout ce qui se présente, souvent même à ce qui ne se présente pss , et où l'on n'est point appelé. Après cela. Ion s'excuse du soin des pauvres, et l'on n'a pas, dit-on, le loisir d'y vaquer. On ne Ta pas, j'en conviens ; mais pourquoi ne Ta-t-on pas? Parcequ'on ne veut pas l'avoir; parce-
3u'on se surcharge volontairement d'occupations inutiles; parc* qu'on érobe aux pauvres le temps qu'on leur doit, pour le prodiguer ait» leurs où on ne le doit pas, et pour en faire an usage criminel, dès qu^I leur est si préjudiciable. Voilà ce qu'on n'a jamais bien compris et ce que jamais on ne comprend)-a, tant quon ne nous écoutera point d'un sens plus rassis , et avec plus de tranquillité. Car comment vient-on à ces assemblées de eharltë, et qu'y apporte*
t-on? On y vient^avec un cœnr possédé de l'amour des biens périssables , et Ton y apporte une insatiable convoitise ; ce ne sont que desirs ardents et sans règle, que vues secrètes de gagner, d'accumuler, de s'enrichir. De là, on n'entend guère volontiers parler de TaumÔDe, et Ton n'est guère disposé à seconder les bonnes intentions du prédicateur sur cette matière. Si des personnes zélées, sages et fidèles, après avoir parcouru dans un quartier tout ce qu'il y a de pauvres maisons, disons mieux, de pauvres cabanes et de tristes réduits où rindigenoe demeure cachée, rapportent exactement ce qu'elles ont vu, et témoignent sur cela leurs sentiments, on se figure qu'elles exagèrent, et l'on se met en garde contre leurs sollicitations; on voudroit pouvoir s'absenter de toutes ces conférences, et tele y assiste par respect humain, et parcequ'elle y est invitée, qui souhaitei*oit d'avoir des prétextes pour n'y paroitre jamais : pourquoi? C'est qu'elle n'aime pas à donner, et qtî'ere ne peut néanmoins honnêtement s'en défendre ; c'est qu'elle regrette tout ce qui sort de ses muins, et qu'elle seroit charmée de l'y retenir et d'en grossir ses épargnes; c'est qu'elle regarde ce qu'on lui demande comme une contribution onéreuse, comme un impôt, comme une taxe; c'est que, prenant ici place pa^ mi les autres, elle a beaucoup moins en vue d'y répandre les dons de sa charité, que de garder certaines bienséances , et de sauver du reste tout ce que l'honneur lui permettra de ménager.
Enfin, comment vient-on à ces assemblées de charité, et qu'y apporte-t-on ? On y vient avec une ame toute sensuelle , et fon y apporte toutes les dispositions d'une mopdaniié voluptueuse : je ne dis pas [voluptueuse jusqu'aux excès grossiers ; mais voluptueuse dans rattachement aux aises et aux commodités de la vie, aux plaisirs du siècleet àsesdivertissemenis; mais voluptueuse dans la recherche de ce qui peut caus^er de la joie , de ce qui peut faire passer le temps sans ennui et avec agrément ; mais voluptueuse dans la bonne chère, dans les visites, dans les conversations, dans les promenades. Accoo* turoé i n'avoir dans l'esprit que des idées qui réjouissent^ à n'entendre que des entreliens qui plaisent, on se dégoûte d'abord de ces discours, où il n'est question que de pauvreté, que d'adversités , que de souFfrances : ce sont des sujets trop sérieux, ce sont des images qui attristent; on en craint les impressions, et l'on ne cherche qu'à les effacer promptement de son souvenir.
Or sur tout cela, Mesdames , voici trois avis que je vous prie de n'oublier jamais. Sont-ce les soins temporels qui vous inquiètent et qui voiis détournent? Je prétends qu'il n'y en a point de plus indispensable pour vous, que celui de satisfaire à l'un descommandefflenis de Dieu les plus formels et les plus exprès, quî est de fournir à Jésas- Christ même dans ses frères, dans ses membres, dans son corps mystique, ce qui lui manque. D'où je tire , et vous devez tirer avec moi osite première règle, que si le soin des pauvres ne peut compatir avec
les autres soins , il fout qu'une femme chrétienne retranche d^s autres soins tout ce qu'il y a d'excessif, tout ce qu'il y a de moins nécessaire et de moins utile , tout ce qu'il y a d'étranger à sa condition et d'accessoire, afin de ne pas abandonner le som des pauvres. Prenez cette mesure, et, selon ce principe , arrangez toutes les occupations de votre vie, vous trouverez pour les pauvres tout le temps qui leur convient. Sont-ice les biens de la terre et des vues d'intérêt qui vous resserrent à l'égard des pauvres? Là-dessus je vous dis deux dioses, fondées l'une et l'autre sur la parole du Saint-Esprit : premièrement, qu'il y a dans le ciel des trésors infinis et mille fois plus précieux promis aux âmes secourables, comme leur récompense éternelle ; et qu'en ce sens, donner aux pauvres, c'est acquérir, c'est s'assurer un profit immense et un fonds inépuisable de richesses : secondement, que rien, même par rapport aux affaires présentes et à leur succès, n'attire plus de bénédiction que l'aumône; et que souvent Dieu, dès ce monde, rend au double ce qu'il a reçu par le ministère des pauvres. Sont-ce les plaisirs du siècle qui vous touchent et qui vous attachent? Hé! Mesdames, est-il pour des am'es bien nées un plaisir plus doux que de consoler des affligés , que d'essuyer leurs larmes , que de leur rendre le calme, la paix, la santé, la vie ; que d*étre, après Dieu, leur espérance, leur refuge, leur bonheur? Servez ici de témoins, vous qui l'avez goûté ce plaisir si pur, ce plaisir si digne d'un cœur chrétien ; dites-nous ce que vous avez senti, lorsque, entrant dans de pauvres retraites, et y paroissant l'aumône à la Diain, vous avez vu la sérénité se répandre sur les visages; que TOUS avez vu pères, mères, enfants, rassemblés autour de vous, vous recueillir comme des anges envoyés du ciel ; que vous avez vu des malades reprendre leurs forces, et revoir le jour qu'ils sembloient avoir déjà perdu. En arrêtant le cours de tant de pleurs quarradioient la tristesse et les douleurs les plus amères, avez-yous pu retenir les v^es, qu'une onction toute sainte et toute divine faisoit couler? C'e^a vous à nous l'apprendre; et qui ne vous en croira pas 1^,'fpour se convaincre, qu'à se mettre en état d'en faire la même épreuve que vous. Achevons.
IV. Tout le grain ne demeura pas sans fruit. Il y eut une bonne terre oh il tomba, oh il leva, où il profita ; et il y a des âmes ou la parole de Dieu, favorablement écoutée et soigneusement conservée, produit des œuvres dé charité dont l'Église tire autant d'édification , que les pauvres d'assistance et de consolation. Oui , Mesdames , il y en a dans cette assemblée, et à Dieu ne plaise que je leur refuse les justes éloges que je leur dois comme ministre du Seigneur, et comme prédicateur de la miséricorde! Mais entre ces âmes mêmes éclairées de la foi, et en qui la foi opère par la charité, nous pouvons encore distiogner diffé^ents degrés : car, pour ne rien omettre de toutes les leçons contenues dans la parabole de notre Évangile, prenez garde
que le {p*ain ne rapporta pas égaleroeot dans toute la bonoe terre oài il fut jetë. Là, dit noire adorable muitre, il ne rendit que trente pour un, Aliud trigesimum; ailleurs il donna soixante pour un, AUud $exa' gesimum; mais en quelques endroits la récoite alla jusqu'à cent pour un, Aliud verd centesimum : tout ceci est mystérieux, et trois mots ea vont développer le mystère.
Une ame touchée de l'exhortation qu'elle est venue entendre , et persuadée du précepte de Taumône, veut Tacoomplir à la letU'e, parcequ'elle comprend* que , sans la charité, il n'y a point de salut; mais <<u reste, contente d'observer la loi, elle se bornepréciséfflentà Tobligation, elle examine ses forces, et elle y proport onne seschari* tés. bn cela que fait-elle? elle ne produii que trente pour un, Aliud trigesimum; c'est toujours beaucoup, mais ce nest point assez; e^ plus 1 bérale encore, une ame ajoute à ces aumônes d'obligation de$ aumônes de surérogation. Soit qu'elle craigne de se tromper en ^ tenant à leiroiie m< sure du précepte , et de n'en pas remplir touie l'étendue; soit que le feu de sa charité lui dilate le cœur, et la porta à donner plus que moins, parceque lé plus qu'tUe donnera ne répoo^ dra jamais à la charité de Jésus-Christ pour elle; quoi queGe8oit,.eli$ ne compte ni avec DiéUf ni avec les pauvres ; elle répand ses dons alondamment, elle les multiplie, et en cela que fait-elle ? elle rend soixante pour un : AUiul sexagesimum. N'est-ce pas tout? non, Mes» dames, et la charité, quand une fois elle est bien allumée» et qu'elle se laisse emporter à l'ardeur qui J'anime, ne connoit plus, pour ainsi dit e, de règle, et n'en suit plus. Autant la cupidité est avide pour al* tirer tout à soi eUpour ne rien rt lâcher, autant cette cliaiité évaogé* lique, cette charité vive et enflammée, est-eUe toujours prête à sed^ faire de tout et à tout quitter. \}ne telle ame ne possède rien« ohm pense pas posséder rien en propre ; elle n'a rien qui n'appartioasa aux pauvres , ou qu'elle ne croie leur appartenir. Parlez^Iui de précauiion, de prévoyance pour elle-même, c'est un langage ou'elle ne conçoit pas ; mais proposez-lui quelque pratique de cbari^ c'est là qu'elle vole, et qu'elle devient saintement prodigue. Or, en cela, (pfi fait-elle? elle rapporte jusqu'à cent pour un : Aiiud verà centesimum. On en a vu de ce caractère. Mesdames ; et si ce sont des exemples rares, ce ne sont point des exemples imaginaires ni supposés ; on a vu de ces filles, de ces femmes de miséricorde, suivant l'expressioa de la Sagesse, dont les charités, ou plutôt , dont les saintes prodigalités n'ont jamais manqué : dans une fortune médiocre, et bien au-dessoas de leur naissance, elles ont toujours trouvé des misères à soulager; et, par un miracle du ciel, avec un pouvoir eului-méaie très limité» elles pouvoi<^pt tout, elles ont tout entrepris et loutexéculé} leur némoire encore récente est en vénération parmi nous , et leurs iMims, consacrés par l'aumône, seront éternellement écrits dans le Kvnr dévie,
8|]ft LA CHARITÉ ENVERS LES PAUVRES* 474
Voilà, Mesdames , de grands modèles pour vous ; mais sans qu'il aoit alisolument nécessaire d'atteindre à cette souveraine perfection de la charité» du moins devez-vous voir de quel nombre vous êtes » et ce qui peut vous convenir dans toute celte application de la parabole du bon grain ; du moins deveai-vous, en vous examinant devant Dieu, dans Tesprii d*une véritable et solide religion, rentrer en vous-mémeSy et tâcher de découvrir vos dispositions intérieures, soit pour les corriger, soit pour les perfectionner. Il ne dépend pas du laboureur qui sème le grain que sa terre soit bonne ou mauvaise; toute âon habileté est à rechercher la bonne^ dont il peut lui revenir du profit, et à laisser la mauvaise, dont il n'auroit rien à espérer. Mais il n*en est pas tiosi de nous. Dans l'obligation où nous sommes de porter des fruits tels que Dieu les demande, c'est à nous , dit saint Grégoire,, d'y préparer nos cœurs, afin que nos cœur s soient des sujets propres à recevoir la précieuse semence de la parole de Dieu; c'est à nous, avec le aecours de la grâce, à les disposer et à les former. Si donc. Mesdames, vous étiez, ou de ces âmes dissipées, ou de ces âmes» dures, ou de ces. âmes volontairement esclaves de la cupidité et de la volupté, c'est à vous d'en répondre à Dieu; c'est à vous que. Dieu s'en prendra, et par conséquent c'est à vous de vous réformer là-dessus, el d*y apporter le remède : car, de toutes les excuses que vous pourries alléguer pour vous justifier devant Dieu du peu de fruit que sa parole auroit produit en vpus, surtout au regard des pauvres, il n'en est point de plus frivole que de lui dire : Seigneur, je n'y faisois pas asseas de reflexion, et je n'y pensois pas; Seigneur, je n étois pas naturelleinent tendre ni compatissante ; Seigneur, j'avois d'autres soins, d'au*. très affaires dans le monde; j'aimois moi^ plaisir, et il m'enirainoit^ C'est en cela même , votls répliqueroit-il , qu'a consisté votre désordre ; en ce que vous ne vpus êtes jamais fait nulle violence pour fixer U légèreté de votre esprit , et pour ep atrréier les continuelles évagalions ;.en ce que vpus n'ayez jamais combattis la.dureté de votre cœur, ni fait nul efforj; pour le fléchir; en ce que vous vous êtes chargées de mille .soins qui ne vous regardoient pas, et abimées dans des affaires que vous pouviez prendre avec plus de modération ; en ce que irotre plaisir vous a dominées, et que vous ne vous êtes point mises en peine des maux d'autrui, pourvu que vous n'eussiez rien à souffrir vous-mêmes, et que vous puissiez toujours vivre commodément; c'es( Ià« encore une fois, votre crime : or prétendez-vous qu'un désordre aoît la justificaytion d'un autre désordre ?
Ce seroit une erreur, Mesdames^ et une erreur d'autant plus pernicieuse, qu'en vous trompant elle ne vous garantiroit pa^ des jugements de Dieu. Mais ce qui vous en préservera, c'est un renouvellement de ferveur, qui vous applique encore avec plus de vigilance et plus de constance à vos charitables exercices. Ainsi, la parole de Dietf que je VOU9 ai amaoncée» cette exhortation vous sera également utile , et au:(
pauvres. Les pauvres en profiteront pour cette vie passagère et mortelle y et vous en profiterez pour une vie durable et immortelle; elle sera salutaire aux pauvres selon le corps, et elle vous sera salutaire selon lame ; les pauvres en retireront quelque soutien dans le temps,' et elle vous fera acquérir une gloire inJBnie dans Téternité, où nou$ conduise, etc.