‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 66 sur 99 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Quelque grâce qu'eût reçue saint Paul pour reprendre, pour mena* œr, pour presser et pour exhorter ; pour reprendre les pécbeurt, pour menafcer les.endurds» pour presser les lâches, pounexhbrterles tièdes et les négligents, ilrjrue^ obsecra^ înerepa inomni patientàâ et docuinài^. 7tm., 4), il ne hissoit pas de mêler, parmi ses menaces et ses réprimandes , des consolations et même des louanges , pour encourager les fidèles^ Après leur avoir fortement représenté leurs devoirs \ il les félicitoit quelquefois de leurs bonnes œuvres , il s'en réjouissoit avec eux , il en rendoit grâce» au del , étant persuadé que cela servoit beaucoup à exciter leur zè)e, et que. rien n'étoit (dus capa* ble d'augmenter la ferveur de leur charité, que de leur mettre devant les yeux les fruits qu'elle produisoit actuellement dans l'Église de Dieu.

Ainsi, Mesdames, écrivant aux chrétiens de Thessalonique , ieur témôignoit-il sa joie de ce que, par leur moyen, la parole tiivines'i^t fait écouter et respecter, non seulement ddns la Macédoine et l'Acbaie, mois dans tous lés lieux du monde qù la foi étoit devenue célèbre : A vobis diffamatus est sermo (1. Thes$aL; 1). Sur quoi je vous prie d'observer que cette foi des Thessalonicieiis ne s^'étoit pas moins éteildue dans toute l'Asie par les effets d'une chariiéJ)ienfaisante;q^e pat^ l'édification pi le bon exemple. Car tel étoit Iqut esprit , tel étoit leur caradère. Une Église parjtiiinili^re faisoit «tess^tir à toutes les autres le zèle qui Tanimoit, et n'aspiroit qtt*à leur communiquer, les dons çélestes.et les grâces dont elle avoit été favorisée.

Ainsi le même apôtre , sans prétendre enfler les Corinthiens d'un vain orgueil y leur iospiroit-i^une sainte confiance , fondée d'UQ cdlé sur lesuccès, et de .l'autre sur rar4eur du zèle dont «ils dtoi^nt iiemplis. Je ne puis assez louer Dieu, mesf'rères, leur disoii-i|, ni assçz le ^e^ niercjer de ce qu'il répand par vous, en tous lieux; l'odeur et la gloire de soi) nom : Deo autem igraiias^ qui odoretn noûtias suce màmf estât per nos in omni loco (2. Cor^^ 2)^ Car nous sommes, leur ajoUtoit-il , la bonne odeiu* de Jésus-Christ , soU'à l'iegard^de ceux qui se sauvent, soit à l'égaicd de cetix*qui se perdent : à l'égard de ceux qui B, 4. * S5 .

m sim LA CHARiiH: envirs m sÉMiifAniK

se iaaveni, fuiroeque c'est nous qui, pap nos soins, leiir procurou In secours dusatat ; à l'égard de. ceux qui se perdent, paroeque, s'ils abuseqt de^ ces moyens et de ces secours » nous servirons un jour de téinoiiis contre eox, et noas jastiHerons la Providence, dontibie pourront se plaindre : Qùia ChrUH bmiui odor $vmuM Iko , ta» fui êahniîunt et in iU qmpereunt^, Cor.^3).G'estainsi, dis-je,qae ceDoo leur des nations consotoit les fidèles , et que, piqués ^ d^une émulatiM tOHid chrétienne, ils faisoient chaque jour de nouveaux cffoHs pourli |>ropagation de la foi, et pour y contrilHier par lenrs auntaet. Voi comment lechristianisme a commencé*

Or il ne tient qu'à vous, Mesdames, que je puisse aujourd'hui vous donner la même consolation et la partager avec vous. Il n'est pas JBSleYpie je sois oontiioeHcmeit ensfriayé à fisire la censura de tos iuitisiis et de yos* mœurs. Il n'est pas juste que vous n'entendiez js« mats, de md que des reproches. Yom pouyezoM mettre dsss l'heilieuse obligation de vo«s ftivé les mêmes conjoiBSsaiices que saint Fad ihisoil à ceux de Thessatoniqve ; car c'est par vous que la parole di JSéignear peut être prèohée, par vous que la grâce de ses sacr^^ests peut être sagement et utilement dispensée, par vdiÀ qne ^s peapbi peuvent être instruits, oonverlta, sanetifiésv non seuiement dans ee dk»oéiBe, màlB diMis tous les diocèses du royaume, mais, si je l'sse dire; duns loQt Tuniversi Et (fest ce qui arrivera, quand Ifous aiderez de vus soins et de vos largesses oe séminaire institué pour fonmirifooM les Églises des docteursde la vérité et des directeurs dans lesvoiesde "DieuiAvobis diffamatus est-sérmo. Partout où iront et agiront ces ministres évangéHques, il y sera parlé de votre foi et de votrecharité: Sd éiikcmm toeofidei vestra^qn^est àd Beum, profeem eii(l. Thessai-il)* lis'publferont l'un et l'autre , ils les exalteront; et» de toutes les p<f- 'toftnes ici présentes dont ils auront en quelque sorte reçi?' leur misnon, iln'y en aura pas une dont il ne soit vrai, parproportioa, oo^mê de Madeleine, 'que dans tontes les éoiltréeâ et'cbestoasl^ peuple^ ôili' rÉvangil^ se^ annoncé, -on tinnoncera'ce qu'elle a liA ^Hf' ceux' gui enétoient les prédicateurs : Vbkumquefi^éicfim ^fuerik E^a^gettum ùiuftin Umtferso mundùyetquodfeeUkme narratïtff inmenioriàm yui (Mabc., 14). . ;

Il ne tient qu'à vous que la connoissance de Dieu ne soit r^^fldoe aussi loin, et même plus loin qu'elle ne se ré^^àndit par la charité des chrétien& de Corinthe.' Car vous dejfez être comme eux la bonoe odeur de JésuVOhrist , selon l'expression de F Apôtre; et malheur à ' vous, si vous ne pouviez pas dire dans le même sens qu'eux : Ckn^ ^bonus odar^uniyis inomni bco. Or Iç propre de l'odéqr est dfe s'étendre, et de remplir toute la capacité du lieu où elle est contenue. CombieB de pays, je ne dis pas[parmi les idolâtres et les sauvages, mais jW" que dans la chrétienté,' où Dieu n'est point epcofe connu , du flMUfl^ n*est connu qne très obscurément et' très impàrfeitement? combien

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