‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 64 sur 99 · SOR LA CHARITÉ ENVERS UN SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

SOR LA CHARITÉ ENVERS UN SÉMINAIRE

inéme et plus relevée que celle de Madeleine convertie? Non» l^esdatties, ni Jésus-Christ, ni Madeleine n'en seront* i^oint offensés , pourvu que cette Comparaison serve à exciter votre zèle pour la cha« rite la plus parfaite que vous puissiez pratiquer. Or c'est là que je rapporte tout le parallèle que je vais feire de Madeleine et devons, ou plutôt de Taction de Madeleine et dé la vôtre ; appliquez-vous. Jé^ sus-Christ étoit dans la maison de Marthe , et Madeleine, prenant un vase pleni' de parfum, le vint répandre sur les pieds de son adorable maître; elle les baigna do ses larmes et les essuya de ses" cheveux. Tout cela, disent les Itères, étoit la figure de Taumône, qui,- selon toutes les Écritures , est le précieux parfum que la charité' répand sur lé corps mystique de Jésus-Christ , et sur ses membres , qui sont les pauvres. Ces cheveux, dont les pieds dû Fils de Dieu furent essuyés, nous représentent, dans la pensée de saint Augustin^ les biens superflus qui sèrveni Ou. qui doivent servir à l'entr^ien des pauvres. Si donc ce qui n'étoit encore que Tombre, que la figure , fut néanmoins d'un tel mérite auprès du' SauVeur des hommes, combien plus est-it glorifié de la vérité même, et de Teffei ?

Je vais plus avant, et j'ajoute que Jésus-Christ n'agréa l'action de Madeleine, (|ue parcèquç c etoit la figut*e de Tànmône et de la charité chrétienne. Car, dans le fond, cette action n'avoit rien par ellé-iniéme qiii dût lui plaire, ni oui répondît aux inclinations dé son cœur. Il put être sensible à la piété de Madeleine, et du zèle qu'elle eut de lui en donner quelque marque : mais cette marque , de répandre sur lui des

f>arfums, ne convenoit nullement à la morale et à.l esprit de ce divin é|[islàteur) puisqu'il étoit venu* prêcher le renqnceinent aux délices delà vie, et •enseigner, soit par sa doctrine, soit par son exemple,

I 'austérité et la mortification. Pourquoi clone ioùà-t-il qon seulement *întehlion, mais l'action de Alodeléinè? Parceqùe l'action de Utadeteine devôit être pour nous non seulement la figure, mais Texemplairç fet ié modèle d'une des»iplu5 essentielles vertiis du chrïstianifinoé. Or j|ûgezpar-|à de quel œil* et âvectjuek seiitiments cet Homme- Weu vous voit açcomjalir aujourd'hui , dans iih exercice réel et véritable, çé qus de la part dé Madeleine, n'étoit qu'une image et qu'une disposition. Jugez si yotis d/evéz envier tç service qu'elle eut le bonheur de rendre à JésuS-Christ. Qiièdis-je? jugez si vous n'aVez'pas de quoi i'ous féliciter devant 4)îtu, de quoi le bénir et le remercier, de qubi lui'témoîgner la plus, vive reoonnoîssance,forsqu'jl'voifs met en pouvoir éi qu'il Vous fournît l'es moyens et l'occasion d'agir plus selon ses âfféctipns et sop gré, que cette femnie éi vantée loulefois dans; TÉvarigile, et dont l'âmoûr fut si promptement et si abondamment récompensé par rcôtîère rémission de ses péchés;

ï^rènez garde, je vous prie : Madeteîne né se contçnia pas dé répandre ce batfum sur les pîedà dé îésus^Chriât , elle' le* répandit encore sur la tète de ce divin Sauveur : Et super caputipsiusrecnm'

SUR LA OHAfclTÊ ENVERS UN SÉMINAIRE. 507

Aên/îy (Matth., 26), Circonstance que révangéliste a remarquée» dt<€onstaiice q^ai ne fut pas sans un mystère pat*ticliiier,.et bien pro- ' pre à {doubler votre ardeur pour Toéuvre sainte à laquelle je ne puis tr^p fortement TOUS exhorter; car (entre les pauvres, quJ sont les membres de Jësus-Ghrist/etqut composent son corps mystique, il y en d de différents érdrèS. Les uns, dit saint Au{;ûstln, en sont comme les }tieds, et lès autres comme laiéte. Ceux-là," ce «ont. les pauvres ordinaires, qui, quoique chers à Jésus-Christ, ne tiennent après tout dans son Église que le dernier rang. Mais ceux-ci , ce sont les ministres du Seigneur, ses prêtres, par qui FÉglise est gouvernée , est cbndufte, est diri^jéè, et dont la p:iuvreté n'avilit ni le caractère, ni. la dignité. Que fit donc Madeleine quand elle versa ce parfum sur la tète du Fils de ])ieu? Elle* nous donha là première idée du devoir d^ diarité dont vous venet vous acquitter ; elle nous traça le premier plan de eét établissement que nons voyons enfin commencer, et qui ne {>éat être- achevé que par votre secours et par vos soins; elle vous apprit à honorer et à soblagèt*, non seulement leâ pieds, mais ta tête ffete grand et sacré corps, où nous .sommet tous attachés en qualité de chrétiens. i .■

Ainsi j'ai droit de ^ous dirier en X^ous la montrait.: Inspice, et, foc sécundUm exemplar (EsobU,,- 23). Consyléréz , Mesdames , exanûnez , et formez- vous' sur ce que PÉvarigile vous met devant les yeux. Voilà votre règle, voilà votre instruction, voilà le sujet de votre imitation, et le digne sujet/ Ce parfum que Madeleine répand sur les pieds de JésûsChrist, vous, firft connoître à quelusâge vous devez destinor tôùa ces agréitieftts de la Vanité humaine, doqtle sexe est si curîeUx^ et ' dont'iè (tl^, quelquefois excessif, seroit bî& mieux employé en faveur des pauvçes. Ces larmes que MàdcliBjnB verse sur les pieds do Jésus -Christ, vous apprennent à pampatîr aux maux du pro'cnaîn , et die quels' sentîmen té vous deyez elfe touchées en voyant les misères dés pauvres. Ces cheveui avec lesquels Madeleine essuie les pieds de Jësns-Christ, vous dômtent à entendre où doit aller tout le superflu de vbèi^ biens, et qu'au lieu de se dissiper eh d*inutiles dépenses, il ne doit ^dr'tir de vos tnains que pour passer. dails celles des pauvres,

Leçons générales ; mais en voici une particulière :/nspicç, et fac secund}lm ea;em/)far.. Madeleine ne s'en tient pas aux pieds de JTésus* Christ; et parmi les pauvreS; il y en a qui sont comme les chefs du péup1e«de Dieu. &e sont de^TpauvreS; mais des pauvres respectables par leur minis|ère, mais des pauvres tout apostoliques, mais des pauvres f pécîalemeût chéris de Dieu, qui. Tes à établis pour être les gardîens des âmes et les pasteurs de' son troupeau. C'e^t de qeuxlà qu'il disoitpai* le prophète Zacharie : Quiconque s'attaque à vous et vous blesse, s'attaque à moi-même, et me blesseMansla prgnelle de lœil ; Qui teti^tj'it vos, langîtpupîïlâm ocutiinei {Zxciùy^^). Expression qui lious mafquë qu'après lesavoir honorés de çon sacerdoce, il les ho-

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